Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Fardoise et  Lilou poursuivant le défi initié par Lady Marianne , nous laissent  toute liberté de thème pour ce samedi.

J’ai choisi une toile d’Emile Bastien – Lepage ( frère de Jules)

Le jeune artisan  1901 

enfant E Lepage Je trouve ce portrait particulièrement touchant , un visage encore enfantin mais  un garçon déjà plongé dans le monde du travail . L’expression est particulièrement bien rendue , une candeur qui attire et interpelle .

Si l’on connait mieux son frère Jules Bastien – Lepage , j’ai découvert il y a peu le talent d’Emile et sa biographie rédigée par ma moitié .

 ****

Damvillers (55) 1854 – Neuilly-sur-Seine 1938

Architecte, peintre et peintre décorateur

Fils d’un propriétaire terrien ; frère de Jules BASTIEN-LEPAGE.

Son père était né à Damvillers, sa mère à Verdun.

Il fut d’abord l’élève de son frère qu’il rejoignit à Paris en 1872 et entra en 1874 à l’Ecole nationale des beaux-arts, section architecture. Elève de Jules ANDRÉ, il sortit diplômé en 1881. Il avait été admis l’année précédente à participer au grand prix de Rome. Pendant son séjour parisien, il revenait régulièrement à Damvillers où il chassait avec son frère. Les deux artistes étaient liés au poète André THEURIET avec qui ils firent une randonnée dans la forêt d’Argonne à l’automne 1876. En 1885, il épousa à Paris (17e) Rose Lucie MONCUIT, une marchande couturière originaire de la Marne qu’il eut la douleur de perdre en 1931.

A l’occasion des funérailles de Gambetta fin 1883, il participa avec son frère Jules à la décoration du Palais Bourbon et dessina le char funèbre. En tant qu’architecte, il dessina le monument élevé à la mémoire de la jeune artiste Marie BASHKIRTSEFF au cimetière de Passy. Il réalisa aussi les plans de nombreux hôtels particuliers de la région parisienne, qu’il décorait lui-même de fresques. Entre autres, il orna d’un diptyque le porche de l’hôtel de l’industriel Maurice FENAILLE à Neuilly (présenté au Salon de1888 et à celui de la SNBA de 1893). A Damvillers où les deux frères furent inhumés, il est l’auteur de la

Stèle aux œuvres de Jules Bastien-Lepage qui supporte la statue en bronze de RODIN (1889).

stèle

Suivant l’exemple fraternel, E. BASTIEN-LEPAGE se consacra aussi à la peinture. Il débuta en 1883 au Salon des Artistes français dont il devint sociétaire et où il obtint une mention honorable en 1889. Il prit part au Salon des Indépendants en 1884 et participa ensuite au Salon de la SNBA où il fit des envois dès sa création en 1890 et jusqu’en 1933. En 1895, il faisait partie de la commission d’examen des objets d’art et d’architecture au Salon de cette société avec laquelle il avait participé deux ans plus tôt à l’Exposition universelle d’Anvers.

En 1937, bien qu’ayant cessé toute activité artistique, il participa à la Galerie Charpentier à l’exposition du Groupe indépendant de la Nationale, association dissidente créée par sympathie pour le peintre André DAUCHEZ, président démissionnaire de la SNBA.

Il était trésorier du Comité de l’exposition au profit des artistes des pays envahis dont les œuvres furent présentées en 1915 à l’Ecole des beaux-arts. Dans l’entre-deux-guerres, l’artiste partageait son temps entre son hôtel particulier de Neuilly et la demeure familiale de Damvillers.

Officier d’Académie et de l’Instruction publique, il fut nommé en 1934 chevalier de la Légion d’honneur.

En tant que peintre, il réalisa des portraits, des paysages et des fresques. Ces dernières, réalisées sur carreaux de plâtre ou de ciment, furent présentée aux Salons de la SNBA.

Il se distingue de son frère par un parti-pris plus décoratif et par une tendance à l’idéalisme, surtout dans ses figures féminines. C’est dans le paysage qu’il donna le meilleur de lui-même. « Sans violences de couleurs, mais avec une grande richesse de nuances dans une gamme un peu sourde, il traduit avec justesse la beauté grave des paysages meusiens. » Gaston VARENNE (1907)

« Les fresques de M. Bastien-Lepage sont traitées comme des tableaux à l’huile mais, par un procédé qui lui est propre. Leur seul défaut, c’est peut-être de rester encore trop des tableaux. […] L’atmosphère pleine de clarté qui enveloppe ces fleurs, ces rues, rappelle un peu certaines toiles de l’autre Bastien-Lepage, du frère aîné. » Emile HINZELIN (1902)

 

31 Réponses

  1. Bonjour Gisèle,
    Magnifique, ce portrait : Le jeune artisan !!!
    Excellent choix ! Bravo à vous deux !
    Bon week-end,
    Bises
    😘

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    19 décembre 2020 à 4 h 20 min

  2. L’école on y allait pas plus qu’il ne fallait à une époque, le monde du travail très tôt pour ce qui était encore un enfant, plié à cette volonté… merci Jazzy, on l’aime ce môme… bises

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    19 décembre 2020 à 5 h 37 min

  3. Mireille.29

    Très joli portrait de ce jeune travailleur..L’école jusqu’au certificat étude, beaucoup arrêtaient avant et ensuite au boulot mon garçon et toi ma fille tu iras faire la bonne …. Merci pour ton choix..Passe un doux week-end et de bonnes fêtes Gisèle et à bientôt bisous.

