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souviens toi

Je viens de terminer “Souviens – toi du bus 96” , un roman   écrit par  Martine Martin – Cosquer que beaucoup d’entre vous connaissent grâce à son blog “ Quai des rimes

Comme d’habitude je commencerai par vous proposer la quatrième de couverture , c’est souvent ce qui m’incite à poursuivre l’aventure .

Adam, jeune policier scientifique et technique cherche l’amour sur un site de rencontres . Il mènera une expédition punitive qui le conduira de Paris aux Sables d’Olonne , puis à Nice dans un contexte du début du vingt et unième siècle marqué par les attentats et la pandémie . Il verra sa vie bouleversée par moult évènements. En sortira – t –il indemne ? Trouvera – t – il la femme de sa vie ? Parviendra – t –il à se libérer de l’amour intrusif de sa mère ? Suspens , émotion et humour sont au cœur de l’action pour permettre à Adam de suivre son destin .

Autant le dire de suite, j’ai  vraiment beaucoup aimé suivre Adam dans ses pérégrinations . Tout d’abord parceque ce jeune policier est très attachant et aussi parcequ’on se demande bien comment il va résoudre cette équation à plusieurs inconnues , celle de l’expédition punitive , de la recherche de l’âme sœur, de l’émancipation. La narration multiple m’a particulièrement plu, elle donne beaucoup de rythme au roman. Chaque personnage a sa propre histoire, même si Adam tient le rôle principal. La polyphonie en matière d’écriture n’est pas chose aisée mais je trouve que là c’est  réussi , car l’auteur a su éviter les pièges qui empêchent le roman d’être vivant.

J’ai beaucoup apprécié de me promener dans les différents endroits fréquentés par Adam, que ce soit aux Sables d’ Olonne ou à Nice . En ces temps de confinement cela fait un  bien  fou de voyager ! Un seul regret que les menus dégustés ne soient que virtuels .

L’auteur met en place  tous les leviers pour que le lecteur  reste scotché au roman . Peur , souffrance,  transformation, action, quête, dynamisme de la narration en sont quelques exemples.  C’est un très bon thriller qui jusqu’au bout nous tient en haleine et qui intègre des évènements que nous avons tous en mémoire.

Maintenant vous savez ce qu’il vous reste à faire, n’hésitez plus et bonne lecture  .

Quelques extraits :

  • Je m’appelle Adam Lafosse. Je suis né à Paris. J’ai 27 ans, l’âge qu’avait mon père Alain, quand il est mort accidentellement . Gendarme au GIGN, lors de la simulation de l’assaut d’un bâtiment de la marine nationale pris par des terroristes, il est tombé stupidement dans l’océan en se cognant auparavant à la coque du navire. Mourir au combat, pour un militaire lui vaut des funérailles nationales et la légion d’honneur à titre posthume . C’est une fierté immense pour sa famille. Mort à l’entrainement, papa a été enterré dans l’anonymat. J’avais quatre ans lors de son décès.

  • Si j’étais un objet , je serais une gomme pour effacer les souvenirs pénibles

   Si j’étais un métier , je serais coupeur de sifflet pour politicien menteur

  Si j’étais un paysage, je serais l’océan un jour de tempête.

  Si j’étais une qualité je serais l’’absence de défaut, donc si j’étais un défaut, je serais   la  vanité

  Si j’étais celle que je crois être, je ne t’aurais pas écrit cela.

  • La vie est un marathon où malgré les difficultés nous continuons à avancer en croyant à des jours heureux qu’on apprécie d’autant plus après .”

 

 


J’ai lu

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Quatrième de couverture :

Pourquoi Moïra , une jeune française, se retrouve – t – elle à Hong – Kong chez Ming , le géant chinois du numérique ?

Pourquoi, des le premier soir est elle abordée par la police ?

Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming, cache – t –il tant de secrets ?

Pourquoi Moïra se sent –t-elle en permanence suivie et espionnée ?

Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre , assassinats, accidents, suicides ?

Alors qu’elle démarre à peine sa mission, Moïra acquiert la conviction que la vérité qui l’attend au bout de la nuit sera plus effroyable que le plus terrifiant des cauchemars .

Un sujet d’actualité, l’intelligence artificielle dont s’empare Bernard Minier ,  extrêmement bien documenté sur ce sujet.  Nous découvrons  toute la palette des possibilités de l’IA pour le meilleur et pour le pire . Un thriller bien contemporain qui dépeint une société pas tellement éloignée de la notre en proie au diktat des réseaux sociaux , s’abreuvant de fake news et fanatique des objets connectés . Le tout se déroulant dans une ville à l’atmosphère pesante , Hong – Kong qui n’inspire vraiment pas confiance . Un dépaysement certes par rapport aux  aventures de Martin Servaz mais qui vaut vraiment la peine d’être envisagé avec ce roman .

