Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

J’ai lu

P9290001

“Les femmes sont souvent plus fortes que les hommes dans mes romans , même lorsqu’elles sont victimes des pires machinations .” Michel Bussi

_ “ Qu’est ce qui ne va pas Leyli ? Vous êtes jolie . Vous avez trois jolis enfants . Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie .

_ Ce sont les apparences , tout ça . Du vent . Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés Mon seul espoir est que l’un deux , l’un deux peut être échappe au sortilège.

Elle ferma les yeux . Il demanda encore :

_ Qui l’a lancé , ce sortilège ?

_ Vous, moi. La terre entière . Personne n’est innocent dans cette affaire “

Comme le dit la quatrième de couverture du désert sahélien  à la jungle urbaine marseillaise en quatre jours et trois nuits un suspense renversant et bouleversant .

***

Un récit bouleversant de la condition des migrants, des pièges qui se referment sur eux avec les trahisons dont ils sont victimes ,  de leurs espoirs et de l’indifférence dans laquelle ils périssent .  Une géo – politique dont Michel Bussi maitrise toutes les ficelles  et qui donne à cet ouvrage un écho  tout particulier .

"L’occident croit que s’il ne se barricade pas, toute l’Afrique va débarquer chez lui. Quelle peur idiote ! L’immense majorité des populations veulent rester là où elle habitent, là où elles sont nées, avec leur famille et leurs amis, du moment qu’elles ont à peu près de quoi survivre. Elles s’en contentent. Il n’y a que quelques fous pour tenter l’aventure. Entre cent mille et deux cent mille migrants qui tentent de passer la Méditerranéenne chaque années, moins d’un Africain sur dix mille, et on parle d’invasion ?"

***

P9194844

 

Abel, enfant issu de la nature et du monde animal, est né en pleine guerre. Il est adopté par deux frères d’un autre pays qui lui enseignent la culture des mots. Dans sa quête d’identité, il se heurte à la brutalité des hommes sous toutes ses formes.
Son obscure naissance au cœur d’une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S’il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l’espèce animale, dont une corneille qui l’accompagne depuis l’origine. A la table des hommes tient autant du fabuleux que du réalisme le plus contemporain.
Comme Magnus, c’est un roman hanté par la violence prédatrice des hommes, et illuminé par la présence bienveillante d’un être qui échappe à toute assignation et de ce fait à toute soumission .

Un roman qui peut dérouter mais fascinant et qui frôle le fantastique.

_ “  Ils sont en placide accord avec la terre, ils font corps avec elle. La terre, la vie, leur chair, le sang qui circule en eux, la faim autant que la satiété, la course autant que les haltes de délassement, c’est tout un. Ils ne s’inquiètent pas du temps qui passe, ils ignorent ce qu’hier et demain signifient et portent de nostalgie, de soucis ou d’espoirs, ils habitent chaque instant en plénitude, les agréables comme les mauvais, et selon, ils réagissent, s’adaptent. Seul leur importe de rester saufs ; ils ne sont que brut et vigoureux désir de vivre qui oscille entre âpreté, effroi et volupté.

La vie parfois dispense des moments de si grande douceur. Ces moments-là, ils les goûtent avec ampleur et acuité, des frissons de bien-être leur parcourent l’échine, furtifs et légers comme ceux qui fluent dans les herbes et les feuillages sous les bouffées du vent.”

****

P8210053

 

Le 23 juillet 1961 est une nuit de représailles , une nuit où les chiens sont lâchés. On lui donnera plus tard le nom de “Nuit des paras”.  Pendant quelques heures , Metz sera à feu et à sang , barbare . Parceque depuis des mois le FLN s’y organise. Parceque les paras s’ennuient et ont besoin d’action. Parceque la guerre d’Algérie résonne ici et que français et arabes s’observent avec méfiance dans un climat de tension raciale constante . Et cette nuit là se joue le destin des anonymes sur lesquels Pierre Hanot a décidé de se pencher .Il y a des espoirs et des déveines , des potes de chambrée, des conversations à l’usine , des soirées au dancing …Des petits riens qui font ces vies de 1961, bouleversées cette nuit là par les coups de l’Histoire .

J’étais jeune à cette époque mais ces faits je les ai connus , cette tension raciale était bien perceptible  et dans la famille nous étions d’autant plus concernés que nous avons habité  dans cette rue Chambière  qui cette nuit là a vu l’explosion de la violence  . Un livre à lire  pour ne pas oublier ce pan de notre histoire , traité avec impartialité par Pierre Hanot , dans un style sec et rythmé où la haine comme une mécanique infernale s’enclenche de manière implacable  .

****

 

 

PA070067

“ Il y avait pour moi quelque chose d’incompréhensible et de fasciant chez cette fille, seule au milieu de la cou de récréation : elle me ressemblait mais elle ne souriait guère; elle avait les mêmes taches de rousseur mais les yeux plus ténébreux; elle ne misait pas des livres de prêtres engagés sur l’Evangile ( les lectures préférées de ma famille) mais des brûlots anarchistes appelant au soulèvement général ; elle ne voulait pas avoir l’air moderne en enfilant des pantalons mais portait une jupe, dégagée de tout mimétisme masculin . À part cela je ne savais rien d’elle, sauf pour avoir entendu, de loin, prononcer son prénom : Hélène “

Une adolescence provinciale dans la chaleur de 1976 : Benoit Duteurtre , en jeune gauchiste à cheveux longs , y découvre avec enthousiasme la musique, l’amour et la poésie .

