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J’ai lu

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“À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’évènements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier desquels, bien sur, la disparition du petit  Rémi Desmedt.

Dans cette région couverte de forêts , soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants , comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Pour Antoine , qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien Ulysse…”

Décidément  Pierre Lemaitre excelle dans tous les genres , ce roman psychologique ,  je l’ai dévoré tant l’on s’attache  à Antoine ce jeune garçon de douze ans que l’on va suivre sur trois époques  différentes de sa vie  .  L’auteur nous fait entrer dans ses pensées , sa complexité avec beaucoup de finesse  et c’est avec empathie qu’ on le suit tout au long de ces pages .

  On assiste aussi aux ravages produits par la rumeur dans cette petite ville où chacun va vite en besogne pour accuser celui qui ne correspond pas à ce qu’il pense être la normalité .

Difficile de vous en dire plus pour ne pas dévoiler les ressorts du drame qui se noue dans Beauval, mais je peux vous garantir que les surprises sont nombreuses et que la fin  elle aussi est surprenante . 

J’ai découvert qu’un film était sorti en 2019, adapté de ce roman, avec Sandrine Bonnaire Charles Berling , Pablo Pauly, Philippe Torreton peut être l’avez – vous vu .

Quelques extraits

“Mme Courtin entretenait avec la religion des rapports prudents et fonctionnels. Elle avait envoyé Antoine au catéchisme par précaution, mais n’avait pas insisté lorsqu’il avait souhaité ne plus s’y rendre. Elle fréquentait l’église quand elle avait besoin de secours. Dieu était un voisin un peu distant qu’on avait plaisir à croiser et à qui on ne rechignait pas de demander un petit service de temps à autre. Elle allait à la messe à Noël comme on visite une vieille tante. Il entrait aussi dans cet usage une large part de conformisme. Mme Courtin était née ici, c’est ici qu’elle avait grandi et vécu, dans une ville étriquée où chacun est observé par celui qu’il observe, dans laquelle l’opinion d’autrui est un poids écrasant. Mme Courtin faisait, en toutes choses, ce qui "devait" se faire, simplement parce que c’était ce que, autour d’elle, tout le monde faisait. Elle tenait à sa réputation comme elle tenait à sa maison et peut-être même comme elle tenait à sa vie car elle serait sans doute morte d’une faillite de sa respectabilité.”

“ La vie doit toujours reprendre le dessus, elle adorait cette expression. Cela signifiait que la vie devait continuer de couler, non pas telle qu’elle était mais telle qu’on la désirait. La réalité n’était qu’une question de volonté, il ne servait à rien de se laisser envahir par des tracas inutiles, le plus sûr pour les éloigner était de les ignorer, c’était une méthode imparable, toute son existence montrait qu’elle fonctionnait à merveille.”

“Le raz de marée né au fond de l’estomac le traversa de bas en haut dans un spasme foudroyant, lui broya les reins et explosa dans sa gorge en le soulevant littéralement du lit. Il plongea la tête vers le sol en laissant échapper un cri guttural montant des tripes, un filet de bile s’allongea pendant qu’asphyxié il cherchait à retrouver l’équilibre.
Il était épuisé, son dos était une torture. A chaque mouvement de houle, son corps entier voulait s’extirper de son enveloppe, se retourner sur lui-même, se liquéfier et s’enfuir.”


En attendant Bojangles

Défi écriture no 71 .

Pour l’atelier 126 de Ghislaine un clic sur le logo

Les mots :  Allée, parc, château, craquement, peur, étreinte, grincer , mentir

Ou le thème"" Rétro"

Dès que j’ai lu les mots de Ghislaine , j’ai su que c’est avec le dernier livre lu que je relèverai ce défi . Un grand merci à Mijo (clic) qui, avec son article du 21 juin, m’a donné envie de me plonger dans cet amour fou si bien narré par Olivier Bourdeaut .

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Un vrai coup de cœur pour ce roman où le narrateur est le fils de ce couple extraordinaire reprenant aussi la parole du père par le biais de ses carnets. Ils nous entraine dans cet univers incroyable qui par certains côtés rejoint celui de l’écume des jours. Là règne  un amour magique , vertigineux de deux êtres émerveillant chaque jour leur fils. Tout est plaisir , fantaisie , extravagance avec l’amitié comme point d’orgue . Un disque mythique “Mister Bojangles” de Nina Simone devient le sésame qui y conduit . Le petit craquement caractéristique quand le diamant se pose sur le vinyl  devient  un sésame pour rester en apesanteur  avec eux  dans le monde magique de la danse qui sublime l’étreinte . Une façon de repousser loin d’eux  tout ce qui dans la réalité peut grincer , cette montagne de courrier par exemple qu’ils n’ouvrent non par peur de ce qu’ils pourraient découvrir mais  parcequ’ils n’en voient pas l’intérêt .

Le château en Espagne chez eux  n’est pas une utopie,  c’est une réalité , une allée menant jusqu’au lac , et des amandiers, des oliviers,  en terrasses plein le parc.  La mère ne comprend pas pourquoi son fils devrait rater la floraison magnifique des amandiers pour rester en classe . L’école qui ne fonctionne pas à la carte comme le voudrait la mère ne peut cohabiter avec le monde dans lequel baigne cet enfant . Lorsqu’ il raconte ce qui se passe à la maison, élèves et enseignante ne le croient pas, aussi se sent – il obligé de mentir  , il ment à l’envers à l’école  et ment à l’endroit chez lui. Comme cette situation ne peut durer, il sera instruit par le père à la maison .

Drôle, tendre, mais aussi déstabilisant, déroutant . Cet amour fou qui permet à cette famille de vivre leur rêve loin de toute contrainte  emplit chaque page du livre .

 À lire et relire pour rire et pleurer car l’ humour est omniprésent dans ce roman même au moment le plus tragique  .

Quelques extraits :

“Lors d’un diner alors qu’un invité lui expliquait gentiment que l’expression un château en Espagne était synonyme de chimère , avec du défi dans ses yeux verts, elle lui avait donné rendez – vous un an plus tard  dans un château espagnol pour y boire l’apéritif .

_ Dans un an pile poil , nous boirons le champagne dans notre château en Espagne ! Et je peux vous assurer que c’est vous qui le paierez ! “

“Pauline, où sont mes espadrilles ?
Et Maman répondait:
– A la poubelle, Georges ! C’est encore là qu’elles vous vont le mieux !
Et Maman lui lançait:
– Georges, n’oubliez pas votre bêtise, on en a toujours besoin !
Et mon père répondait:
– Ne vous en faites pas, Hortense, j’ai toujours un double sur moi !”

“ L’Ordure avait une coupe de cheveux carrée . Pas un carré de filles , il avait les cheveux courts en brosse mais avec des angles droits dessus ; pas une coupe au carré, une coupe carrée sur une bouille rouge et ronde coupée en deux par une belle moustache , de fines lunettes en acier, retenues par de drôles d’oreilles en forme de queues de gambas” 

“ D’elle mon père  disait qu’elle tutoyait les étoiles , ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde y compris moi . Ma mère vouvoyait également la demoiselle de Numidie , cet oiseau élégant et étonnant qui vivait dans notre appartement, et promenait en ondulant son long cou noir, ses houppettes blanches et ses yeux rouge violent depuis que mes parents l’avaient ramené d’un voyage je ne sais où , de leur vie d’avant . Nous l’appelions “ Mademoiselle Superfaitatoire “ car elle ne servait à rien, sauf à crier tres fort sans raison , faire des pyramides rondes sur le parquet, ou à venir me réveiller la nuit en tapant à la porte de ma chambre de son bec orange et vert olive .”

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à écouter en lisant le livre d’Olivier Bourdeaut


J’ai lu

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Samedi de Ian Mac Ewan

Pour Henry Perowne – neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d’un musicien de blues et d’une poétesse – ce devrait être un samedi comme les autres.
Pas question d’aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant… Un banal accrochage et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant.
Tout en faisant diaboliquement monter le suspense, McEwan entrelace évènements planétaires et privés avec une telle virtuosité que cet étrange samedi devient la métaphore de toutes nos vies fragiles d’Occidentaux pris dans la tourmente de ce début de siècle. Et cette réflexion profonde sur le hasard et le destin, les pouvoirs respectifs de la science et de l’art, la quête d’un sens qui résisterait à la mort nous montre une fois de plus, après Expiation, un romancier parvenu à la plénitude de son art.

Un sujet qui nous révèle à nous même et qui pointe les faiblesses de tout un chacun , les compromissions,  les contradictions et un certain égocentrisme .

Extraits :

“Rares sont les moments où les musiciens atteignent ensemble quelque chose de plus délectable que tout ce qu’ils ont pu connaître en concert ou en répétition, bien au-delà de la simple collaboration ou compétence technique, et où leur expression acquiert la légèreté et la grâce de l’amitié ou de l’amour. C’est alors qu’ils nous offrent un aperçu de ce que nous pourrions être, de ce que nous avons de meilleur, de ce monde impossible où l’on donne tout aux autres sans rien perdre de soi-même.”

“ Les romans et les films vous projettent au rythme haletant de la modernité dans le passé ou dans l’avenir , enjambant les journées, les mois , les années , voire les générations .Or la poésie , pour parvenir à ses épiphanies, se tient sur la tête d’épingle du moment présent .”

