Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

Un peu de lecture

En ces temps de grisaille et de froidure il est bien agréable de se plonger dans un livre . Si vous êtes un(e) inconditionnelle d’Amélie Nothomb alors n’hésitez pas son dernier roman répondra à vos attentes .

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Si l’on avait annoncé au comte de Neville qu’il se rendrait un jour chez une voyante il ne l’aurait pas cru . Si l’on avait précisé que c’était pour y chercher sa fille qui aurait fait une fugue cet homme sensible se serait évanoui .”  Ainsi commence “ le  crime du comte de Neville “ . Un petit tour sur la quatrième de couverture “ Ce qui est monstrueux n’est pas forcément indigne “ nous fait pressentir  une histoire piquante dont Amélie Nothomb a le secret comme dans “hygiène de l’assassin” (un petit bijou d’écriture)  .

Le  comte de Neville résidant dans un château des  Ardennes belges se voit obligé de vendre son château, la famille étant ruinée , un vrai crève – cœur  pour lui.   Mais avant il veut organiser sa dernière grande fête , elle sera tellement somptueuse qu’elle rentrera dans l’histoire de  de l’aristocratie belge . Peu importe si encore une fois toute la famille devra jeuner en prévision de cette réception fastueuse .

Mais en allant rechercher sa fille chez une voyante celle ci lui prédit qu’au cours de la réception il va tuer un invité . Sera – t – il obligé en plus de la perte de son château de finir sa vie en prison ? Ou accèdera – t – il au désir  de sa fille  qui lui propose de la tuer pour ainsi ne pas ternir son image de marque d’organisateur de réceptions grandioses ?

Quelques extraits :

” Au sein de l’espèce humaine Henri considérait les invités comme les élus . L’invité était celui que l’on espérait que l’on attendait chez soi depuis toujours , dont la venue était préparée avec une attention extrême : il fallait préméditer les occasions de lui plaire et éviter ce qui pourrait lui être source du plus léger désagrément “

“ le dernier mot frappa le comte comme une gifle . Ce n’était pas la première fois qu’il l’entendait . Depuis des années pour d’obscures raisons les gens ne se satisfaisaient plus des termes sentiments, sensations, ou impressions qui remplissaient parfaitement leur rôle. Il fallait qu’ils éprouvent des ressentis “ 

Histoire loufoque qui nous apprend bien des coutumes d’une certaine noblesse mais qui m’a laissée  sur ma faim même si le style d’’Amélie Nothomb est toujours aussi irréprochable .

 

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Une histoire complètement différente pour le deuxième des livres que je présente ici “ Au pays “ de Tahar Ben Jelloun  . Voici la quatrième de couverture :

“à quelques mois de la retraite , Mohamed n’a aucune envie de quitter l’atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu’il est parti du bled . Afin de chasser le malaise diffus qui l’envahit , il s’interroge sur lui – même avec simplicité et humilité .Il pense à son amour profond pour l’Islam dont il n’aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines ; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de l’existence . Un matin , il prend la route de son village natal , décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants .Un retour au pays qui sera loin de ressembler à ce qu’il imaginait .”

Dans ce livre où le “je et le il” se côtoient , Tahar Ben Jelloun dresse le portrait d’un travailleur et père de famille modèle qui au fur et à mesure que la retraite approche va perdre tous ses repères . Ses enfants qui se sont éparpillés dans leurs vies loin des parents, se distançant ainsi de la  culture marocaine et de leur père  , cet Islam qu’il ne reconnait pas dans ses dérives fanatiques.

L’auteur nous montre ici avec beaucoup de justesse que l’immigration  instaure une réclusion solitaire qui isole puisque même de retour au pays rien ne se passe comme prévu , les enfants ne retourneront pas  avec lui vivre au Maroc .

Un livre que je vous conseille vraiment pour ce qu’il donne à ressentir , cette déchirure tellement palpable de l’immigré .

quelques extraits :

Mes enfants ne veulent pas me ressembler . C’est ça le problème . Mais est ce que moi j’ai envie de me ressembler ? …..Qu’ai je fait de ma vie ? J’ai travaillé tous les jours et le reste du temps j’ai dormi pour récupérer . C’est une vie qui a la couleur de ma blouse . Je ne m’étais jamais demandé si ma vie aurait pu avoir d’autres couleurs “

N’oublie pas que ton pays est inscrit sur ton visage , il est là que tu le veuilles ou non. Moi je n’ai jamais douté de mon pays , vous autres vous ne savez pas de quel pays vous êtes, vous vous dites Françaouis , je crois que vous êtes les seuls à le croire , tu penses que le flic te traite comme un Françaouis  cent pour cent ? Oui si tu vas au tribunal , le juge te dira que tu es Françaouis il est obligé , mais il pense que tu es étranger , ou bien bâtard .

