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défi 245 des croqueurs de mots

Pour le défi 245 des croqueurs de mots un clic sur le logo.

Fanfan à la barre du bateau des croqueurs de mots pour la quinzaine nous dit :  À partir d’une photo, ou d’un objet,  d’une odeur , d’un lieu ,racontez- nous en quelques lignes , un souvenir  bon, gai , ou triste,ou une anecdote de de votre enfance , que cela a réveillé en vous .

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Un album  photos , un papillon  exotique gagné par le fiston à un concours de dessin, il suffit de peu pour enclencher  la machine à remonter le temps, ouvrant en grand la porte des souvenirs .

Je parle d’ un  temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.  Le téléphone portable était encore en gestation dans la nébuleuse d’un esprit pas encore né, tout comme le GPS et internet.   Papa ne jurait que par les cartes routières et notait  toutes les étapes  sur de petits cartons confiés au passager avant, en l’occurrence maman.  Rien n’était laissé au hasard quand il s’agissait de prendre la direction de la Ciotat pour les vacances .

Nous empruntions la mythique nationale  7,  la route du soleil célébrée par  Charles  Trenet. L’autoroute bien sur n’existait pas  encore .  Il était à cette époque hors de question de bruler l’asphalte pour arriver au  plus tôt à destination. Nous traversions toutes les communes  de la N7 bien  tranquillement.   Rythmé par des étapes gastronomiques, le trajet  faisait chanter aussi  les papilles. Allez savoir pourquoi, je me souviens plus particulièrement des nougats de Montélimar dont nous faisions provision, saucissons , bornes kilométriques et autres présentations, toutes plus alléchantes les unes que les autres.

Les voitures avaient, elles aussi, besoin de souffler. “Fada” , celui qui aurait envisagé un trajet d’une seule traite. Papa au volant de sa 403 avait les yeux rivés sur les niveaux  car il n’était pas rare de devoir s’arrêter pour  rajouter un peu d’eau dans le radiateur, celui de  la Peugeot étant particulièrement gourmand ,  notamment dans les embouteillages. Quel soulagement quand nous apercevions enfin la grande bleue et que nous franchissions les derniers kilomètres pour arriver à destination !

Mais là n’est pas l’essentiel de mon propos, puisque c’est un souvenir bien particulier que je veux évoquer .

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Cette année là , vraisemblablement   en  1959, nous occupons pour  notre  séjour  un appartement en rez – de -  jardin non loin de la plage . Par une belle journée d’été, mes parents  décident de rendre visite à mes cousines de Marseille . Elles  résident pour les vacances  dans la villa des grands parents,  une belle bâtisse entourée d’une immense pinède sur les hauteurs de la Ciotat. Un régal pour une petite fille de 8 ans qui aime l’exploration, l’aventure, même si jusque là elle l’a surtout vécue par livre interposé .

Pendant que mes parents  et mes cousines taquinent la balle de ping – pong , je me précipite  dans la pinède bien décidée à rencontrer le plus d’animaux possible.

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Les lézards ne manquent pas dans ce que je considère comme un véritable petit paradis,  je ne tarde pas d’ailleurs  à les prendre en chasse . J’admire leur vélocité, mais à l’affut, j’arrive toujours à en attraper un que je relâche un peu plus tard.  J’adore  le regarder filer sur mes bras  pour reprendre au plus vite sa liberté. Les fourmis aussi me fascinent car elles sont énooooooormes, noires avec une partie du corps rouge  et  en grand nombre à se déplacer. Mais je me garde bien de les manipuler .

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Au bout de quelques minutes d’observation du travail continu de ces ouvrières acharnées ,  un magnifique papillon se met à voleter devant moi.  Chouette, je vais pouvoir le contempler de plus près si je le capture avec mon …

Oh  non !  J’ai bien pensé à mes lunettes de soleil mais j’ai complètement oublié  l’ outil indispensable, le filet à papillon, dans le jardin de la location. Sans crier gare, ni ameuter quiconque , je me  glisse à l’extérieur en ayant bien soin de ne pas faire grincer la grille . Puis me voilà partie à pied pour  rechercher le précieux accessoire.

Les kilomètres ne me  rebutent pas, mais les croisements et changements de direction sont nombreux. Même si je n’ai jamais fait ce trajet à pied,   je  m’oriente  comme par miracle,  en n’omettant pas de  mémoriser mon trajet  pour le retour à la villa des cousines . La chaleur est intense, je suis ravie d’avoir ma casquette sur la tête . Il ne manquerait plus que l’insolation soit au rendez – vous . Quand j’ arrive enfin au studio, j’ aperçois le filet derrière la chaise de camping. Hop,  j’ escalade le muret et le grillage du jardin et je m’ en empare. Inutile d’avoir les clés, un petit peu de gymnastique et le tour est joué. Toute fière d’avoir pu boucler ma petite promenade en un temps record, je  reviens  à la villa brandissant mon filet comme un trophée.