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Né en France, Pippo Pugliese est petit-fils d’immigrants italiens. Alors que sa mère perd la mémoire, il décide de se rendre au Sud de Naples, en Campanie, à la recherche de ses racines. Là, dans un Mezzogiorno toujours très pauvre, proche de la Calabre et de la Sicile, des régions traversées par les migrants, il retrouve les traces de son grand-père, né en 1917. Sa quête le ramène aux années noires. Secondé par la belle Gina, il découvre que son aïeul a aidé deux opposants au régime de Mussolini : Paolo Zancani et Umberto Zanotti- Bianco, qui ont retrouvé un sanctuaire d’Héra, aussi légendaire que l’Atlantide mais surtout preuve d’une colonisation de l’Italie des origines par la Grèce. Une découverte qui ne plait pas au Duce, adepte de la « romanità », une idéologie prônant la pureté historique de l’Italie.
Peu à peu, Pippo reconstitue l’exploit, tout en se rendant compte que le débat actuel entre humanisme et xénophobie est partout le même, en Campanie comme en France. Et que la tentation totalitaire est plus présente que jamais dans un contexte où le passé est instrumentalisé.

Michel Quint avec ce roman nous invite à une superbe balade dans le temps , de l’Antiquité jusqu’à nos jours ,  j’ai découvert avec beaucoup de plaisir ce Mezzogiorno et tout ce qui s’y rattache . Par contre je suis un peu moins enthousiaste que pour les autres ouvrages de cet auteur que j’apprécie beaucoup . Peut être a – t – il voulu  exploiter trop de thèmes différents le monde mafieux , les découvertes archéologiques, les migrants, la recherche des racines .

Extraits :

“Carlo Levi, -Le Christ s’est arrêté à Eboli.
Pippo prend le bouquin de poche, touché et surpris du cadeau (…)
-L’histoire vraie d’un médecin antifasciste assigné à résidence, "confiné" en 1935 dans le Mezzogiorno par la police de Mussolini. Il découvre une région misérable, au sud de Naples. Aucun miracle en vue, Dieu se conduit en faux-jeton.”

L’autre, Don Oreste, je m’en souviens comme d’hier, continue son cours de fascisme ordinaire, sentencieux pire qu’un cureton de village :
-Les racines de notre peuple sont dans la romanité, pas dans la langue ou la pureté de la race. Notre duce dit qu’il n’est plus de race qui puisse prétendre être à ce stade. Le ciment de notre nation, de nos masses populaires c’est l’héritage romain à perpétuer jusque dans chaque détail quotidien”

“ Pépé Tino, avec Zanotti et Donna Paola a découvert une invasion hellénique dont il était l’héritier , la trace d’étrangers bâtisseurs de villes , ensuite il est allé de l’autre côté de la terre, poursuivre la tradition , bâtir lui aussi avec son savoir faire et sa truelle, comme s’il pouvait replâtrer le monde avec elle, lui refaire une beauté rien qu’à s’en servir pour réparer son harmonie . Ceux d’aujourd’hui , venus d’Afrique , du Moyen – Orient , n’ont que leur souffle et leurs mains nues , mais ils sont pareils , ils veulent recréer un univers avec trois bouts de ficelle “


J’ai lu

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Quatrième de couverture

Avril 1940. Louise, trente ans , court nue sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre , elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’Histoire, où la France toute entière, saisie de panique , sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds , les menteurs et les lâches…Et quelques hommes de bonne volonté.

Il fallait toute la verve et la générosité d’un chroniqueur hors pair des passions françaises pour saisir la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances .

Secret de famille, grands personnages, puissance du récit , rebondissements, burlesque et tragique …Le talent de Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là haut , est ici à son sommet .

Dans ce troisième volet de sa trilogie ( Au revoir là haut, les couleurs de l’incendie , miroir de nos peines ) nous retrouvons Louise Belmont, la fillette de dix ans qui s’était entichée de la gueule cassée qui logeait chez sa mère . Elle est institutrice et serveuse chez Jules, un homme au grand cœur  . Pierre Lemaitre va nous entrainer de la ligne Maginot où nous ferons connaissance de Raoul et Gabriel jusqu’aux routes de l’Exode . Il se sert d’évènements réels peu connus comme le transfert des prisonniers du Cherche Midi et en invente d’autres qui s’intègrent parfaitement dans le tableau qu’il brosse .  Avec les Français qui fuient l’avancée allemande on a vraiment l’impression d’être sur la route à leurs côtés.

Le personnage protéiforme de Désiré apporte cette dose d’humour caractéristique du style de Pierre Lemaitre, mais pas seulement il est le parfait révélateur de tout ce qui se fait en matière de désinformation .

Bref vous ne pourrez que vous passionner en suivant le destin de Raoul, Gabriel, Louise, Jules .

Une période toute particulière de la deuxième guerre mondiale  que  l’auteur a dépeint en nous faisant prendre fait et cause pour ses personnages auxquels on s’attache d’emblée .

Bref vous  dévorerez allègrement  ces 500 pages de ce roman que vous pouvez lire  indépendamment des deux autres , mais je vous conseille de toute façon les trois .

 

extraits :

“ La voiture cahotait lentement dans le flot des fuyards qui était à l’image de ce pays  déchiré, abandonné. C’était partout des visages et des visages. Un immense cortège funèbre, pensa Louise, devenant l’accablant miroir de nos peines et de nos défaites “

  “ J’étais un gros, tu comprends. C’est très spécial, les gros. On adore se confier à eux, mais c’est jamais d’eux qu’on tombe amoureux. M. Jules dut sentir que le ridicule guettait, il se racla la gorge. – Alors, je me suis marié avec… Bon Dieu, je ne me souviens même pas de son prénom. Germaine ! C’est ça, Germaine… Elle est partie avec un voisin et elle a eu rudement raison.”

“Alors jeune homme comment voyez vous votre travail dans ce service ?

_ A, E, I, O, U, avait répondu Désiré .

Le sous directeur qui connaissait son alphabet se contenta d’un regard interrogatif.Désiré reprit :

“ Analyser, Enregistrer, Influencer, Observer, Utiliser. Dans l’ordre chronologique J’Observe, j’Enregistre, j’Analyse, et j’Utilise pour Influencer. Influencer le moral des Français pour qu’il soit plus haut “ Le sous directeur comprit immédiatement qu’on lui avait cnfié la crème de la crème .”    


J’ai lu

Voilà un bon moment que je ne vous ai pas parlé lecture , je rattrape aujourd’hui mon retard avec ces quatre propositions .

 

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La Rochelle, fin de l’année, Camille a disparu. Cette employée de banque sans histoire devait déjeuner chez ses parents, mais n’est jamais arrivée à bon port. Pour quelle raison a-t-elle pris sa voiture alors qu’elle habite à quelques minutes à pied ? Au fil des heures, puis des jours, cette absence devient de plus en plus inquiétante. Aurait-elle pris la fuite ?

Frédéric, son compagnon, enseignant et écrivain, va mener l’enquête, épaulé par le commandant de police Colin Tanguy. Tous deux découvriront que Camille cache bien des secrets. Pourquoi ? Qu’est-elle devenue ? De vieux démons l’auraient- ils rattrapée ?

Des ombres planent sur cette énigme, qui va coûter cher à ceux qui tentent de faire la lumière comme aux dissimulateurs. Et ne manquera pas de bouleverser le destin du petit Alexandre, le fils de Camille.

Ce roman entraîne le lecteur à la recherche d’un passé pesant, sur la piste d’un acte odieux et de terribles mensonges, de La Rochelle à Châtelaillon.

Une intrigue bien menée, des personnages attachants, on se laisse facilement entrainer dans cette enquête , un tres bon polar .

extrait

“ Quand je l’avais rencontrée , j’étais vite tombé amoureux de Camille . C’était un personnage à la fois conformiste _ probablement en raison de son éducation _ et tres original , voire fantasque .Elle avait déjà cette propension à adopter les modes et changeait d’avis tout le temps . Ces paradoxes m’enchantaient . Si je me moquais d’elle , Camille éclatait de rire . Elle se faisait appeler Edwige . Je lui racontais tout de ma vie, elle ne me disait rien ou presque de la sienne . Elle était expansive et en même temps , mystérieuse . J’aimais ça .”  

 

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L’est de l’empire allemand à la fin du XIX ème siècle . Olga est orpheline et vit chez sa grand – mère , dans un village coupé de toute modernité . Herber est le fils d’un riche industriel et habite la maison de maitre . Tandis qu’elle se bat pour devenir enseignante , lui rêve d’aventures et d’exploits pour a patrie . Amis d’enfance , puis amants ils vivent leur idylle malgré l’opposition de la famille d’Herbert . Quand il entreprend une expédition en Arctique , Olga reste toutefois sans nouvelles .

La première guerre éclate puis la deuxième .A la fin de sa vie Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils . Mais ce n’est que bien plus tard que celui – ci, lui même âgé , va découvrir la vérité sur cette femme d’apparence si modeste .

Un roman tout en sensibilité et délicatesse de la vie de cette femme qui a su dessiner son destin elle même , sans se marier et  dont l’amour  n’a jamais failli .

extraits

“Elle se blottit contre lui et il passa son bras autour d’elle."Que vas-tu chercher là-bas ?– Nous Allemands…– Non, pas nous Allemands. Que vas-tu chercher, toi ?"Il gardait le silence, et elle attendit. Tout à coup, le bruit du vent, le cheval qui s’ébrouait et le chant du rossignol lui semblèrent tristes. Comme s’il lui était signifié que sa vie serait attente et que l’attente n’aurait pas de but, pas de fin.”