Tiens j’ai des douleurs musculaires alors que je ne travaille plus , j’ai mal aux articulations je sens que mon corps est battu , labouré par une étrange fatigue , c’est curieux je n’ai jamais connu cette fatigue , c’est parcequ’elle provient du rien , le rien qui s’est installé dans ma vie commence à ronger mes membres . Le vide creuse mon corps . J’ai mal . Je ne me plains pas ; ce n’est pas dans mes habitudes mais depuis que j’ai attrapé lentraite , rien ne va plus .”

 

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18 Réponses

  1. Bonjour Jazzy… Amélie pas tous lu, loin de là, de bons petits livres qui ne font pas une brique, on aime ou pas bien sûr, le second auteur je découvre, et ma foi… à retenir, merci à toi, bises de JB 😉

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    18 octobre 2015 à 12 h 48 min

  2. deux auteurs que j’aime bien, Amélie je la connais presque par coeur, ayant quasi tout lu d’elle (pas le dernier).Qu’il t’ait laissée sur ta faim, c’est la spécialité nothombienne, cette écrivain au demeurant talentueuse, épique, originalissime,est incapable d efaire une fin acceptable à la majorité de ses romans…Devrait elle se faire psychanalyser pour ce manque réitéré ou devons nous accepter cette (unique) lacune de quelqu’un qui s’en va toujours sur la pointe d es pieds en laissant la porte entr’ouverte, sans oser dire « hep la, je vais m’en aller »?et en laissant ses épilogues en suspens?
    de Tahar Ben Jelloun j’ai d’abord lu « l’Islam raconté aux enfants » qui replace magistralement et d e façon simple la religion musulmane dans ses fondements de tolérance et d e partage.J’ai lu aussi l’incroyable « enfant de sable » et ‘bonheur conjugal » et j’ai vu à Télématin dans la semaine que c’était aussi un peintre talentueux….

    mERCI POUR CES ID2ES? JE NE DEVRAIS PAS TARDER 0 PARLER LECTURES? MOI AUSSI
    (une fois traduit çà donne:merci pour ces idées, je ne devrais pas tarder à parler de mes lectures, moi aussi)
    bonne semaine à venir Gisèle

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    18 octobre 2015 à 13 h 23 min

  3. Merci Gisèle … et bonne poursuite de ce dimanche !
    Bisous♥

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    18 octobre 2015 à 14 h 19 min

  4. J’ai une faiblesse pour le second auteur. Tahar Ben Jelloun
    J’ai failli acheter le livre de Amelie Notomb. L’écriture très grosse et le livre peu épais ne m’ont pas inspirée. Je vois que tu es restée sur ta faim, j’étais trop affamée de lecture quand je l’ai feuilleté ! 😀 Une autre fois. Bises

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    18 octobre 2015 à 15 h 17 min

  5. Le deuxième m’attire plus que le premier je dois dire….Merci pour cette présentation. Bisessssss

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    18 octobre 2015 à 15 h 23 min

  6. Bonjour …
    Non ! Pas le temps ! Je me bat contre WorPress pour modifier le code CSS …
    … Bonne journée, … Amicalement, … Claude …

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    18 octobre 2015 à 16 h 49 min

  7. Bonne fin de journée Gisèle,
    Tient, je suis occupée à préparer aussi un article sur le dernier livre lu 😉
    Amélie Nothomb, il y a longtemps que j’ai laissé tomber. J’ai adoré lire les premiers, un par an et ensuite, comme cela racontait pour moi quasiment la même chose, sa biographie, son enfance, ses voyages. Ce que j’ai toujours apprécié chez elle, c’est son humour caustique que j’avais dégusté dans son premier livre, sauf la fin. Et je rejoins mamazerty dans son analyse des fins de récit d’Amélie Nothomb. Et comme c’est dommage. 🙂
    Stupeurs et Tremblements, je l’ai vu par hasard sous forme de film, et je n’ai pas du tout aimé. Il y a un monde entre le film et le livre et je m’étais dit à l’époque que je lirais bien ce bouquin. Je me suis lassée de l’auteur.
    Tahar Ben Jalloun, ça c’est une autre histoire. Cet auteur avec « La nuit sacrée » m’a laissé une marque indélébile de son style, de sa manière d’écrire, et de la défense de la femme dans cet univers lorsque le livre est sorti en 1987. Je ne sais si il a conservé ce même talent puisque je n’ai lu qu’un seul livre de lui ? Étant moi-même une immigrée en France, dans l’Union Européenne, j’ai pas trop envie de le lire. Je sais ce que représente une forme d’exil et cela me renverrait des choses que je n’ai pas très envie de lire en ce moment 🙂 Merci pour ta suggestion.
    Bonne fin de dimanche et bonne semaine.

