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Le lambeau

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Voilà plusieurs mois que j’avais réservé ce roman de Philippe Lançon à la médiathèque , j’ai enfin pu le lire et ma patience a été bien récompensée .

Un vrai chef d’œuvre où l’auteur raconte d’abord  l’attaque dont il a été victime le 7 janvier 2015 mais  surtout comment cet attentat va le changer définitivement . Une analyse des plus  fines et bouleversante de toutes les émotions et les souffrances qui le traversent , de tout ce qui désormais fait partie de cette vie hospitalière ,  les épreuves quotidiennes des soins mais aussi le réconfort que lui apportent ses amis , les soignants,  la littérature qui l’accompagne jusqu’au  bloc ainsi que  la musique .  J’avoue avoir été subjuguée par la justesse et la sincérité  de cette mise à nu de l’auteur tout au long de ces 500 pages . Rien de racoleur , de voyeur, ni de rébarbatif dans cet écrit qui nous montre les différentes phases de la réparation  du  corps, du  temps, de  la mémoire  de ce patient particulier, une reconstruction passant par 17 interventions chirurgicales à l’hôpital de la Salpetrière et 7 mois de rééducation à l’hôpital des Invalides  . J’ai vraiment apprécié  le  formidable message de confiance en notre système de santé, dans la compétence et le dévouement des soignants même si la peur n’est jamais écartée et toutes les références littéraires partagées par l’auteur à travers son ressenti .

Un livre poignant,  plein d’humanité et de foi en la vie d’un homme  dont la force et le courage ne sont plus à démontrer .

 

La quatrième de couverture :

Lambeau, subst. masc.

1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.

2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).

3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338). (Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).

 

Quelques extraits :

_ L’humilité que lui imposait son métier n’avait pas été détruite par le pouvoir qu’on avait fini par lui accorder. Son humour un peu hautain, très direct, la protégeait des autres mais aussi, dans une certaine mesure, d’elle-même. Elle attendait d’eux beaucoup, trop sans doute, mais finalement moins que ce qu’elle exigeait de ses propres forces.
Elle connaissait sa valeur et n’était pas économe de son mépris. Elle connaissait sa folie et n’était pas économe de sa raison. Elle connaissait sa dureté et n’était pas économe de son attention ni même de sa tendresse – à certaines heures, en tout cas, et sans témoins. Elle avait donné sa vie à la chirurgie, mais sans le proclamer : sa détestation de l’emphase et de la sentimentalité était immédiatement perceptible .

_ Quand, par exemple, il écrivait : « Rien n’est plus douloureux que cette opposition entre l’altération des êtres et la fixité du souvenir, quand nous comprenons que ce qui a gardé tant de fraîcheur dans notre mémoire n’en peut plus avoir dans la vie », je croyais vivre l’inverse. Pour moi, rien n’était plus douloureux que l’opposition entre la permanence des êtres – tous ceux qui me rendaient visite et semblaient fixés à jamais dans les jours précédant le 7 janvier – et la fragilité du souvenir, quand je sentais que ce qui avait tant de fraîcheur dans la vie, et tant de férocité, n’en avait plus dans la mémoire. Je ne vivais ni le temps perdu, ni le temps retrouvé ; je vivais le temps interrompu. Pour l’amitié, c’était pareil.

_ Je l’ai écouté avec soulagement, fier d’être muet. Quand on se tait, on sonne juste.

_ Il m’avait fallu atterrir en cet endroit, dans cet état […] pour sentir ce que j’avais lu cent fois chez des auteurs sans tout à fait le comprendre : écrire est la meilleure manière de sortir de soi-même, quand bien même ne parlerait-on de rien d’autre que de soi.

_Le nerf qui me reliait au jugement semblait coupé de la même façon que celui qui me reliait à la mémoire : je voyais comment j’aurais pu juger, selon quels critères mais l’envie de le faire avait disparu 

18 Réponses

  1. Merci Gisèle pour cette magnifique présentation et, pour ce que tu en dis !!!
    Bon et beau mardi,
    Bises♥

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    5 novembre 2019 à 2 h 10 min

  2. martinemartin85

    Merci pour cette très belle critique. J’ai envie de lire ce livre depuis longtemps mais je n’y arrive pas car cela doit être très émouvant et j’évite ce qui me peine. Bisous

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    5 novembre 2019 à 4 h 41 min

