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Jeudi poésie

À la barre du bateau des croqueurs (clic sur le logo) pour la quinzaine, c’est  la  couleur blanche que j’ai choisie comme thème de ce premier jeudi poésie. 

neige tremble

J’aurais pu vous parler de :

La neige posée par les chatons du tremble

Chahutant  les  narines   des    allergiques

De la pluie de pétales qui au  sol semblent

Tisser   un  tapis soyeux de blanc magique.

Mais j’ai préféré convier Arthur Rimbaud et sa blanche Ophélie.

File:Alexandre Cabanel, Ophelia.JPG

Ophélie par Alexandre Cabanel

Vous la trouverez aussi   ici  vue par Dorota Gorecka 

 

Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

*

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

*
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux

*
Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
– C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

*
C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits

*;
C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

*Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
– Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

III

– Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

23 Réponses

  1. Les chatons tombés du tremble imitant la meige, on s’y croirait en hiver… quant à Ophélie allongé toute vêtue dans l’eau… oui étrange fille, merci Jazzy, bises

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    29 avril 2021 à 3 h 14 min

  2. martinemartin85

    Triste mais superbe. Merci beaucoup pour ce partage qui m’a émue. Bises

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    29 avril 2021 à 5 h 29 min

  3. Belle participation à toi Gisèle
    La mienne est plus humble
    J’te souhaite une agréable journée

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    29 avril 2021 à 6 h 51 min

  4. mireille du sablon

    …tristesse et merveille à la fois en admirant ton article!
    Merci pour cet « échange » d’hier, nous sommes rentrées à temps!
    Bises de Mireille du sablon

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    29 avril 2021 à 7 h 32 min

  5. wow splendide merci du partage
    bises bonne journée

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    29 avril 2021 à 7 h 54 min

  6. Excellent choix que celui de cette blanche Ophélia poétisée par Arthur Rimbaud. Le tableau est magnifique.
    Pour participer à ce premier jeudi en poésie, j’ai choisi le même poème que Fadosi Continue. Je communique mon lien à Dômi.
    Toujours en pause administrative jusqu’à la fin de la semaine.
    Bises

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    29 avril 2021 à 8 h 02 min

  7. Bonjour Gisèle magnifique poésie mais très triste, je préfère ta poésie à toi sur les pétales blanches qui jonchent le sol. Bisous bon jeudi MTH

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    29 avril 2021 à 8 h 43 min

  8. ABC

    Ophélie la belle entre folie et romantisme, poussant comme lys sous les yeux attendris des artistes !!!!
    Chez nous aussi il neige des feuilles blanches, qui tourbillonnent dans le vent comme autant de flocons saluant une dernière fois l’hiver.

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    29 avril 2021 à 9 h 13 min

  9. Les Mauges Ocgall

    Bonjour d’Angers,
    La blanche Orphélie sur l’onde de la vie … bientôt sans virus ? …
    Bonne Journée ! … Amicalement … Claude …

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    29 avril 2021 à 9 h 18 min

  10. Marine D

    La neiged es chatons, celle des cerisiers, c’est si beau…
    Belle Ophélie, si superbe, comme un grand lys.

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    29 avril 2021 à 9 h 27 min

  11. respir57

    L’Ophélie connue est partie un jour d’avril proche, jeune et désespérée et laisse ses parents dans la douleur. Bises

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    29 avril 2021 à 9 h 54 min

  12. Beau poème …et beau tableau d’Ophélie . Bonne journée.Bises

    J'aime

    29 avril 2021 à 10 h 05 min

  13. Je me suis permise de participer aux croqueurs de mots pour Blanc, je risque de ne pas être « dans les clous », tu me le diras jazzy
    Marine D
    Le jardin de Titi
    Marine D

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    29 avril 2021 à 10 h 36 min

  14. Oui, je vois bien ce que tu évoques, les chatons du tremble qui tapissent le sol.
    J’ai ausssi en mémoire les plumes duveteuses des peupliers.
    Petites graines portées par un flocon blanc.
    Et les jeunes cadavres des éphémères, qui sortent de l’eau la nuit, s’accouplent et au matin, les vents
    les poussent le long des trottoirs et autres obstacles. Vu à Lunel, c’est pas ici :-))
    Et pour la blanche Ophélie, légende que je découvre grâce à toi et à Rimbaud.
    Amicalement. Yann

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    29 avril 2021 à 11 h 06 min

  15. la blanche Ophélie séduit toujours les poètes…
    merci jazzy pour cette blancheur…moins contraignantes que les chatons des arbres que le vent pousse jusque sous les meubles ! (je viens te lire comme une pause après l’aspirateur…c’est beaucoup moins poétique !)
    bises

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    29 avril 2021 à 11 h 26 min

  16. Un poème qui m’émeut toujours autant. Merci de l’avoir choisi bises et belle journée

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    29 avril 2021 à 12 h 17 min

  17. Dommage que Rimbaud soit mort si jeune, il avait tellement de talent
    Bon jeudi.

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    29 avril 2021 à 14 h 50 min

  18. Bizarre, notre région a offert beaucoup de légendes et poèmes tristes même souvent désespérés..Merci pour cette lecture si belle. Ton poème est moins triste, plus printanier.

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    29 avril 2021 à 15 h 42 min

  19. Des choix splendide, terriblement romantique mais très très beau. Sur ce tableau je vois surtout ces vêtements somptueux, aux tissus soyeux, très riches … mon métier de couturière qui prend le dessus. Le poème de ce talentueux Rimbaud lui va à merveille.
    Et en plus, sur ton article, il neige des chatons ! je suis comblée !
    Gros bisous

    J'aime

    29 avril 2021 à 15 h 42 min

  20. Excellent choix, Gisèle ! Si triste mais si beau tout à la fois !
    J’ 💗 aussi beaucoup ton introduction à ce poème et son illustration !
    Bravo pour tout !
    Bonne poursuite de ce jeudi !
    Bises 😘

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    29 avril 2021 à 16 h 50 min

  21. Pingback: Défi 250, vos participations !!! – le blog de la communauté des croqueurs de mots

  22. Quichottine

    Tu aurais pu, tu l’as fait, finalement, tu as beaucoup de talent.
    Mais je suis heureuse que tu aies choisi ce tableau et ce poème, j’aime énormément.
    Passe une douce journée. Bises.

    J'aime

    14 mai 2021 à 7 h 57 min

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