Une époque que Benoit Duteurtre retranscrit à merveille avec cet amour platonique pour Hélène, la  naissance de sa sensibilité artistique exacerbée par leur rencontre  . Il  sait peindre  à merveille les paysages vosgiens dans ses descriptions et cette façon d’être en communion avec  la nature.  Ses références musicales , littéraires, picturales  nous rappellent bien des souvenirs .  J’aurais aimé avoir la même passion que lui pour la musique contemporaine dodécaphonique  à laquelle je n’ai jamais  adhéré, par contre quel plaisir de retrouver Debussy , Eric Satie dans ses écoutes ou dans ses partitions  . 

18 Réponses

  1. Bonjour Gisèle,
    Merci de ce si bon partage de tes lectures !
    Que ce vendredi te soit bon, doux et agréable !
    Bises ❤

    J'aime

    9 octobre 2020 à 2 h 41 min

  2. ANNE GUILLARD

    Superbe bilan de lecture Jazzy, et la présentation de ces livres donnent envie d’un commander. Perso et férue d’histoire, je retiens le livre de Pierre Hanot qui me tente bien. Je vais tâcher de me le commander.
    Bises et bon vendredi

    J'aime

    9 octobre 2020 à 7 h 26 min

  3. merci pour le partage
    bises bonne journée

    J'aime

    9 octobre 2020 à 7 h 28 min

  4. de ta sélection je n’ai lu que Michel Bussi. Je partage ton avis sur la condition des immigrés et émigrés mais malheureusement je n’ai pas retrouvé le Bussi que j’aime. Mais ce n’est que mon avis. bises

    J'aime

    9 octobre 2020 à 8 h 01 min

  5. martinemartin85

    J’aime beaucoup Bussi et j’adore ce livre beaucoup moins son dernier. Bisous

    J'aime

    9 octobre 2020 à 9 h 57 min

  6. De très bonnes lectures, merci de savoir en parler aussi bien ! je note le premier, de Michel Bussi que j’aime beaucoup.
    Gros bisous

    J'aime

    9 octobre 2020 à 10 h 23 min

  7. J’aime beaucoup Michel Bussi, j’ai lu beaucoup de ses romans mais pas celui ci , peut-être un jour si je le trouve dans des échanges de livres ( gratuits)

    J'aime

    9 octobre 2020 à 10 h 47 min

  8. Beau partage de tes lectures….J’aime beaucoup Bussy. Bonne journée. Bises

    J'aime

    9 octobre 2020 à 10 h 50 min

  9. Bonjour d’Angers,
    Merci ! Mais en ce moment je me replonge dans mes vieux Larrouse qui traite des débuts de l’électricité … chacun …
    Bonne journée … Amicalement … Claude

    J'aime

    9 octobre 2020 à 11 h 13 min

  10. mireille du sablon

    Je note tous les titres et particulièrement celui de Pierre Hanot, une période si difficile ….
    Bises du jour
    Mireille du sablon

    J'aime

    9 octobre 2020 à 14 h 06 min

  11. Bonjour Gisèle un beau et bon partage de tes lectures, le premier livre me tente beaucoup bisous bon après-midi MTH

    J'aime

    9 octobre 2020 à 14 h 53 min

  12. Victoria

    Bonjour Jazzy, un beau résumé de tous ces livres parmi lequel deux me tenteraient bien : le premier car il exprime une situation, l’émigration, qui a existé dans le passé et qui malheureusement vu la situation de certains pays se poursuit encore aujourd’hui. Et le troisième, tranche d’histoire qui reflète bien une mentalité d’avant mais toujours présente dans l’esprit de certains. Merci pour ce partage. Bises et bon weekend

    J'aime

    9 octobre 2020 à 15 h 29 min

  13. Merci pour ce récapitulatif de tes lectures elles sont très variées. le 1 m’attire beaucoup. Bisous

    J'aime

    9 octobre 2020 à 15 h 53 min

  14. Golondrina63Auv

    Une sacrée récap , si les auteurs te lisent ils seront contents
    Bonne fin de journée Gisèle

    J'aime

    9 octobre 2020 à 18 h 28 min

  15. Josselyne Marchi

    Que de belles lectures.
    Comme auteur, je connais que Bussi, je n’ai pas lu ce titre.
    Bonne fin de semaine

    J'aime

    9 octobre 2020 à 19 h 16 min

  16. Merci de nous avoir présenté tes dernières lectures. Je note !
    Les livres 1 et le 2 me tentent beaucoup.
    Bisous

    J'aime

    10 octobre 2020 à 14 h 39 min

  17. 4 livres à découvrir. Celui de Pierre Hannot a réveillé de mauvais souvenirs. Nous étions petites, l’une et l’autre, mais les « évènements » comme on le disait avec tant d’hypocrisie jusqu’à peu, agitaient bien du monde.
    L’été 76 : encore une évocation de tes montagnes préférées, les Vosges.
    Le premier : mais oui, les hommes préfèrent vivre dans le pays où ils sont nés, quand ils en partent c’est souvent poussés par le désespoir. Quel courage, il leur faut, alors ! « on la trouvait plutôt jolie » j’ai envie d’jouter Lily, comme dans la chanson de Pierre Perret .
    La terre des autres : Abel, l’enfant sauvage, ce doit être dur mais beau.
    Bisous

    J'aime

    11 octobre 2020 à 16 h 56 min

  18. Quichottine

    Bravo pour ces lectures et merci pour l’envie que tu m’as donnée de les poursuivre bientôt.

    J'aime

    22 octobre 2020 à 7 h 20 min

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s