“Je pensais savoir pourquoi Mlle Rinke aimait à parcourir les cimetières…Elle ne dialoguait pas avec ses morts, parmi ces tombes d’inconnus. Elle aimait les cimetières parce que là ils étaient tous égaux, les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les gens qui avaient été aimés et ceux dont personne ne s’était soucié, ceux qui avaient connu le succès et ceux qui avaient échoué. À cela le mausolée ou la statue d’ange ou l’imposant tombeau ne changeaient rien…”

 

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La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance. Une bête au Paradis est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

 

«  Faire mal », « protéger », « construire », «  surmonter », «  grandir » … «  venger », « surgir », « mordre », «  vivre »  un verbe signe le titre de chaque chapitre comme pour mieux nous parler des passions, des trahisons, des renoncements, de la vengeance  des  personnages de Cécile Coulon.

Une intrigue prenante et des portraits tant psychologiques que physiques particulièrement bien ciselés , une écriture fluide qui font que c’est un  roman que j’ai dévoré  .

extraits

“De chaque côté de la route qui serpente entre des champs d’un vert épais, un vert d’orage et d’herbe , des fleurs énormes, aux couleurs pâles ,aux tiges vacillantes , des fleurs poussent en toute saison. Elles bordent ce ruban de goudron jusqu’au chemin où un pieu de bois surmonté d’un écriteau indique : Vous êtes arrivés au Paradis .

En contrebas le chemin, troué de flaques brunes, débouche sur une large cour : un rectangle de terre battue aux angles légèrement arrondis, mangé par l’ivraie . La grange est strictement tenue .Devant,  un tracteur et une petite voiture bleue sont rangés là et nettoyés régulièrement . De l’autre côté de la cour, des poules , des oies, un coq et trois canards entrent et sortent d’un cabanon en longueur percé d’ouvertures basses. Du grain blond couvre le so. Le poulailler donne sur une pente raide bordée par un ru que l’été assèche chaque année. A l’horizon, les Bas Champs sont balayés par le vent, la surface du Sombre – Etang dans son renfoncement de fougères frissonne de hérons et de grenouilles .”

“"Très tôt, sa grand-mère lui avait expliqué que le corps des femmes était « une ville » et celui des hommes « un village ». Les formes des femmes changeaient sans cesse, évoluaient, se répandaient à la vue des autres, la peau se gonflait en certains lieux et se creusait ailleurs, tandis que le corps des hommes, passé l’adolescence, gardait son aspect et sa taille initiale. L’âge et l’alcool pouvaient l’arrondir, mais il ne se métamorphosait pas. " 

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Karen Holt est agent d’un service de renseignement très particulier.
Benjamin Horwood est un universitaire qui ne sait plus trop où il en est.
Elle enquête sur une spectaculaire série de vols d’objets historiques à travers le monde. Lui passe ses vacances en France sur les traces d’un amour perdu.
Lorsque le vénérable historien qui aidait Karen à traquer les voleurs hors norme meurt dans d’étranges circonstances, elle n’a pas d’autre choix que de recruter Ben, quitte à l’obliger.
Ce qu’ils vont vivre va les bouleverser.
Ce qu’ils vont découvrir va les fasciner.
Ce qu’ils vont affronter peut facilement les détruire…

Dans ce roman se mêlent l’humour décalé  et un voyage fascinant   à la recherche d’objets sacrés et ésotériques. A quoi peuvent servir tous ces objets anciens  menant à l’époque de la Mésopotamie ?

Les informations historiques et littéraires  nous font découvrir des pans de l’histoire de l’humanité fort intéressants. Un travail de recherches vraiment exceptionnel .

extraits

“ Certains individus ne comprendront jamais pourquoi jeter des détritus est mauvais pour la collectivité. Ils ne se soucient que de leurs petits intérêts et se moquent de celui d’une société dont ils bénéficient pourtant. Rien ne compte, hormis eux-mêmes. Beaucoup d’entre eux se croient plus malins, supérieurs. En face, d’autres préfèrent passer leur vie à se taper la corvée plutôt que de voir la rue disparaître sous un chaos d’immondices. C’est une question de nature. Vous êtes volontaire pour assumer, ou simplement bon à profiter. Vous vous montrez responsable ou pas.”

“La vérité des êtres se cache souvent au plus profond de leurs rêves. Leur clé se révèle lorsqu’ils peuvent enfin agir librement, comme s’ils accomplissaient au grand jour, mais paradoxalement sans aucun témoin et sans risquer la moindre conséquence. Dans cet espace intime, au creux des méandres de l’esprit, personne ne peut espionner ou juger, l’âge n’a plus court et le temps s’abolit. Affranchi des contraintes physiques et sociales, les songes sont le théâtre de ce qui compte vraiment : les vraies peurs et les vrais espoirs. Seul ce qui importe subsiste. N’entrent en scène que ceux qui y sont conviés, ne se déroule que ce qui est essentiel. Tel un démiurge absolu inconscient de son pouvoir démesuré, celui qui dort écrit sa vie en toute impunité dans une authenticité exempte de compromis. La nuit, les mensonges et la tiédeur n’existent pas. Les plus grands bonheurs et les pires des malheurs , si.”


J’ai lu

Soif

“ Pour éprouver la soif , il faut être vivant ” , inutile de vous dire que la brièveté de cette quatrième de couverture intrigue, mais dès que vous commencez à lire la première page du roman d’Amélie Nothomb ,  tout s’éclaire.

“ J’ai toujours su que l’on me condamnerait à mort .L’avantage de cette certitude c’est que je peux accorder mon attention à ce qui le mérite : les détails .

Je pensais que mon procès serait une parodie de justice. Il l’a été en effet , mais pas comme je l’avais cru. À la place de la formalité vite expédiée que j’avais imaginée , j’ai eu droit au grand jeu . Le procureur n’a rien laissé au hasard.

Les témoins à charge ont défilé les uns après les autres . Je n’en ai pas cru mes yeux quand j’ai vu arriver les mariés de Cana, mes premiers miraculés “

Comme vous l’avez compris , Amélie Nothomb va raconter dans ce roman les derniers jours de Jésus à la première personne . Toute petite elle se sentait déjà en connivence avec lui . “ Petite je voulais devenir Dieu . Très vite je compris que c’était trop demander et je mis un peu d’eau bénite dans mon vin de messe : je serais Jésus “ ( Stupeur et tremblements ) .

Bien sur l’histoire est archiconnue mais la façon dont l’auteure nous la présente est toute nouvelle . En effet, en insistant sur les détails  que ce roman développe, les derniers jours sont vus sous un tout autre éclairage. 

Que ce soit avec l’opinion des mariés de Cana sur le vin miraculeux,  la relation amoureuse avec Marie Madeleine, la mélodie de la voix de  Véronique, Simon de Cyrène qui aide à porter la croix, les détails  hors évangiles nous montrent chaque fois  l’importance que revêt le corps pour Jésus .

“ Avant l’incarnation , je n’avais pas de poids . Le paradoxe, c’est qu’il faut peser pour connaitre la légèreté . L’ébriété délivre de la pesanteur et donne l’impression que l’on va s’envoler.L’esprit ne vole pas , il se déplace sans obstacle , c’est très différent . Les oiseaux possèdent un corps, leur envol relève de la conquête..Je ne le répèterai jamais assez : avoir un corps , c’est ce qui peut arriver de mieux .”

L’incarnation y est   analysée de façon subtile dans cet espace temps qui offre un léger sursis à l’exécution . Pour la première fois , l’aspect humain du Christ prend le dessus sur son image habituelle se rapprochant plutôt de celle d’un ascète.

“ J’ai la conviction infalsifiable d’être le plus incarné des humains . Quand je m’allonge pour dormir ce simple abandon me procure un plaisir si grand que je dois m’empêcher de gémir . Manger le plus simple brouet m’arracherait des soupirs de volupté si je n’y mettais pas bon ordre. Il m’est déjà arrivé de pleurer de plaisir en respirant l’air du matin  “  

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Concernant la crucifixion il y a mépris du corps, c’est pourquoi l’auteure  pose alors la question de savoir comment ce mépris   est censé   racheter  les péchés de l’humanité et se conforter avec le  “aimez vous les uns les autres comme Dieu vous aime” . Elle questionne  cette haine du corps longtemps prônée par la tradition religieuse, notamment dans la glorification du martyre  .

Le regard que Jésus pose sur sa propre existence et sur l’humanité ne peut qu’être souligné , il est celui d’un sage plein de lucidité .

Comme vous l’avez compris , j’ai beaucoup aimé ce roman , je trouve que l’auteure a parfaitement réussi à éviter certains pièges et l’aspect philosophique de ses propos est un plus dans ce roman .

Quelques autres extraits :

“ Il n’y a pas d’art plus grand que celui de vivre “

“  L’amour universel est un acte de générosité qui suppose une lucidité douloureuse.”

“L’amour concentre la certitude et le doute : on est sûr d’être aimé autant qu’on en doute, non pas tour à tour, mais en une simultanéité déconcertante.”


