Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

atelier Arlette

Aranea sur la passerelle des Roches

12792770-ecriture-a-la-plume-d-39-encre-sur-le-papier-quelques-notes.png

Pour l’atelier d’Arlette 16 un clic sur le logo .

P8022460

 

Il y a quelques jours je profitais de la relative fraicheur de la soirée pour chercher avec opiniâtreté toutes les œuvres du parcours pierres numériques quand j’ai entendu sur le pont des Roches , Aranea s’adressant à ses consœurs :

P8022464

“ Moi , Aranea , je vous le dis,  pour obtenir un maximum de proies et pour jouir d’une manne quasi illimitée d’insectes en tous genres ,  n’allez surtout pas squatter les bureaux d’une entreprise, quelle qu’elle soit ,  le bureau du patron, de sa secrétaire , du comptable ne sont absolument pas indiqués , vous risqueriez de tomber des nues devant la pénurie en approvisionnement alimentaire, pas une toile ne résiste au ménage quotidien . Si j’étais restée là – bas un jour de plus, j’aurais du renier mon régime carnassier et me résigner au régime végétarien, vous voyez le tableau   ?

Description de cette image, également commentée ci-après

N’est pas Bagheera Kiplingi qui veut , et les acacias d’intérieur je n’en ai encore jamais vus là où je logeais avant  . Comme  je refuse de tirer le diable par la queue et de changer de régime, il ne me restait qu’une solution,  prendre mes cliques et mes claques et m’installer ailleurs . C’est pourquoi vous me trouvez ici sur la balustrade ,  à l’origine il n’y avait pas tant de lumière mais depuis que l’été est arrivé, c’est Versailles . Au cours de la soirée il est possible  de  piéger une  dizaine de moustiques , que dis je, plusieurs dizaines .

P8022458

Il suffit juste d’être présente et de ne pas se laisser perturber par les passages fréquents sur la passerelle. C’est important car de l’animation il y en a dans ce quartier des Roches surtout depuis que l’installation “Voyage” nous en fait voir de toutes les couleurs sur l’eau .

P8022457

Publicités

Couleurs de l’incendie

mon-logo-fait-par-ghis

Pour l’atelier 15 d’Arlette un clic sur le logo

Résultat de recherche d'images pour "couleurs de l'incendie"

Je ne vous cacherai pas plus longtemps, non pas ma bonne humeur due à la disparition momentanée de cette horrible fournaise et la possibilité enfin de se vêtir sans surchauffe , mais que j’ai vraiment adoré ce deuxième volet de la trilogie de Pierre Lemaitre “Couleurs de l’incendie” . J’ai pris la précaution de le réserver à la bibliothèque depuis un certain temps, car je me doutais bien qu’il serait à la hauteur du premier volet “ Au revoir là haut “ ( prix Goncourt 2013). Aussi vais – je  prendre le temps , sans errer d’une pièce à l’autre  pour trouver le meilleur endroit où s’installer  , de vous parler de ce roman de 535 pages qui se dévore d’un bout à l’autre sans aucun temps mort . L’art du récit cet auteur le maitrise à la perfection, comme vous avez déjà pu vous en apercevoir si vous avez lu “ Au revoir là – haut “,  vous êtes embarqués d’emblée dans un tempo endiablé .

J’ai le sentiment que comme moi, vous  trouverez certaines similitudes entre  la décennie 1930 et notre époque actuelle,  notamment avec les technocrates grands patrons et industriels d’aujourd’hui vantant l’entreprise, et aussi avec la politique de l’ évasion fiscale  . Comme dit Pierre Lemaitre :

“ Le romanesque amène le lecteur à s’interroger. Une espèce de machine à décrypter le réel . Ce que je veux, c’est faire jubiler le lecteur qui peut se dire “ Ah déjà à cette époque là …“ 

Rien de tel que la quatrième de couverture du livre pour vous donner une idée de ce qu’il contient .

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

“…Madeleine n’était qu’une boule de rancune, animée par une vengeance froide. Inhumaine. " la rébellion de cette héritière de la Maison Péricourt  face à ces hommes perfides , corrompus qui l’ont trahie sera phénoménale .

Comme d’habitude chez Pierre Lemaitre , le caractère des personnages est dépeint avec beaucoup de talent, il cisèle à la perfection les multiples facettes du pervers au machiavélisme implacable, tout comme aussi ces portraits de femmes toutes différentes mais unies dans l’asservissement qu’elles supportent dans ces années 30 où elles n’ont ni le droit de voter , ni de signer un chèque .

Les dialogues sont truculents , l’humour de l’auteur toujours instillé avec beaucoup d’à propos . Il manie  l’ironie avec beaucoup de talent , le constat de Charles ( l’oncle de Madeleine ) sur ses filles est  saisissant

“ Il pensait que son épouse, Hortense, n’aimait pas assez les hommes pour faire des garçons. Il avait deux filles montées en graine, aux jambes maigres, aux genoux cagneux et à l’acné épanouie, qui pouffaient de rire en permanence, ce qui les contraignait à masquer avec la main la denture épouvantable qui faisait le désespoir de leurs parents ; on aurait dit qu’à leur naissance, un dieu démoralisé avait balancé à chacune une poignée de dents dans la bouche, les dentistes étaient consternés ; sauf à tout éradiquer et à leur poser un râtelier dès la fin de leur croissance, elles étaient promises à vivre derrière un éventail toute leur vie.”

Je vous conseille donc vivement de ne pas vous effrayer en voyant la taille du livre  et d’entrer avec Pierre Lamaitre dans le fait historique réel de manière surprenante .

Autant vous dire que j’attends avec impatience le troisième volet de la trilogie .