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    19 décembre 2020 à 7 h 27 min

  4. mireille du sablon

    Quel beau tableau! l’enfance se terminait bien tôt à l’époque dans la plupart des familles, le monde du travail les attendait…
    Bon w-end et gros bisous du jour
    Mireille du sablon

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    19 décembre 2020 à 7 h 41 min

  5. superbe toile et texte
    bises bonne journée

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    19 décembre 2020 à 7 h 43 min

  6. Bonjour d’Angers,
    Oui ! Joli tableau … l’essentiel est présent pour son travail de charpentier : un serre-joint à pied et deux planes comme outils …
    Bonne journée … Amicalement … Claude …

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    19 décembre 2020 à 7 h 59 min

  7. Trop beau ce gamin travailleur. Avec le sourire et prends soin de toi.

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    19 décembre 2020 à 8 h 26 min

  8. Pingback: Le tableau du samedi – La liberté de choix – Les soleils de Lilou

  9. Bonjour Gisèle superbe toile, quel bon choix, le regard du jeune garçon est très expressif, merci aussi pour les explications , tu sais bien que je suis nulle ‘en art » et il est toujours agréable de s’instruire. merci Bisous bon samedi MTH pas trop difficile la vie sans Volga?

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    19 décembre 2020 à 9 h 30 min

    • Dur , dur, en effet Marie ce silence , cette absence dans l’appartement et mes sorties me manquent beaucoup .

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      19 décembre 2020 à 14 h 48 min

  10. Coucou Jazzy, tu as bien choisi, ce jeune garçon déjà au travail avec ce très lourd marteau !!! je ne pourrai même pas le soulever moi !!!
    Merci pour l’historique de ce tableau, mieux qu’une visite au Musée (toujours interdit hélas) où l’on n’a pas autant d’explications.
    Prends bien soin de toi, çà craint pour les jours à venir …
    Des fêtes en solitaire pour moi … Mais les amis-blogs sont là 😉
    Gros bisous

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    19 décembre 2020 à 10 h 25 min

  11. AL

    Vraiment attendrissant ce petit jeune homme qui n’a pas encore tout à fait quitté l’enfance.

    Bon Noël à toi

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    19 décembre 2020 à 10 h 51 min

  12. Un portrait attendrissant et de toutes ces explications. Bonne journée . Bises

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    19 décembre 2020 à 11 h 03 min

  13. trezjosette2

    très beau portrait , c’est vrai qu’il est bien jeune cet apprenti et ses mains encore tendres sur le bois rugueux
    bon samedi jazzy
    bisous

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    19 décembre 2020 à 11 h 06 min

  14. Bonjour Gisèle,
    très beau tableau, j’aime beaucoup.
    Bonne journée et fin de semaine

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    19 décembre 2020 à 11 h 59 min

  15. Il est magnifique ce portrait tant par sa candeur que par ses couleurs , merci pour la découverte 🙂

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    19 décembre 2020 à 12 h 03 min

  16. genevieve Maubon

    J’aime beaucoup cette représentation de l’enfance au travail ! et merci à ta « moitié » pour toutes les précieuses infos concernant ce peintre !
    Bon après-midi, bisous,

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    19 décembre 2020 à 13 h 34 min

  17. Il est très expressif ce tableau, je l’aime beaucoup.
    Ils commençaient à travailler à 12 ans c’était tôt.
    Bon week-end, pluie ce matin et cet après-midi un superbe soleil et beaucoup trop chaud pour la saison.

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    19 décembre 2020 à 15 h 02 min

  18. Quel magnifique portrait ! En effet, il est touchant ce gamin.
    Bisous du samedi

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    19 décembre 2020 à 15 h 11 min

  19. trezjosette2

    mes lorrains sont attendus…si le test de la petite est négatif… hier elle est rentrée de l’école patraque !