J’ai lu

Je m’aperçois que j’ai énormément de retard à vous parler des livres que j’ai lus dernièrement. Je vais donc essayer de le rattraper  ce mois de janvier .

Tout d’abord  avec le roman de Gilles Legardinier “Pour un instant d’éternité”

 

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Gilles Legardinier nous propulse dans le Paris de la première exposition universelle et de la toute nouvelle tour Eiffel . Avec Vincent et son équipe il nous fait découvrir cet art de tromper , celui des portes dérobées et des cachettes invisibles installées dans les demeures . Le mystère est omniprésent dans cet ouvrage et l’intrigue remarquablement bien menée . J’ai beaucoup apprécié le soin apporté à être au plus près du réel tout en menant une histoire extraordinaire où les valeurs humaines sont  bien soulignées . Je vous assure que vous n’êtes pas près de lâcher ce roman ésotérico- historique de 576 pages .

  • Le prologue de l’auteur :

“ À ceux qui aujourd’hui se sentent étrangers dans ce monde ; à ceux qui doutent d’être capables de protéger les leurs face à l’avenir , qui se demandent vers quel espoir se tourner , je veux dire ceci :

Ne redoutez pas les temps qui s’annoncent , mais n’accepter rien sans juger . Selon votre cœur soyez prêts à servir ou à résister de toutes vos forces , jusqu’à combattre . N’ayez pas peur d’imaginer.Aucun chemin n’est interdit . Les plus beaux sont encore secrets, et le meilleur de notre âme est la seule clé qui libère les possibles “

  • Quelques extraits :

“L’intelligence de conception et l’excellence de réalisation doivent s’effacer au service de la fonction. C’est l’une des règles d’or de ce métier qui n’en est pas un.”

“Lorsque Vincent se tourne vers la capitale, il peut oublier que Montmartre est en train de muer. Face à lui, la ville scintille, sous la domination de la tour Eiffel dont le sommet brille de mille feux. Ses projecteurs géants lancent leurs faisceaux partout alentour. On raconte qu’elle est si haute que, par temps clair, on peut l’apercevoir depuis la province. Certains ont même protesté, de peur que son phare ne trompe les bateaux venus d’Angleterre.
Les murs inachevés du Sacré-Cœur renvoient soudain l’écho d’une course. Vincent se retourne et aperçoit Henri qui arrive en cavalant, hors d’haleine.
— Eh bien, pourquoi cours-tu comme ça ? Des ennuis ?
— Non ! J’ai entendu les explosions ! Je veux voir les feux d’artifice.

“Vincent est trop concentré pour avoir le loisir de s’inquiéter. D’ailleurs, à ses yeux, cette mise à l’épreuve n’est finalement qu’un jeu. Il risque sa vie, mais cela lui importe peu. Il n’ignore plus la fragilité de l’existence. Il sait à quel point, lorsque tout s’accélère, penser au futur ne sert à rien. Il faut ressentir l’instant, s’y consacrer entièrement sans songer à rien d’autre, en pariant qu’il y aura un après. Vivre, c’est se relever en permanence des minutes qui précèdent le présent. Il a eu l’occasion de l’apprendre.
Ce qui se joue se résume à une banale partie de cache-cache, comme celles qu’il affectionnait tant lorsque sa vie était encore simple. Ce soir, il bénéficie toutefois d’une cachette beaucoup plus sophistiquée et d’adversaires nettement moins amicaux.”


Un bruit de balançoire

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Avec ce livre composé de lettres adressées à sa mère , à un forestier, à son âme , à un nuage , à Ryokan et à bien d’autres encore Christian Bobin nous fait toucher du doigt le bonheur du simple et du quotidien . Une écriture  lumière qui chasse la pénombre. Je me suis laissée emporter  par la poésie omniprésente,  loin de ce que l’auteur appelle les tambours modernes, qui ne véhiculent que du désenchantement, des railleries et nihilismes . Je vous  conseille vivement ce recueil, une vraie bouffée d’oxygène .

  • La quatrième de couverture :

“ Les livres sont des âmes , les librairies des points d’eau dans le désert du monde”

 

  • Quelques extraits :

“Ils sont partout sauf en eux , ces gens qui font le tour du monde . Le plus long voyage que j’ai fait , c’était dans les yeux d’un chat. Les bêtes sont des anges . Leur silence est proche de celui des livres . Leur silence est de l’encre . Il porte une tunique de papier , une ceinture d’encre . Il entre dans notre cœur et il parle . De l’intérieur de nous . Sans mots. Les livres qui n’ont pas cette grâce ne sont que marchandises , pesanteur et poison. Les livres _ anges, les livres _ animaux s’endorment   une joue plaquée contre la paroi intérieure de notre cœur .”

“La vie est ce jeu où il s’agit de s’approcher au plus près de soi sans s’en apercevoir”

“La vie écrit au crayon . La mort passe la gomme . Le poème se souvient . Personne n’a meilleur mémoire qu’un poème .”

“Lové dans son carton pourri sur le seuil, le chat dort dans un luxe que les marchands ne savent offrir. Une patte déborde du carton . Elles est abandonnée à Dieu .”

 

“Les oiseaux dans la forêt récitent la liste des saints que nous ne sommes pas . La langue du chat brasse l’eau et la lune dans le bol . Les feuilles d’automne savent mon prénom.Il éclate sous mes pas . Quelqu’un dans les ténèbres nous appelle sans nous contraindre , ne nous demande rien sinon un sourire . La vie est terrible mais comment lui en vouloir ? Je lui souris comme la fleur fleurit et comme le nuage passe pour rien . Pour l’amour du très précieux et très noble rien.”

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Le lambeau

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Voilà plusieurs mois que j’avais réservé ce roman de Philippe Lançon à la médiathèque , j’ai enfin pu le lire et ma patience a été bien récompensée .

Un vrai chef d’œuvre où l’auteur raconte d’abord  l’attaque dont il a été victime le 7 janvier 2015 mais  surtout comment cet attentat va le changer définitivement . Une analyse des plus  fines et bouleversante de toutes les émotions et les souffrances qui le traversent , de tout ce qui désormais fait partie de cette vie hospitalière ,  les épreuves quotidiennes des soins mais aussi le réconfort que lui apportent ses amis , les soignants,  la littérature qui l’accompagne jusqu’au  bloc ainsi que  la musique .  J’avoue avoir été subjuguée par la justesse et la sincérité  de cette mise à nu de l’auteur tout au long de ces 500 pages . Rien de racoleur , de voyeur, ni de rébarbatif dans cet écrit qui nous montre les différentes phases de la réparation  du  corps, du  temps, de  la mémoire  de ce patient particulier, une reconstruction passant par 17 interventions chirurgicales à l’hôpital de la Salpetrière et 7 mois de rééducation à l’hôpital des Invalides  . J’ai vraiment apprécié  le  formidable message de confiance en notre système de santé, dans la compétence et le dévouement des soignants même si la peur n’est jamais écartée et toutes les références littéraires partagées par l’auteur à travers son ressenti .

Un livre poignant,  plein d’humanité et de foi en la vie d’un homme  dont la force et le courage ne sont plus à démontrer .

 

La quatrième de couverture :

Lambeau, subst. masc.

1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.

2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).

3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338). (Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).

 

Quelques extraits :

_ L’humilité que lui imposait son métier n’avait pas été détruite par le pouvoir qu’on avait fini par lui accorder. Son humour un peu hautain, très direct, la protégeait des autres mais aussi, dans une certaine mesure, d’elle-même. Elle attendait d’eux beaucoup, trop sans doute, mais finalement moins que ce qu’elle exigeait de ses propres forces.
Elle connaissait sa valeur et n’était pas économe de son mépris. Elle connaissait sa folie et n’était pas économe de sa raison. Elle connaissait sa dureté et n’était pas économe de son attention ni même de sa tendresse – à certaines heures, en tout cas, et sans témoins. Elle avait donné sa vie à la chirurgie, mais sans le proclamer : sa détestation de l’emphase et de la sentimentalité était immédiatement perceptible .

_ Quand, par exemple, il écrivait : « Rien n’est plus douloureux que cette opposition entre l’altération des êtres et la fixité du souvenir, quand nous comprenons que ce qui a gardé tant de fraîcheur dans notre mémoire n’en peut plus avoir dans la vie », je croyais vivre l’inverse. Pour moi, rien n’était plus douloureux que l’opposition entre la permanence des êtres – tous ceux qui me rendaient visite et semblaient fixés à jamais dans les jours précédant le 7 janvier – et la fragilité du souvenir, quand je sentais que ce qui avait tant de fraîcheur dans la vie, et tant de férocité, n’en avait plus dans la mémoire. Je ne vivais ni le temps perdu, ni le temps retrouvé ; je vivais le temps interrompu. Pour l’amitié, c’était pareil.

_ Je l’ai écouté avec soulagement, fier d’être muet. Quand on se tait, on sonne juste.

_ Il m’avait fallu atterrir en cet endroit, dans cet état […] pour sentir ce que j’avais lu cent fois chez des auteurs sans tout à fait le comprendre : écrire est la meilleure manière de sortir de soi-même, quand bien même ne parlerait-on de rien d’autre que de soi.

