Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

Jeudi poésie avec Anne Blanchot–Philippi

 

 

Pour les croqueurs de mots de ce jeudi ,  Lilou ( un clic ) nous laisse libres pour le choix du thème en poésie . Je vous propose donc de découvrir ce qu’en pense Anne Blanchot Philippi professeur d’anglais de mon lycée, disparue beaucoup trop tôt de l’horizon des poètes lorrains . Elle a célébré comme personne la beauté des terres de Lorraine , le rouge des coulées du pays haut .

IMG

“ Rouge dit elle la terre l’était réellement , dans le jardin partout. Enfant, nous n’imaginions pas le monde autrement que dans le contexte sidérurgique , J’ai vécu ma jeunesse au rythme omniprésent des coulées et des sirènes . La nature de ma sensibilité me portait à réagir dans le sens de l’émerveillement devant la magie des embrasements continuels, devant le contraste entre la flore délicate des sous bois et le paysage des chevalements et des hauts fourneaux. Quant à la laideur mes yeux d’enfants s’entendaient souvent à la parer. Le crassier de Belval que je voyais depuis la maison paternelle m’a toujours fait penser à un immense dinosaure couché sur l’horizon luxembourgeois .Lorsque le laitier brûlant ranimait les combustions internes et externes , je m’expliquais cela par une colère subite du monstre “

P1250002

Je n’ai pas retenu aujourd’hui de poème rouge mais celui ci extrait d’ Art et Poésie la revue périodique .

 

********

 

En appelant la poésie

Un jour, par pur désœuvrement ,

Pour pimenter un peu la vie,

Je ne savais pas à quel Satan

Je me vendais, troquant mon âme,

Troquant ma paix allégrement

Contre cette insatiable flamme

Qui me dévore maintenant .

Je ne savais quelles nuits blanches

M’infligerait l’esprit frappeur,

Qu’il hanterait mes beaux dimanches

Et me ferait pleureur le cœur .

A quelque jeu passé de vogue

Croyant goûter innocemment ,

Je ne savais à quelle drogue

J’allais, irréversiblement ,

Vouer ma vie , à quelles transes ,

A quels plaisirs volés aux dieux ,

A quelles suites d’impuissances,

Quelles visions brûlant les yeux …

Et cependant , si d’aventure

Quelqu’un , ce soir, m’exorcisait

De ce démon qui me torture,

Demain, je le rappellerais !

P1250003

 

Publicités

12 Réponses

  1. Magnifique choix, Gisèle !
    Bon jeudi tout entier !
    Bisous♥

    J'aime

    26 janvier 2017 à 0 h 28 min

  2. Que c’est beau tout simplement. Bisous

    J'aime

    26 janvier 2017 à 6 h 20 min

  3. ocgall

    Bonjour d’Angers …
    Connais pas cet enfer rouge ; chez nous c’est plutôt les vaches rouges et blanches ♫♪♫♪♫♪♫♪
    Bonne journée … Amicalement … ¢ℓαυ∂є …
    “Je vois la vie en Mauges”

    J'aime

    26 janvier 2017 à 9 h 12 min

  4. très joli billet….Bonne journée…bisous

    J'aime

    26 janvier 2017 à 9 h 46 min

  5. Un très bon choix et une belle découverte pour moi. Merci Jazzy, c’est magnifique !
    Bises et bon jeudi

    J'aime

    26 janvier 2017 à 10 h 17 min

  6. covixlyon

    Bonjour,
    Un choix très riche, et une belle découverte.
    Bonne journée
    Bises

    J'aime

    26 janvier 2017 à 10 h 22 min

  7. Il ne reste plus grand chose des l’industrie dans ta région comme partout en France. Les coulées rouges sont finies, dommage c’était une partie de votre patrimoine.
    Bises

    J'aime

    26 janvier 2017 à 15 h 53 min

  8. J’aime beaucoup sa façon de parler de sa Lorraine industrieuse… j’ai connu les crassiers du nord et le labeur des hauts fourneaux et je peux très bien imaginer de quoi elle parlait…

    J'aime

    27 janvier 2017 à 17 h 47 min

  9. trezjosette2

    excellent choix pour ce défi Gisèle, quel beau titre le « sang du fer. »..

    J'aime

    27 janvier 2017 à 18 h 40 min

  10. une découverte et un très beau poème pour dire le tourment addictif du (de la) poète(sse). J’ai beaucoup aimé aussi le texte en prose que tu as mis au début. Bises et belle fin de semaine

    J'aime

    27 janvier 2017 à 18 h 45 min

  11. Yvonne Anne

    J’en ai beaucoup entendu parler…..Là, je la découvre vraiment à travers sa prose et ses vers.
    Pourrais-tu me prêter un de tes livres , Jazzy?
    Bon dimanche Jazzy.

    J'aime

    28 janvier 2017 à 20 h 42 min

  12. Très beau poème qui me replonge dans mon enfance. J’ai connu cette ambiance des hauts fourneaux, j’habitais la vallée de la Fench, Knutange, Nilvange, Hayange. Mais je me souviens aussi du contraste entre la flore délicate des sous bois et le paysage des chevalements et des hauts fourneaux, lorsque pour notre voyage scolaire nous montions sur le plateau surplombant Thionville et ses environs. Nous traversions les sous bois et lorsque nous arrivions en haut, nous pique niquions , c’est une période de ma vie qui est restée gravée à jamais.
    Merci à toi pour ces souvenirs.
    Bisous.
    Domi.

    J'aime

    30 janvier 2017 à 1 h 01 min

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s