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    19 décembre 2020 à 16 h 03 min

  20. Ce tableau est superbe, les yeux ‘innocent de ce petiot nous dit bien qu’il est bien trop jeune pour travailler…c’était comme cela avant et encore suivant ou…Merci à ta moitié pour la bio très complète. Bisous

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    19 décembre 2020 à 16 h 36 min

  21. monicacecile

    bonsoir
    un tableau trés touchant de ce jeune artisan , eh oui fut une époque ou les jeunes travaillait tôt , j ‘ai entendu les arriéres grand péres commencaient à 14 ans et les mouses sur les bateaux à 12 ans .. ..merci pour ta trouvaille , j ai bien aimé … kénavo Jazzy

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    19 décembre 2020 à 17 h 20 min

  22. Françoise Dumon

    Un bien beau portrait, et quelle douceur. Difficile de dissocier les deux frères, surtout que le travail de Jules est plus connu. Je ne saurais trop dire lequel je préfère. Mais tous les deux méritent bien que l’on redonne une visibilité à leurs œuvres. Bon week end

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    19 décembre 2020 à 17 h 26 min

  23. respir57

    en essayant de deviner l’âge de l’enfant, je suis allée sur un blog (http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/page-4629240.html) et j’ai trouvé les lignes ci-dessous. Cet enfant est encore bien jeune (12/13 ans). Maintenant l’apprentissage commence à 16 ans. Autant on a ruiné la santé des enfants, autant aujourd’hui on ruine leur moral car certains préfèrent un métier manuel.

    Il n’y a pas de révolution dans le domaine du travail des enfants, hormis les lois scolaires de Jules Ferry en 1881 et 1882.
    Un recensement de 1868 dans les entreprises de plus de 10 salariés donne: 5 005 enfants entre 8 et 10 ans, 17 471 entre 10 et 12 ans, 77 000 entre 12 et 16 ans, chiffres auxquels s’ajoutent les 26 503 enfants travaillant dans les entreprises de moins de 10 salariés; soit un total de 125 715 enfants travailleurs pour 1,1 millions d’ouvriers. Le 19 mai 1874, la loi limite à 12 ans révolus l’embauche des enfants dans l’industrie et la durée de leur travail est portée à 10h en 1893.
    A la fin du 19e siècle, la papeterie Braustein, à Gassicourt, emploie des garçons à cause de leur agilité pour aller sous les machines. Le docteur de la Motte, médecin des chemins de fer, sur la ligne de Mantes à Lisieux, dans son mémoire en 1863 sur la vie et la santé des poseurs de rail, décrit des garçons de 12 ans ruinés par les maladies, le tabagisme ou l’alcoolisme. Pourtant, des voix s’élèvent parmi des parlementaires ou des enquêteurs sociaux comme le docteur Villermé. Mais pour l’heure, on s’y oppose au nom de la liberté de l’industrie et du droit du père « à diriger l’éducation de ses enfants et de choisir leurs travaux ».

    Bises et merci pour ce tableau qui me fait réfléchir.
    Bon dimanche

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    19 décembre 2020 à 19 h 38 min

  24. Ce jeune artisan est si naturel
    Un magnifique portrait
    Merci pour ce choix
    Bonne soirée Gisèle
    Bises

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    19 décembre 2020 à 19 h 51 min

  25. Il est adorable ce tableau, de ce jeune garçon émane beaucoup d’émotion en effet. J’aime beaucoup l’artiste qui a peint ce tableau, merci du partage, il est très réussi. Bon week-end, amitiés
    Cendrine

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    19 décembre 2020 à 22 h 36 min

  26. Annie54

    J’aime bien ce tableau où il y a beaucoup de douceur malgré la rudesse au travail pour ces très jeunes gens. Merci pour les explications. Du coup, je suis allée voir sur Maps où se situait Damvillers car ce nom de village meusien me disait quelques chose.
    Bon dimanche, bises
    Annie

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    20 décembre 2020 à 16 h 25 min

  27. Yvonne Anne

    J’aime beaucoup le visage , l’attitude de ce jeune garçon, les couleurs utilisées par le peintre…Beaucoup de douceur malgré le travail rude imposé aux enfants.
    Merci à vous deux d’enrichir notre culture dans le domaine de la peinture.
    Bises à vous partager.

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    20 décembre 2020 à 17 h 19 min

  28. Magnifique peinture ! Pourrais-tu me dire où elle est exposée ? J’ai lu avec beaucoup d’intérêt, la biographie faite par ta moitié !Félicitations pour cet excellent travail fait en duo ! … Pour le moment, je  » revisite  » les peintures et autres œuvres-d ‘art photographiées dans les musées. Je les complète, lorsque je peux, en mettant le nom de l’artiste … Autant te dire que c’est du boulot !!!. Après, je verrai ce que je vais en faire … Loll ! Lorsque je ne serai plus là, cela ira certainement dans la poubelle … Qu’importe si je suis un peu folle … Cela me passionne et j’apprends encore et encore … C’est cela l’important ! Bisous à vous deux !

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    24 décembre 2020 à 19 h 29 min

  29. Quichottine

    Je le découvre grâce à toi…
    Merci, c’est un magnifique portrait !

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    26 décembre 2020 à 10 h 50 min

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