_Le nerf qui me reliait au jugement semblait coupé de la même façon que celui qui me reliait à la mémoire : je voyais comment j’aurais pu juger, selon quels critères mais l’envie de le faire avait disparu 


Gravé dans le sable

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Voilà un bon moment que je ne vous ai pas parlé d’un livre que j’ai apprécié , aujourd’hui c’est avec “ Gravé dans le sable” de Michel Bussi que je renoue avec ce partage.

Tout d’abord la quatrième de couverture :

 Quel est le prix d’une vie ? Quand on s’appelle Lucky, qu’on a la chance du diable, alors peut-être la mort n’est-elle qu’un défi. Un jeu. Ils étaient cent quatre-vingt-huit soldats sur la péniche en ce jour de juin 1944. Et Lucky a misé sa vie contre une hypothétique fortune. Alice, sa fiancée, sublime et résolue, n’a plus rien à perdre lorsque vingt ans plus tard, elle apprend l’incroyable pacte conclu par Lucky quelques heures avant le Débarquement. De la Normandie aux Etats-Unis, elle se lance à la quête de la vérité et des témoins… au risque de réveiller les démons du passé.

Un certain nombre de destins vont se croiser dans ce roman qui est une réédition d’un tout premier ouvrage  écrit il y a vingt ans et appelé “l’Ardoise” puis “Omaha crimes” .  Michel Bussi tient  à nous préciser au début du livre comment l’idée lui est venue, persuadé qu’il était après avoir vu “le jour le plus long au cinéma” que les rangers américains partaient à l’assaut de la falaise selon un ordre préétabli par un lieutenant .

Nous voici donc en juin 44 sur les plages normandes  à un endroit bien précis la pointe Guillaume où les rangers devaient escalader la falaise . Pour les premiers tirés au sort , un suicide programmé . Page après page nous découvrons tous les aspects de la nature humaine , ses travers comme ses forces par le biais de tous les personnages du roman, Alice  la fiancée de Lucky, Oscar Carlington, Alan, Lison ….( je mets volontairement des points de suspension ne voulant pas vous donner trop d’indices ). 

Une intrigue menée de main de maitre avec des rebondissements comme sait si bien le faire Michel Bussi qui vous incitera à ne pas fermer le livre avant d’arriver à la fin .

Quelques extraits :

“ Réduire au minimum les pertes humaines.
Ça sent l’idée à la con ! avait aussitôt pensé Oscar Arlington.
Et c’était bien une idée à la con. Plutôt que le commando entier aille se faire mitrailler en se ruant vers le mur de béton, l’idée de Dean et des gradés était d’envoyer seulement certains rangers, un par un, avec pour mission d’amener l’explosif jusqu’au mur […]. Certains rangers, avait-il dit.
Qui ?
C’était cela le plus sadique dans leur idée : « On allait tirer au sort ! » On mettrait 188 papiers dans un casque, avec 188 numéros, de 1 à 188. Celui qui tirerait le numéro 1 irait en premier, et ainsi de suite… C’est la solution la plus juste, avait cru bon d’ajouter Dean, qui lui, bien sûr, ne participait pas au tirage – celle qui épargnera le plus de vies. […]
Un jeune s’avança, il tira le 121. Un autre, celui que tout le régiment appelait « la Branlette », s’avança à son tour, il tira le 69 ; tout le monde éclata de rire. Quelle ambiance dans les péniches, pensait Oscar, putain, peut-être qu’il vaudrait mieux y rester, sur la plage, plutôt que de supporter ces bovidés jusqu’à Paris.

“On ne peut réaliser des actes exceptionnels que dans des circonstances exceptionnelles, et c’est dans ces instants particuliers où le monde bascule que les véritables héros doivent se résigner à enlever leur masque de gens comme tout le monde.”

“Le hasard avait transformé ce trou perdu de Château-le-Diable en un rivage où se joue le destin de l’humanité et où les héros viennent s’échouer, à deux pas de son royaume…”

“Va chercher ta médaille, mon fils !

Maman, même si tu ne peux pas soupçonner l’ordure qu’est ton fils, tu devrais au moins te rendre compte qu’il n’a pas la carrure d’un héros. Tu devrais le savoir, maman, c’est tout de même à cause de ton cocon que je suis resté une larve, c’est tout de même à cause de ton ombre que je me suis fané si tôt.”

“Etre protégé par un ange n’empêche pas de vendre sa vie au diable.”


Complètement cramé

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Voilà bien longtemps que je ne vous ai pas parlé de livre , aujourd’hui je reprends cette rubrique avec le roman de Gilles Legardinier “ Complètement cramé “ .

Déjà la couverture m’attirait irrésistiblement mais j’ai surtout sauté le pas pour voir quelle autre facette de cet auteur nous était livrée dans ce livre ( je n’ai lu qu’un thriller jusqu’à présent de lui)

Voyons l’histoire :

Arrivé à un âge où presque tous ceux qu’il aimait sont loin ou disparus , Andrew Blake n’a même plus le cœur à orchestrer ses blagues légendaires avec son vieux complice , Richard. Sur un coup de tête il décide de quitter la direction de sa petite entreprise anglaise pour se faire engager comme majordome en France, pays où il avait rencontré sa femme.Là bas personne ne sait qui il est vraiment, et cela lui va très bien .

Mais en débarquant au domaine de Beauvillier, rien ne se passe comme prévu…Entre Nathalie sa patronne veuve aux étranges emplois du temps; Odile la cuisinière au caractère aussi explosif que ses petits secrets; Manon jeune femme de ménage perdue; Philippe , le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc , et même l’impressionnant Méphisto , Andrew ne va plus avoir le choix . Lui qui croyait sa vie derrière lui vaa être obligé de tout recommencer …

J’ai vraiment aimé ce livre plein d’humanité, les portraits qu’il  peint de personnes qui nous touchent de près, avec chacun leur caractère et leurs blessures et cette dose d’humour qu’il instille avec beaucoup de talent . Je me suis très vite attachée à Andrew Blake à sa démarche de changement de vie, les péripéties qui en découlent et l’extraordinaire empathie qui émane de sa personne .  Un homme qui redonne confiance en l’humain avec des leçons de vie pleine d’enthousiasme .

Si vous avez le moral dans les chaussettes un conseil n’hésitez pas, c’est le livre qu’il vous faut .

Quelques passages :

  • “ Le calme du présent ouvrait un boulevard au passé . Comment gérer le flot de souvenirs et les sentiments qui remontaient ? Existe – t – il un âge à partir duquel on perd la faculté de ressentir ? Nos vies biologiques sont elles devenues si longues que, passée une limite , le cœur n’ayant plus d’espace à offrir au futur , n’existe plus que par ce qu’il a déjà éprouvé ? Toujours choisir , toujours trier  pour ne garder que l’essentiel . Existait – il un jour idéal qu’Andrew aurait voulu revivre ? “

  • “En France, vous faites moins cuire la viande qu’en Angleterre. Chez vous, tout est servi rouge, saignant à l’intérieur.

– Et chez vous, c’est de la semelle. C’est vous qui avez un problème avec la viande. Vous la faites toujours trop cuire. C’est un défaut historique. Regardez ce que vous avez fait à notre Jeanne d’Arc. Vous l’avez tellement cuite que vous l’avez brûlée!"

  • “-Dans la langue française, nous avons un truc que vous n’avez pas : c’est le tutoiement. C’est très pratique. Les gens que vous n’aimez pas trop, vous leur dites "vous" et ça reste poli. Par contre, ceux que vous aimez bien, votre famille, vos amis, vous pouvez leur dire "tu". C’est comme un petit cadeau, un signe distinctif qui montre votre proximité.

[…]

-J’ai toujours trouvé surprenant que dans votre démocratie, dont même la devise donne tant d’importance à l’égalité, il existe cette distinction, cette sélection, alors que dans notre monarchie qui se veut précisément hiérarchisée, on ne fait aucune différence, que l’on s’adresse au roi ou à un enfant.

[…]

-En fait, ce que je voulais dire, c’est qu’on pourrait peut-être se dire "tu"…

  • -Vous savez, mon père disait qu’il existe des personnes qui apparaissent dans votre vie comme des rayons de lumière et que d’autres sont comme des nuages. Pour notre petite famille, vous êtes un soleil.

-Votre père avait raison, mais je crois que nous sommes tous, tour à tour, nuage et rayon de lumière. Ce que vous dites m’honore et je vous en remercie. Mais quelle que soit la petite éclaircie que je représente pour Yanis, n’oubliez pas que pour lui, à jamais, vous êtes le ciel tout entier.

 


Lundi soleil

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Les  bibliothèques de Metz  ont édité un petit fascicule sur cette figure légendaire de la ville , un petit livret très bien documenté et illustré et qui était donné gracieusement à qui fréquente cet univers du livre il y a quelques années , je ne sais si c’est encore le cas .

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J’y ai découvert entre autres cette ritournelle qui comme le livre de Jean Morette nous rappelle la légende attachée à cette monstrueuse bête:

“ Il y a bien longtemps,

Je le sais par mère grand ,

Vivait dans notre pays ,

Un dragon appelé Graoully.

Il dévorait chaque matin,

Une douzaine de messins .

Dieu compatissant

Nous envoya saint Clément.

Celui ci prit son étole,

Il en fit un bon licol.

Puis la bête il emmena

Et dans la Seille il la noya.

A la cathédrale vous la verrez

Car elle y est bien empaillée.

Allez la voir , ne craignez rien :

Elle est sous la garde du sacristain.

