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croqueurs de mots

Laideur

 

Pour le jeudi en poésie des croqueurs de mots, Jill Bill à la barre un clic sur le logo .

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L  a laideur    ne  sait  jamais où est sa place 

A   troce  constat   de  n’être  bien nulle  part

I l   lui  faut  partout  fuir le moindre  regard

D   étaillant  sans  ménagement  sa  disgrâce 

E lle   encaisse  tous  les  quolibets   vachards

U  n affront permanent  qui laisse des  traces

R   evivre  sans   cesse   le même   cauchemar.

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La laide  

 

Femmes, vous blasphémez l’amour, quand d’aventure
Un seul rebelle insulte à votre royauté.
Ah ! C’est un pire affront qu’en silence elle endure,
La jeune fille à qui la marâtre nature
A dénié sa gloire et son droit : la beauté !

*
L’amour ne luit jamais dans l’œil qui la regarde ;
Elle pourrait quitter sa mère sans périls.
La laide ! On ne la voit jamais que par mégarde ;
Même contre un désir sa disgrâce la garde,
Pourquoi les jeunes gens l’accompagneraient-ils ?

*
Les jeunes gens sont fats, libertins et féroces.
La laide ! Pourquoi faire et qu’en ont-ils besoin ?
Ils la criblent entre eux de quolibets atroces,
Et c’est un collégien que, dans les bals de noces,
On charge de tirer cette enfant de son coin.

*
Pauvre fille ! Elle apprend que jeune elle est sans âge ;
Sœur des belles et née avec les mêmes vœux,
Elle a pour ennemi de son cœur son visage,
Et, tout au plus, parmi les compliments d’usage,
Un bon vieillard lui dit qu’elle a de beaux cheveux.

*
Depuis que j’ai souffert d’une forme charmante,
Je voudrais de mon mal près de toi me guérir,
Enfant qui sais aimer sans jamais être amante,
Ange qui n’es qu’une âme et n’as rien qui tourmente !
Pourquoi suis-je trop jeune encor pour te chérir ?


Sully Prudhomme


Avenue de nulle part …

 

Pour les croqueurs de mots Jill Bill à la barre nous invite à broder sur cette photo et d’employer un mot imposé idiosyncrasie .

Qvyjq3afyyaKO7m1Ki6ZSBnbyuM@350x435 Avenue       de    nulle     part

Sous   un   morceau  de  lune 

De bric  et de   broc  fortune

Se  joue  aussi   bien  de  l’art.

La voiture s’arrête au bout du chemin creux , Esther n’en croit pas ses yeux , elle n’ose même pas tourner la tête vers le conducteur , cet artiste qui lui a proposé un job très bien payé et la fortune à la clé .

  “ Nom d’un petit bonhomme mais je rêve , je n’arrive pas à croire que c’est sa maison  ! “ Dire que ce gars gagne des fortunes et qu’il vit dans cette bicoque ,  c’est fou,  je me demande bien comment je vais pouvoir l’aider à quoi que ce soit , j’ai l’impression qu’en soufflant dessus cette baraque  peut s’effondrer . 

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J’aurais du me méfier quand il m’a montré son “Chopin’ s Waterloo” * sur son téléphone portable une telle idiosyncrasie ne pouvait  être isolée .  Ici devant moi , c’est sur, la colère ne s’applique pas qu’aux instruments de musique . Musical rage qu’il disait , détruire avec art  pour s’approcher au plus près de l’objet,  mouais de l’art !  je veux bien,  mais j’ ai comme un doute sur le contrat que je dois signer et s’il venait à s’énerver,  je finirais peut être aussi comme le piano  ! Pas envie de devenir la nouvelle Vénus de Milo d’un fêlé du bocal , va falloir que je trouve une bonne excuse pour décliner l’offre maintenant .

“ Vous en faites une tête ! venez je vais vous montrer, vous allez m’aider pour ma prochaine performance  “

L’artiste prend alors une masse dans le baril et commence à taper sur la porte.

“ Arf , le vla qui disjoncte , je ne reste pas une seconde de plus . “ Comprendre toujours comprendre moi je ne veux pas comprendre “ je suis bien d’accord avec toi Anouilh  , là je prends la tangente, et tout seul il se dépatouille  “

“ Tenez   prenez les débris et nous allons composer un grand tableau  , ma maison fantôme ………..Mais où allez vous , ne parrrrrrrrrrrrrrrrrrtez pas !” 

 

* Chopin’s  Waterloo est l’œuvre d’Arman  ( clic ) artiste franco américain , peintre et sculpteur plasticien connu pour ses accumulations .