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    18 octobre 2015 à 17 h 27 min

  8. @nnie54

    Des lectures intéressantes mais Nothomb ne fait pas l’unanmité parmi les lecteurs (trices) de notre bib…pourtant je les conseille de temps en temps lorsque j’y travaille. Je note celui-là, si je le trouve.

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    18 octobre 2015 à 18 h 33 min

  9. @nnie54

    Je dois parler d’un livre aussi et d’un auteur japonais traduit des éditions Philippe Picquier. C’est un ouvrage spécialement sélectionné pour le Programme de Publication de Littérature Japonaise. Si cela te dit, je te le passerai.
    Bisous, @nnie

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    18 octobre 2015 à 18 h 36 min

  10. mireille du sablon

    Merci Jazzy pour tes bons conseils mais…je lirai volontiers le livre de Tahar Ben Jalloun. Une histoire de vie dont j’apprécie le passage cité : « …la fatigue provient du rien… » Amélie Nothomb n’est plus mon auteure préférée depuis longtemps mais si je dois faire un effort…
    Bises du soir de Mireille du sablon

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    18 octobre 2015 à 19 h 04 min

  11. Bonsoir Gisèle, je n’ai jamais lu un livre d’Amélie Nothomb, je ne sais fichtre pas pourquoi, son personnage enfin sa personne ne me plaise pas , alors je n’ai fait aucun effort. Par contre Je suis tout a fait d’accord pour Tahar Ben Jalloun, je te comprends quand tu dis que tu ne veux pas replonger dans un univers que tu as connu, moi, c’est la guerre de 40 que je n’aime pas, je ne voudrais pas revivre les bombardements et les rplis dans les caves. je n’étais pas vieille 3 ans , mais j’en garde encore le souvenir, je ne peux entendre une sirène sans avoir la chair de poule. Bisous et bonne soirée MTH

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    18 octobre 2015 à 19 h 07 min

  12. Ah je suis aussi fan d’Amélie même si il est vrai parfois on reste sur sa faim… mais toujours un régal à lire.
    Et de Carlos Ruiz Zafon. J’espère bien en lire d’autres !!
    😉
    Bonne soirée 😉
    christelle.

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    18 octobre 2015 à 19 h 23 min

  13. J’ai aussi depuis deux ans lentraite mais je suis totalement asymptomatique et je m’en félicite.
    Lentraite me permet de lire encore plus que lorsque je ne l’avais pas, pendant 42 ans.
    C’est dire que je peux apprécier qu’il me soit présenté, comme tu le fais d’autres lectures.
    Bises G. Bonne soirée à vous deux.
    Merci pour ton commentaire sous la photo du dimanche 18 octobre 2015…
    @ bientôt.

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    18 octobre 2015 à 19 h 41 min

  14. Oh oui, le second livre me tente beaucoup …je note !
    Merci Jazzy et gros gros bisou : sabine.

    (Je reviens, à petits pas, sur la blogo …….)

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    18 octobre 2015 à 20 h 15 min

  15. Je préfère le deuxième auteur, je n’ai jamais accroché avec les textes d’Amélie Nothomb et encore moins avec la personne.
    Bonne semaine.

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    19 octobre 2015 à 10 h 53 min

  16. covixlyon

    Bonjour,
    c’est vrai que la grisaille, tout comme la plage, nous incite à une bonne lecture, merci de ce partage.
    Bonne journée
    Bises

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    19 octobre 2015 à 12 h 57 min

  17. j arrive plus a lire, par faute de temps je le regrette, j’ai une tonne de bouquin chez moi !!!

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    19 octobre 2015 à 20 h 48 min

  18. En effet, c’est la parfaite saison pour recommencer à se plonger dans un livre l’après-midi ou le soir après dîner.
    Personnellement je n’aime pas Amélie Nothomb, son style et le style d’histoires qu’elle narre.
    Par contre j’apprécie beaucoup Tahar Ben Jelloun que je trouve passionnant à lire. Actuellement, je termine un pavé de plus de 400 pages : le dictionnaire amoureux de la Bretagne par Yann Queffelec. Un livre passionnant pour qui est Breton, pour qui aime la Bretagne ou pour ceux qui veulent en apprendre plus sur cette province et la comprendre.

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    22 octobre 2015 à 1 h 45 min

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