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La légende du Graoully vue par Jean Morette 

Vous pouvez effectuer aussi un parcours sur les traces du Graoully grâce à ce petit livret et découvrir notamment celui de la rue Taison mais pas en ce moment car il est en réparation , il avait besoin de quelques soins pour se refaire une santeé , nous dvrions le retrouver l’année prochaine

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Lundi soleil

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Très intriguée par le titre de ce livre que j’ai découvert au musée de l’imagerie à Epinal j’ai voulu en savoir un peu plus sur lui .

Ce livre recense 600 mots de l’argot des métiers du livre , typographes , imprimeurs, papetiers, relieurs, maquettistes, éditeurs , libraires .

Beaucoup ont disparu mais certains ne sont pas passés à la trappe ,comme marbre, bouclage, enfant de la balle, ours , fantôme, coquille, bouquin, nègre…

Mais peut être vous demandez vous ce que signifie cette expression , j’y arrive :

Chier dans le cassetin aux apostrophes concerne la typographie , c’est démissionner de façon violente d’un atelier de composition.

D’autres expressions piochées dans le livre ne manquent pas non plus d’une certaine poésie :

les astiqueurs de virgule

Point d’admiration ( point d’exclamation )

avoir une araignée dans la coloquinte ( émettre des idées bizarres pour un typographe )

les attrape – sciences ( apprentis)


Lundi soleil

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Avec ce premier lundi du mois d’aout la page du bleu se tourne pour ouvrir celle du nouveau thème les livres .

Tout d’abord quelques livres piochés dans la bibliothèque pour la photo

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 Et le dernier livre lu cette semaine , j’ai un retard phénoménal sur les billets consacrés à la lecture mais je tenais quand même à parler de ce roman d’Amélie Nothomb

Saturnine est une jeune belge de 25 ans qui arrive à Paris. Elle répond à une annonce pour une colocation dans un sublime appartement en plein Paris. Le maître des lieux est un grand d’Espagne : Don Elemirio Nibal y Milcar. On apprend rapidement par l’une des candidates, que les huit dernières colocataires de l’espagnol ont mystérieusement disparues. A peine Saturnine arrive-t-elle devant le noble propriétaire qu’elle est immédiatement choisie pour devenir la neuvième femme à partager ses appartements. Toutefois, une mise en garde s’impose, car comme dans le conte d’origine, le bon déroulement de la colocation repose sur une condition primordiale pour Don Elemirio qui lui interdit l’accès à l’une des pièces de l’appartement. Le droit au secret s’impose rapidement comme l’objet principal de ce roman .

Voilà un petit moment que je n’avais pas renoué avec l’auteure et là je dois dire que je n’ai pas regretté de l’avoir fait  avec ce roman qui revisite le conte de Perrault . Un huis – clos mené de main de maitre où la religion et la métaphysique ont une place de choix . La joute verbale entre les deux personnages est  particulièrement exquise . Je retrouve avec grand plaisir son  style épuré et cette atmosphère si  savoureuse oscillant entre humour et suspense. 

Quelques extraits :

 

“Tomber amoureux est le phénomène le plus mystérieux de l’univers. Ceux qui aiment au premier regard vivent la version la moins inexplicable du miracle : s’ils n’aimaient pas auparavant, c’est parce qu’ils ignoraient l’existence de l’autre. Le coup de foudre à retardement est le plus gigantesque défi à la raison."

“ L’œuvre a besoin du mystère de l’attente . Il est bon quand on crée de ne pas nier le temps”

“Je me réjouis que ces amours ne m’aient pas laissé indemne. Je chéris ces séquelles. Non seulement elles ne m’empêchent pas d’aimer à nouveau, mais elles nourrissent mon amour pour vous. C’est la grâce du deuil. “


Le petit jeu de lettres

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Pour le petit jeu de lettres de Lady Marianne un clic sur le tableau .

le mot le plus long à trouver avec les lettres A A E I O G M N N P R R T est :

Germanopratin : gentilé de St Germain des Prés.

Les anagrammes sont soulignées dans le texte .

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Vendredi 20 avril 1787 , sur la route de Paris à Strasbourg la diligence s’embourbe peu après Dombasle -  en -  Argonne . Empoignant son fouet le postillon  a beau faire , les roues restent bloquées dans l’ornière . Les passagers sont priés de descendre , les hommes invités à porter assistance en unissant leurs forces mais l’effort commun reste inopérant , la voiture ne veut rien savoir . Morigénant  le cocher à la tête de la manœuvre, Rose  une des passagères  lui fait remarquer que les chevaux ont peut être besoin de manger pour s’extirper de la fondrière .  Loin de se ranger à cette opinion , l’homme rétorque qu’ils ont eu une ration d’avoine suffisante avant de partir.  Elle insiste en notant l’œil triste de l’un d’entre eux  et s’approche pour le caresser. Celui – ci  réagit immédiatement en s’offrant la marguerite du beau chapeau de paille de Rose  qu’elle récupère non sans avoir tiré de toutes ses forces dessus et chuté par terre . Ainsi commence l’épopée des personnages du roman historique d’Anne Villemin – Sicherman , “l’abbé Grégoire s’en mêle” .

Je ne continuerai  pas plus loin la narration  pour vous laisser intact le plaisir de la découverte mais je vous  conseille vivement la lecture de cette nouvelle enquête d’Augustin Duroch, artiste vétérinaire,   qui nous  plonge au cœur de la vie quotidienne sous l’ancien régime dans notre région et à Paris ( Par contre je ne crois pas avoir rencontré de Germanopratin ) .  Un livre qui mérite vraiment le prix historia qui lui a été décerné . Ne vous laissez pas impressionner par le nombre de pages, vous les dévorerez .

Je vous laisse lire la quatrième de couverture pour vous donner une idée de l’intrigue .

Le fonctionnaire Mendron est assassiné dans la diligence Paris-Metz. Les sept survivants ont interdiction de quitter la ville. L’artiste vétérinaire, Augustin Duroch, réputé pour sa rigueur scientifique, constate un empoisonnement. Lequel des sept voyageurs est l’assassin ? Augustin découvre que Mendron devait rejoindre secrètement Calonne, ancien ministre des Finances de Louis XVI, exilé dans son château d’Hannonville.
Pendant ce temps, à Paris, les calomnies colportées par l’entourage du roi ruinent peu à peu la réputation de Calonne et se propagent dans les provinces. Existerait-il un lien avec le sujet du concours de la Société royale des sciences et des arts de Metz : Est-il des moyens de rendre les juifs plus utiles et plus heureux en France ? L’abbé Grégoire, proche de l’un des voyageurs de la diligence du crime, réussira-t-il à mener à bien la rédaction de son mémoire ? Deux autres passagers décèdent dans des conditions suspectes et lui aussi semble menacé.
L’aide inattendue d’Eléonore et celle de l’ancien talmudiste Hourwitz, rompu à d’antiques et mystérieux raisonnements, suffiront-elles à la manifestation de la vérité ?


Quand nous partageons nos possibles

“Les métiers improbables”

Voilà un moment que je voulais vous parler de ce recueil qui a réuni 108 auteurs et illustrateurs. Initié par Quichottine (clic)  depuis 2011 avec  les anthologies éphémères ( clic ), ce rendez – vous avec l’écriture  aboutit à une sixième  anthologie avec ce livre de 2019.  Il est publié au bénéfice de l’Association Rêves qui permet de réaliser ceux des enfants et adolescents malades .

Métiers improbables

Si vous voulez découvrir le déguirbouleur de sapins de Noël, la correctrice de copie blanche , l’écouteuse, la détricoteuse de pull, les faux airs d’emploi, le balayeur de rêves les calineurs d’arbres, le conseiller styliste auprès des araignées, le coupeur de sifflet, la brodeuse de mots, le colorieur d’idées noires, le chargé de missions incertaines, la brodeuse d’éphémère, la pêcheuse de lumière, la brodeuse d’écailles,  la ravaudeuse d’émotions , le collectionneur de silences ,  GrandMa, le facilitateur de neurones, le tintinabullier, et bien d’autres encore  (la liste est impressionnante je crois qu’elle atteint la centaine de métiers )  n’hésitez pas

Métiers improbables

vous pouvez vous le procurer chez BookEdition en cliquant ici  ou sur l’image, vous contribuerez ainsi à réaliser le rêve d’un enfant malade .

Je viens de recevoir le recueil et autant vous dire que je me régale en découvrant tous ces métiers .

Un grand merci à Quichottine pour son investissement de tous les instants .

 


J’ai du rêver trop fort

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“J’ai du rêver trop fort” Je viens de terminer ce livre de Michel Bussi . Comme d’habitude j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher avant d’avoir fini . Je vous livre la quatrième de couverture avant de vous donner mon avis .

“ Les plus belles histoires d’amour ne meurent jamais .Elles continuent de vivre dans nos souvenirs et les coïncidences cruelles que notre esprit invente . Mais quand pour Nathy ces coïncidences deviennent trop nombreuses , doit – elle croire qu’il n’y a pas de hasard , seulement des rendez –vous ? Qui joue à lui faire revivre cette parenthèse passionnelle qui a failli balayer sa vie ?

Quand passé et présent se répètent au point de défier toute explication rationnelle , Nathy doit – elle admettre qu’on peut remonter le temps ?”