  3. Merci à toi
    Je te souhaite une bonne journée

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    5 novembre 2019 à 4 h 57 min

  4. superbe présentation sa donne envie de le lire merci du partage

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    5 novembre 2019 à 5 h 36 min

  5. Belle présentation. Bon mardi. Bises

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    5 novembre 2019 à 9 h 45 min

  6. Tu parles bien de ce livre, beaucoup donc le lise et le liront.
    Merci, tu donnes envie de se le procurer.
    Gros bisous

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    5 novembre 2019 à 10 h 26 min

  7. claudielapicarde

    Je n’arrive pas non plus à l’avoir à la médiathèque, il faut qu’il soit disponible à la bibliothèque départementale d’Amiens pour que la navette nous l’amène.
    Bon mardi.

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    5 novembre 2019 à 10 h 59 min

  8. trezjosette2

    je pense qu’après avoir lu cette page je vais aussi chercher à lire ce livre !
    j’ai passé 20 jours en mai à aller voir ma moitié à la Salpétrière …maintenant c’est dans un autre lieu en hôpital de jour… j’aurai à lire pendant son traitement;

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    5 novembre 2019 à 11 h 18 min

  9. Ta présentation de ce livre me donne envie de le lire, je vais essayer de le trouver

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    5 novembre 2019 à 13 h 11 min

  10. Bonjour Gisèle, j’ai très envie de le lire, j’en avais entendu parler mais tu me confortes dans mon envie. Bisous et bon après-midi MTH

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    5 novembre 2019 à 13 h 30 min

  11. …. écrire est la meilleure manière de sortir de soi-même ….. Tu cites là, l’auteur du Fémina 2018, mais cette phrase peut elle aussi compter pour toi, qui publies au jour le jour? Bon, pour nous, êtres un peu publics, point de drame comme le jour du 7 janvier.
    Et là, tu t’es lancée dans un exercice qui pour moi est très difficile, le commentaire de textes, de livres. Bravo à toi pour cette initiative réussie, mais dans cet art, tu me sembles récidiviste.
    A plus. Yann
    Pour l’ouette, en Alsace, il y en a, et on me parle d’espèce pas forcément désirable, du fait de la concurrence avec nos espèces protégées. De par le fait qu’elle convoite les œufs des autres nids, peut être le Courlis qui niche au sol. Mais peut être que les avis vont aller en changeant quand on la connaîtra mieux.

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    5 novembre 2019 à 17 h 49 min

  12. très belle présentation. Je note !
    Bisous

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    5 novembre 2019 à 18 h 47 min

  13. mireille du sablon

    … » écrire est la meilleure manière de sortir de soi-même. ».. comme Yann, j’aime beaucoup cette phrase et je sens que je vais réserver ce livre.
    Bises du jour
    Mireille u Sablon

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    6 novembre 2019 à 12 h 26 min

  14. Yvonne Anne

    J’ai lu ce livre lors de sa parution, l’an passé…J’avais hésité à m’y plonger tant les événements m’avaient bouleversée.
    C’est un livre émouvant dans lequel Philippe Lançon analyse jour après jour les difficultés à se reconstruire, ..Il rend hommage à ceux qui l’ont soutenu : l’équipe médical, la famille, les amis…La musique est très présente….
    Je ne pouvais en quitter les pages.
    Bisous , Jazzy.

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    6 novembre 2019 à 20 h 45 min

  15. Paquerette

    Je suis à le lire, arrivée aux 3/4 il me passionne toujours autant. Il faut dire que c’est très très bien écrit. Tout ce qui relate de faits vrais aussi tragiques et encore bien présents dans notre mémoire ne peut que nous captiver.
    Ma fille n’a pas réussi à accrocher par contre…………….
    Belle soirée

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    6 novembre 2019 à 22 h 53 min

  16. Quichottine

    Je ne l’ai pas lu… mais tu m’en donnes l’envie.
    Les extraits que tu nous offres sont très beaux.
    Merci.

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    8 novembre 2019 à 8 h 03 min

  17. Paquerette

    Je vois que j’avais laissé un commentaire mais dis moi tu as du faire une erreur de date, c’était en 2015.
    belle après-midi

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    28 novembre 2019 à 13 h 26 min

    • Tu as raison merci de m’avoir prévenue c’est bien en 2015

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      28 novembre 2019 à 13 h 43 min

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