Mais là point de bravo pour le comité d’accueil qui m’attend impatiemment. Le soulagement et la réprobation mêlées  se lisent sur les visages . Morte de peur, les larmes roulant sur ses joues,  maman s’avance pour me donner la seule et unique fessée  de mon enfance, avant de me serrer dans ses bras.

26 Réponses

  1. Crée petite Gisèle !!!
    Un souvenir inoubliable, en effet !
    Agréables, ces photos du temps !
    Défi magnifiquement relevé ! Bravo !
    Bonne semaine,
    Bises 😘

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    8 février 2021 à 3 h 53 min

  2. martinemartin85

    J’ai pris plaisir à te lire. Qu’ils sont doux nos souvenirs d’enfance. Je me souviens aussi de ma première et unique fessée de mon père quand je l’ai fait tomber de vélo . Belle semaine et bises.

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    8 février 2021 à 4 h 43 min

  3. De très touchantes photos souvenirs
    Merci

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    8 février 2021 à 7 h 26 min

  4. encore un défi relevé avec brio et superbes photos
    bises bonne journée

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    8 février 2021 à 7 h 35 min

  5. Les Mauges Ocgall

    Bonjour d’Angers,
    J’adore les carrés blancs sur les photos … comme à la télé à une autre époque …
    Bonne Journée ! … Amicalement … Claude …

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    8 février 2021 à 8 h 38 min

  6. genevieve Maubon

    Tu étais une petite intrépide !!! un récit touchant de tes jeunes années où l’insouciance est reine et où l’émerveillement a toute sa place ….. quelles jolies photos …
    Bisous,
    Geneviève

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    8 février 2021 à 9 h 11 min

  7. respir57

    Tes photos rappellent un temps un peu oublié. Papa calculait le trajet le plus court et conduisait plutôt vite. J’étais malade. Sa conduite digne d’un pilote de courses m’a rendue bien malade. Vomissements répétés.
    La nature est si magique que nous oublions le temps. Les souvenirs ont le pouvoir d’éveiller ceux des autres. Bises

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    8 février 2021 à 9 h 49 min

  8. Autrefois on prenait le temps de vivre … Tu décris très bien ce voyage vers la mer.
    J’imagine la peur de tes parents pendant une si grande absence … Ils ont dû te chercher partout! Tout cela à cause d’un joli papillon. J’aime bien les photos de ton enfance .

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    8 février 2021 à 9 h 57 min

  9. Que de souvenirs la nationale 7 avant l’autoroute, là au moins on voyait les centres villes.
    Je me souviens aussi du nougat rangé dans des bornes kilométriques en carton.
    La première fessée dont je me souviens c’est quand ma mère mes parents ont fait construire leur maison et moi j’avais ma copine à l’autre bout de la ville, je suis retournée la voir toute seule, j’avais 4 ans.
    Bonne semaine.

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    8 février 2021 à 10 h 45 min

  10. ANNE GUILLARD

    Tout aussi aventurière de l’autre ZZZZ…. Des souvenirs plaisants et une fessée peut-être méritée… J’aurai de loin que ce soit ma mère qui sévisse, la punition aurait été moins décalée.
    Bises et bon début de semaine qui s’annonce frisquette

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    8 février 2021 à 12 h 10 min

  11. Marie de Cabardouche

    On a roulé en votre compagnie, on a croqué du nougat en borne et on s’est laissés hypnotiser par les fourmis, bref, on a vécu avec plaisir vos huit ans émerveillés et insouciants, merci Jazzy de la part des Cabardouche !

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    8 février 2021 à 12 h 33 min

  12. trezjosette2

    c’est vrai on pense qu’on a bien fait comme il faut et on est incomprise !
    A Paris enfant il m’est arrivé une situation similaire en voulant aller chercher un livre des fables de la Fontaine chez une compagne de classe alors que les parents étaient morts d’inquiétude pour mon retard…
    beau souvenir intrépide jazzy

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    8 février 2021 à 14 h 25 min

  13. ABC

    La peur des parents se solde souvent par une fessée…..
    même souvenir des petits cartons de villes en villes préparé par papa quand nous partions en vacances, avec maman pour que nous les enfants puissions la guider tout le long du trajet… papa avait moins de vacances que nous et nous rejoignait en train.