Deux époques en perpétuelle juxtaposition 1999 et 2019  dans ce roman qui vont nous amener à nous poser très rapidement des questions, comme Nathy , cette hôtesse de l’air de 33 ans ayant vécu un amour passion avec un guitariste de talent. Le suspens s’installe quand  20 ans après elle se retrouve  constamment confrontée au passé .

L’intrigue est très bien menée par l’auteur car  il a l’art de nous emmener dans la mauvaise direction et de nous manipuler à sa guise .

Emotion et poésie sont au rendez – vous et se mélangent en un cocktail parfait avec l’intrigue ,  je n’en voudrais pour preuve que cet extrait  :

Quand nos bouquets d’été , hier,

seront les fleurs séchées des théières

Quand le feu de nos nuits insolentes

ne seront qu’insomnies lentes

Quand le jeu des matins de grâce ,

ne seront que matinées grasses

Quand la faim de nos toujours ,

ne seront plus que jours sans fin

Que restera – t – il de demain ?

**

Quand nos sens seront interdits

Honnis , bannis, de nos mi-nuits

Quand nos volets seront maudits

Quand nos mots –dits seront volés ,

Que va – t – il nous rester ?

**

Pour retrouver l’intégralité de ce poème et toute l’intrigue du roman, je ne vous conseille qu’une chose,  jetez vous vite sur le livre .

 


Le petit jeu de lettres

LE PETIT JEU DE LETTRES 209-

Pour le petit jeu de lettres de Lady Marianne un clic sur le tableau

Le mot à trouver : méphistophélique : personne habile, froidement ironique , méchante

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Il y a plus d’une personne méphistophélique dans ce roman de Kate Mosse “ la fille du taxidermiste “ que je viens de terminer. Mais je ne vous donnerai pas de piste tout de suite pour ne pas perturber votre lecture . Je me contenterai de vous présenter la quatrième de couverture et mon avis sur le roman  .

Sussex 1912. À vingt deux – ans  Connie Gifford vit avec son père dans la la bâtisse qui hébergeait autrefois un célèbre musée de taxidermie . Désormais les oiseaux empaillés ornant les salons des maisons bourgeoises  sont passés de mode et les raisons de la fermeture du musée tenu par la famille Gifford restent mystérieuses . Connie a perdu la mémoire après un accident et ne garde aucun souvenir de cette époque .

Lorsque le cadavre d’une femme est découvert dans un ruisseau derrière la propriété des Gifford le passé ressurgit . Connie met tout en œuvre pour démasquer les coupables et dévoiler les secrets de ces années oubliées .

Grâce à Connie vous allez découvrir la poésie fascinante de la taxidermie , l’art de jouer avec les épithéliums pour redonner vie à tout ce qui porte plumes , du pipit des arbres à la huppe gracieuse , de la mésange au choucas de nos contrées. Vous verrez comment  à l’aide d’outils adéquats elle débarrasse la peau de toute trace septique pouvant engendrer des odeurs méphitiques et comment l’oiseau renait littéralement entre ses mains. Vous serez plongés aussi dans  cette Angleterre rurale à l’époque victorienne au moment des grandes marées avec un temps hostile jusqu’à l’ultime dénouement .

Le rythme qu’impulse l’auteur  est particulièrement prenant , il est difficile de se détacher de cette quête de vérité de Connie. La pelote des évènements passés se déroule petit à petit. La tension elle aussi s’installe progressivement avec l’imminence d’une catastrophe qui s’impose sans qu’on sache quand elle va avoir lieu .

Je ne connaissais pas du tout cette auteure que certains comparent à Daphné Du Maurier, si l’impression de lenteur peut au départ surprendre, elle devient un atout très rapidement pour créer l’atmosphère du récit . Un livre que je vous conseille, pour le nombre d’étoiles c’est vous qui voyez .


Le chœur des femmes

 

 

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“Je m’appelle Jean Atwood . Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique . Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France . Mais on m’oblige au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de “Médecine de la femme “ dirigée par un barbu mal dégrossi qui n’est même pas gynécologue , mais généraliste !

S’’il s’imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement . Qu’est ce qu’il croit ? Qu’il va m’enseigner mon métier ? J’ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer , réparer et reconstruire le corps féminin . Alors je ne peux pas – je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie . Je ne vois pas ce qu’elles pourraient m’apprendre “

Après la lecture de la quatrième de couverture, on s’attend à ce que l’histoire tourne vite court entre le docteur Karma, responsable de cette unité et la jeune interne, mais il en sera autrement . Progressivement Jean va se rendre compte de l’importance de la parole des patientes sur la façon d’exercer son métier . Elle apprend à écouter les peurs , les maux , les questions de ses patientes .

Un livre qui nous révèle une pratique respectueuse, humaine, de la médecine qu’on voudrait retrouver personnellement mais qui dénonce aussi certaines autres pratiques comme la main mise des laboratoires sur les praticiens, l’arrogance de certains médecins, leur éthique parfois douteuse avec un interventionnisme forcené .

J’ai beaucoup aimé ce livre émaillé de témoignages émouvants , de nombreux sujets y sont abordés notamment la contraception, l’IVG, l’intersexuation et surtout la relation médecin patient. Je regrette seulement que le docteur Karma n’est pas fait plus d’émules .

Quelques citations :

“Les livres de médecine ne parlent pas des douleurs provoquées par les gestes des médecins. Et beaucoup de médecins pensent que si c’est pour le bien des patientes, la douleur est justifiée. Aucune douleur n’est justifiée. Jamais."

“ Il y a deux sortes de médecins les docteurs et les soignants “  

“Ce qu’une femme ressent est plus important que ce que tu sais. Et ce que tu crois compte beaucoup moins que ce qu’elle ne dit pas.”

“Les médecins qui veulent le pouvoir font tout pour l’obtenir. Ceux qui veulent soigner font tout pour s’en éloigner.”

“Dans ce métier, on doit ouvrir son coeur à celles qui ont mal pour leur montrer qu’on les soutient, et le fermer à celles qui nous font du bien pour éviter de les vampiriser.
Plus masochiste que ça, tu meurs”

“ Une relation de soins ce n’est pas un rapport de force “


Vous avez dit Orval

Un courrier récent et la visite de la nouvelle médiathèque de Metz ( où l’on peut emprunter ces ouvrages) m’ont incitée à rediffuser ce billet qui date de 2010 ,  que peut être la plupart d’entre vous n’ont pas lu .

J’ai rajouté un lien vers un site qui développe cette légende d’Orval , je vous invite donc particulièrement à cliquer ici

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Souvenez – vous  l’été dernier  de mon incursion en Belgique , avant de nous installer à Han sur Lesse nous sommes passés par l’abbaye d’ Orval . La lecture de la bande dessinée de Jean – Claude Servais et la parution du tome 2 m’incitent aujourd’hui à revenir sur l’esprit d’Orval.

La bière d’Orval n’a plus aucun secret pour vous ? Ok, mais si la couleur ambrée et l’arome intense de ce breuvage, confectionnée avec l’eau de la fontaine Mathilde, vous est familière , l’histoire du trésor de l’abbaye vous est peut être encore inconnue. Quelques rappels historiques pour vous mettre dans l’ambiance .

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L’église, dont les travaux se sont achevés vers 1124, s’inscrit dans un domaine qui ne tarde pas à s’agrandir pour couvrir 7000 hectares, 130 moines y vivent . Mais la révolution française arrive sur place et les troupes du général Loison, après avoir pillé méthodiquement les lieux, incendient l’édifice . En 1926 un nouveau monastère est construit qui intègre les ruines de l’ancienne abbaye .

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Mais quid de la légende qui perdure à propos d’Orval ?  . Encore une petite remontée dans le temps ,  le 20 juin 1791 la famille royale s’échappe des Tuileries espérant atteindre Montmédy où l’attend le marquis de Bouillé. Seulement voilà, du coté de Varennes, l’entreprise échoue . Marie Antoinette a emporté ses bijoux et, mystère, on n’a jamais retrouvé ceux-ci . On sait que le coiffeur de la reine est parti en éclaireur pour Montmédy, a – t – il mis le magot à l’abri à Orval ? ou bien s’en est il débarrassé à Montmédy ? Certains prétendent que ce trésor aurait été découvert et aurait financé la construction de la nouvelle abbaye. .

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Toujours est – il que la légende perdure à Orval ( des trous dans les murs et les souterrains sont encore visibles dans les ruines) et cette histoire a inspiré à Jean Claude Servais deux albums magnifiques. Je vous laisse en sa compagnie en cliquant sur  Orval.

Orval


Lundi Soleil

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Pour lundi soleil de Bernieshoot  un clic sur le logo .

Pour ce dernier lundi de septembre  ayant pour thème  les chats,  je vous propose de les retrouver dans ce  livre présenté par Babouche  .

Les chats comment nous perçoivent – t – ils ? Vous allez le découvrir en lisant ce roman “ Demain les chats”. C’est l’histoire de Bastet et Pythagore, deux chats  qui vont vivre  la destruction de Paris par des fanatiques religieux et l’invasion de la ville par les rats. Ils vont devoir se mobiliser  pour sauver l’humanité. Pour lire le billet que je lui avais consacré il y a un an un clic ici .

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à moins que vous préfériez les chats  d’Alain Sechas , œuvre intitulée hommage à Jacques Lacan 2001, que j’avais pu photographier à l’hôpital de Mercy lors d’une exposition temporaire . 

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Bon lundi à vous toutes et tous


Actualisation pour les anthologies éphémères

Pour faciliter le travail de Quichottine ( clic)et pour que les lecteurs ne tombent pas sur des pages vides en allant sur les liens , Quichottine est en train de tout actualiser , si vous avez changé d’adresse de blog depuis l’une des parutions merci de lui faire savoir . Un clic sur l’image ci dessous ou sur son prénom.

Voilà ce qu’elle nous dit :

Cinq livres et plus d’une centaine de participants, dont certains ont changé d’adresse électronique ou de blog.

Plusieurs liens inscrits dans ces livres n’existent plus, pour des raisons diverses, et je me dois de les tenir à jour, autant que faire se peut, afin que ceux qui cherchent à se mettre en relation avec les uns ou les autres ne tombent pas sur des pages vides ou, pire, sur des sites marchands qui n’ont fait que reprendre l’adresse inutilisée.

J’ai commencé à faire le tour mais ce n’est pas toujours facile, d’autant que j’ai dû m’éloigner de la Toile un peu trop longtemps.

Normalement, les participants de nos Anthologies, ne sont pas venus par hasard, de nulle part.

La plupart du temps, il s’agissait de personnes qui connaissaient mon blog, mais pas seulement.

Le bouche à oreille à fonctionné… enfin, le blog à blog.

Les amis de vos amis étaient aussi concernés, avaient envie de participer, touchés par l’action entreprise, son but à atteindre.

Qui ne voudrait pas aider à la réalisation d’un rêve d’enfant… surtout s’il est gravement malade ?

Il me faut donc faire appel à vous, pour relayer l’article paru sur le blog concerné.

Il ne s’agit pas de me faire de la pub, juste de m’aider à l’actualiser, à corriger les manuscrits des livres encore en vente, afin que ce soit fait le mieux possible dans l’intérêt de tous.


Couleurs de l’incendie

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Pour l’atelier 15 d’Arlette un clic sur le logo

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Je ne vous cacherai pas plus longtemps, non pas ma bonne humeur due à la disparition momentanée de cette horrible fournaise et la possibilité enfin de se vêtir sans surchauffe , mais que j’ai vraiment adoré ce deuxième volet de la trilogie de Pierre Lemaitre “Couleurs de l’incendie” . J’ai pris la précaution de le réserver à la bibliothèque depuis un certain temps, car je me doutais bien qu’il serait à la hauteur du premier volet “ Au revoir là haut “ ( prix Goncourt 2013). Aussi vais – je  prendre le temps , sans errer d’une pièce à l’autre  pour trouver le meilleur endroit où s’installer  , de vous parler de ce roman de 535 pages qui se dévore d’un bout à l’autre sans aucun temps mort . L’art du récit cet auteur le maitrise à la perfection, comme vous avez déjà pu vous en apercevoir si vous avez lu “ Au revoir là – haut “,  vous êtes embarqués d’emblée dans un tempo endiablé .

J’ai le sentiment que comme moi, vous  trouverez certaines similitudes entre  la décennie 1930 et notre époque actuelle,  notamment avec les technocrates grands patrons et industriels d’aujourd’hui vantant l’entreprise, et aussi avec la politique de l’ évasion fiscale  . Comme dit Pierre Lemaitre :

“ Le romanesque amène le lecteur à s’interroger. Une espèce de machine à décrypter le réel . Ce que je veux, c’est faire jubiler le lecteur qui peut se dire “ Ah déjà à cette époque là …“ 

Rien de tel que la quatrième de couverture du livre pour vous donner une idée de ce qu’il contient .

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

“…Madeleine n’était qu’une boule de rancune, animée par une vengeance froide. Inhumaine. " la rébellion de cette héritière de la Maison Péricourt  face à ces hommes perfides , corrompus qui l’ont trahie sera phénoménale .

Comme d’habitude chez Pierre Lemaitre , le caractère des personnages est dépeint avec beaucoup de talent, il cisèle à la perfection les multiples facettes du pervers au machiavélisme implacable, tout comme aussi ces portraits de femmes toutes différentes mais unies dans l’asservissement qu’elles supportent dans ces années 30 où elles n’ont ni le droit de voter , ni de signer un chèque .

Les dialogues sont truculents , l’humour de l’auteur toujours instillé avec beaucoup d’à propos . Il manie  l’ironie avec beaucoup de talent , le constat de Charles ( l’oncle de Madeleine ) sur ses filles est  saisissant

“ Il pensait que son épouse, Hortense, n’aimait pas assez les hommes pour faire des garçons. Il avait deux filles montées en graine, aux jambes maigres, aux genoux cagneux et à l’acné épanouie, qui pouffaient de rire en permanence, ce qui les contraignait à masquer avec la main la denture épouvantable qui faisait le désespoir de leurs parents ; on aurait dit qu’à leur naissance, un dieu démoralisé avait balancé à chacune une poignée de dents dans la bouche, les dentistes étaient consternés ; sauf à tout éradiquer et à leur poser un râtelier dès la fin de leur croissance, elles étaient promises à vivre derrière un éventail toute leur vie.”

Je vous conseille donc vivement de ne pas vous effrayer en voyant la taille du livre  et d’entrer avec Pierre Lamaitre dans le fait historique réel de manière surprenante .

Autant vous dire que j’attends avec impatience le troisième volet de la trilogie .


Le pianiste blessé

LE PETIT JEU DE LETTRES - 168-

Pour le petit jeu de lettres de Lady Marianne un clic sur le tableau.

Le mot à trouver : silenciaire : dans l’antiquité romaine , officier qui faisait respecter le silence aux esclaves.  Se dit de religieux qui gardent le silence ,exemple les trappistes . Par extension gens qui gardent le silence .

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Ce mot de silenciaire fait écho au livre de Maria Ernestam que je viens de terminer . Un roman envoutant,   des mots ciselés à l’encre de l’ analyse des rapports humains , où l’amour et l’amitié côtoient les rêves et les promesses brisées .

“Parvient-on un jour à connaitre vraiment une personne, même parmi les êtres les plus aimés.. ?” Une sacrée question à laquelle nous confronte Marieke écrivaine qui s’apprête à envoyer un mail à son amie Véronica , professeur de musique , qu’elle n’a plus revue depuis dix ans . Mais ce n’est pas la seule posée dans ce livre :

Pourquoi Klara a – t – elle gardé le silence sur tout un pan de sa vie ?  Quels sont ses liens avec les personnes présentes à son enterrement ? Véronica sa nièce et son amie d’enfance Marieke , entreprennent un voyage pour le découvrir .  Intriguées par l’abondance de visages inconnus aux obsèques de Klara ,elles veulent savoir qui elle retrouvait à Langkawi en Malaisie puis à San Francisco lorsqu’elle partait en vacances et quelle vie elle menait là – bas  . Lancées dans cette aventure, elles vont rencontrer James ce pianiste énigmatique du bar de l’hôtel de Langkawi . Il révèle les deux amies sous un nouveau jour et ainsi fait vaciller le passé . La tension monte entre les deux femmes , la crise devient inéluctable entre Marieke toujours dans l’ombre altruiste et la  séduisante et égocentrique Véronica , le côté sincère de l’amitié fortement remis en cause . Une série  de suspicions de mensonges relance  chez Marieke les souvenirs de réels questionnements quant à l’attitude de son amie . Alors que Véronica  renâcle à poursuivre cette enquête , Marieke  prend les rênes et partout où Klara a fait escale elle essaie de lever un peu plus le voile sur ce qui relie Klara aux personnes rencontrées .

Le récit de cette amitié brisée  permet aussi à l’auteur d’aborder le sujet de la création artistique,  de la vie de couple , de la mémoire .

Quelques extraits :

“Aujourd’hui, j’ai pris conscience que je n’y échapperai pas. si je ne te contacte pas, je traînerai toujours un sentiment de manque, alors même que ma vie est en réalité satisfaisante telle qu’elle est. Mais les blessures intérieures ne s’effacent pas. Au contraire elles s’aggravent.
Depuis notre voyage, je réfléchis à ce qui fait de nous les êtres que nous sommes. les gens sont tous tellement différents. Il y a ceux qui donnent et ceux qui prennent. ceux qui parlent et ceux qui se taisent. Ceux qui se mentent à eux-mêmes et mentent aux autres, et ceux qui essaient d’être sincères même lorsque c’est impossible. Ceux qui classent les individus en bons ou mauvais sans comprendre que tout le monde peut être à la fois l’un et l’autre, que chacun fait de son mieux.
Je me demande quel genre de personne je suis. Probablement un mélange de tout cela. ”

“A un moment ou à un autre, toute relation connait un tournant. Celui-ci se produit le plus souvent quand l’amour est devenu une habitude et une évidence. Lorsque nous ne comprenons pas que les rituels quotidiens, la fierté que l’on éprouve l’un pour l’autre et les petites attentions inaccoutumées que l’on se témoigne, sont des choses aussi belles et précieuses que les expériences sexuelles ou le champagne le plus coûteux.”

“ Je me dis qu’il ne faut jamais perdre la musique que l’on a un jour possédée. Ou bien les mots …where did he go ? …où est il allé ?

J’ai compris que nous sommes tous des accords brisés . Mais dans toute vie , il existe un son fondamental qu’il appartient à chacun de nous de trouver “