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    8 février 2021 à 14 h 42 min

  14. La fessée était donnée par amour donc maman est pardonnée mais quelle frayeur la pauvre a dû avoir. Gisèle un souvenir d’aventure qui j’espère a clamé un peu cette esprit frondeur. Bisous douce semaine

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    8 février 2021 à 14 h 47 min

  15. marie chevalier

    bon ne même temps on comprend la peur de ta maman !! beau texte merci et bises

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    8 février 2021 à 15 h 08 min

  16. Bonjour Gisèle, avoue que tu l’as bien mérité cette fessée, tu te rends compte du sang d’encre que c’est fait ta maman, Bisous et bonne fin de journée MTH

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    8 février 2021 à 16 h 56 min

  17. Alors, si on rentre dans le registres des raclées…. mieux vaut pour moi de ne pas en parler….
    J’adore ton esprit d’aventure, si bien raconté ! Un récit palpitant qui me rappelle en tous points nos vacances homériques dès l’acquisition de LA VOITURE de papa, une 403 noire heureusement solide à ses 40 ans…. ça prenait des allures fantomatiques, car Papa avait pris qqs leçons de conduite, sans plus ! Maman était …. au volant en même tps que son mari et c’était à elle que revenait le rôle ingrat de nous conduire à bon port…. Colères violentes du père envers la mère, car il se perdait facilement… Il confondait la droite de sa gauche… (ce qu’il m’a refilé naturellement…) C’était terrifiant ! les détours humiliants à 40 km/h et le trajet infiniment long…. Bref, j’ai fini par écoper du sale rôle de Maman, et je ne devais qu’à mon infinie patience, la trouille au ventre, et l’impérieuse nécessité de tout comprendre de la carte… de l’amener sur les bonnes routes… Ah misère !
    Merci Gisèle, ton défi brillamment relevé !!!
    Bisous

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    8 février 2021 à 20 h 51 min

  18. Pingback: Défi 245, mené par Fanfan : Vos participations – le blog de la communauté des croqueurs de mots

  19. Beau partage, j’ai bien aimé . Bonne journée

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    9 février 2021 à 11 h 13 min

  20. Quel beau et touchent souvenir !
    Mais quelle idée tu as de faire cette route toute seule. Tu as eu de la chance et je comprends la réaction de ta mère.
    J’ai eu la même avec Clément.
    Deuxième année au camping, il a déjà ses repères et ses amis catalans.
    Où est Clément ? Plus de petit-fils à l’horizon.
    La peur au ventre, je crie son nom dans les allées lorsqu’il sort tranquillement d’une caravane. Je suis là mamie.
    Mon sang n’a fait qu’un tour, et je lui ai donné une fessée.
    Pauvre pitchoun. Je m’en veux encore. Mais il n’a plus recommencé. Les consignes ont été respectées. Obligation de dire où et avec qui il est. 😂😂

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    9 février 2021 à 17 h 49 min

  21. Anne

    Une histoire très vivante racontée avec beaucoup d’humour mais qui aurait pu mal tourner. Je pense à mes propres inquiétudes lorsque je perdais de vue, pendant trop longtemps, un de mes enfants. Là, les fessées c’était moi qui les donnais. Bonne soirée

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    9 février 2021 à 19 h 17 min

  22. La Ciotat, un lieu que j’aie connu bien plus tard que toi et en train.
    Pauvre maman morte d’inquiétude. Mais, pour moi, tu as agis normalement. Pourquoi ne pas aller rechercher ton filet à papillon. A cet âge là, heureusement qu’on ne pense à tout ce qui peut arriver, du moment qu’on a foi en soi.
    Une fessée, ben oui, ça se faisait. J’en ai données et aussi par inquiétude !
    En tous cas un bon souvenir pour toi.
    Bon après-midi Jazzy

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    10 février 2021 à 16 h 27 min

  23. Ah la nationale 7 combien de fois je l’ai faite avec mon ex mari, direction Cassis et la Ciotat, en moto et en 2CV. Passer tous ces petits villages, Y a d’la joie, comme le chantait Charles Trenet.
    Il me semble que tu étais bien intrépide et du souvenir que j’ai de notre rencontre à Metz, je pense que tu n’as pas beaucoup changé.
    Bisous Jazzy.

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    11 février 2021 à 0 h 33 min

  24. eglantine36

    intrépide la petite ! meme si à l’époque la vie était différente et on parlait moins de détraqués de tous genres, j’imagine la peur de ta maman ! de plus ce fameux papillon entre temps a du plier bagage 🙂
    bonne fin de semaine
    bises

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    13 février 2021 à 12 h 31 min

  25. J’imagine l’insouciance que tu avais et la peur des adultes et la fessée comment la reprocher à ta maman … et le câlin de joie de t’avoir retrouvée en entier. C’est vrai tu aurais pu te perdre ou faire des mauvaises rencontres ou tout simplement te blesser. Bises

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    17 février 2021 à 12 h 04 min

  26. Quichottine

    C’est un très beau souvenir… malgré la fessée, tu retiendras toujours ces moments, et ces bras qui t’ont serrée.

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    20 février 2021 à 11 h 53 min

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