Extraits :

“ Deus sera capable de te dire si tu dois sortir avec Pierre ou avec Jacques, parce qu’il saura que Jacques te fait rire alors que Pierre te rend triste, même si tu es plus attirée par Pierre que par Jacques. Il saura si tu dois travailler dans la banque ou dans l’informatique, si tu dois faire du vélo ou de la natation, si tu dois étudier le droit ou la médecine, si tu dois te marier ou pas – et tout ça pour des millions de questions que l’on se pose tous dans notre vis quotidienne, de l’adolescence à la mort, les dizaines de choix que l’on a à faire chaque jour: thé ou café? sport à la télé ou série? jean ou robe? Game of Thrones ou Doctor Who? accepter cet emploi ou en rechercher un autre? croire ta fille quand elle te dit qu’elle est malade ou l’envoyer à l’école?

Parce que Deus aura tout noté, jour après jour, et que, contrairement à toi, il n’oubliera rien."

“ Chacun sait que les gens mentent à leur entourage, à leur conjoint, à leurs amis et même à leur psy, mais qu’une fois seuls et connectés à leur moteur de recherche, ils tombent les masques. Les vérités qui émergent peu à peu du Big Data remettent en question nombre de nos connaissances”

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Quatrième de couverture

Europe, Moyen Orient, Afrique …

Cela devait être un voyage au bout de la liberté. Ce sera un aller simple pour la terreur .

Quel est le secret des cigognes ? Leur lien avec cette série de meurtres qui marquent leur migration ?

Louis Antioche, apprenti voyageur , découvrira tout à la fois : la beauté du monde et la cruauté de l’homme , les merveilles de la nature et les horreurs de l’âme humaine .

Jusqu’au secret de ses propres origines .

Avec ce roman vous allez voyager de Suisse jusqu’en Centrafrique en passant par l’Allemagne , la Bulgarie, et Israël avec les cigognes mais aussi  vous effectuerez un autre voyage beaucoup plus effrayant dans les noirceurs de l’âme humaine. Un livre  qui fait froid dans le dos tant certaines scènes décrites sont insoutenables .  Mais qui peut s’ancrer dans la réalité de l’époque avec un Jean – Bedel Bokassa tout puissant.

extraits :

_ Et,tout à coup,l’Afrique apparut.
La forêt infinie se déroulait sous nos yeux .C’était une mer d’émeraude ,immense et ondulante , qui se précisait à mesure que nous descendions.Peu à peu ,le vert sombre s’éclairait ,se nuançait.J’aperçus des chevelures ébouriffées ,des crêtes moutonneuses,des cimes en effervescence . Les fleuves étaient jaunes ,la terre rouge sang et les arbres vibraient comme des épées de fraîcheur. Tout était vif, acéré, lumineux . Il s’échappait parfois de cette liesse des nonchalances plus mates ,des plages de repos ,qui avaient l’indolence des nénuphars ou le calme des pâturages .

Chez nous la cigogne appartient à une très ancienne tradition. Jérémie, dans la Bible, a dit :

" Tous retournent à leur course, tel un cheval qui fonce au combat. Même la cigogne dans le ciel, connait sa saison. La tourterelle, l’hirondelle et la grue observent le temps de leur migration.”

– Qu’est ce que cela signifie?

Sarah haussa les épaules, sans cesser de scruter les oiseaux :

– Cela signifie que moi aussi j’attends mon heure…

 

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Quatrième de couverture :

Ce soir –là Louis , seize ans, n’est pas rentré à la maison . Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la seconde guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille .

Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour . Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini .

Avec une longue impatience , Gaëlle Josse signe un roman d’une grande retenue et d’une humanité rare , et un bouleversant portrait de femme secrète, généreuse, et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées.

“ C’est une nuit interminable. En mer le vent s’est levé, il secoue les volets jusqu’ici, il mugit sous les portes, on croirait entendre une voix humaine , une longue plainte, et je m’efforce de ne pas penser aux vieilles légendes de mer de mon enfance , qui me font encore frémir.Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent . Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête”

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Dès que vous tournez la première page vous entrez dans la vie de cette mère courage et vous ne pourrez plus le lâcher ce livre tant l’écriture si juste vous happe, vous envoute, vous hypnotise  . Aucun mot de trop , une parfaite plongée dans l’atmosphère de ce drame . Vous  avez l’impression de la côtoyer Anne et vous n’avez qu’une envie c’est que cesse enfin cette attente qui la ronge. Je n’en dirai pas plus, mais je vous conseille vraiment ce roman sublime de Gaëlle Josse que j’ai lu d’une traite, en savourant chaque phrase  comme un bonbon que l’on laisserait fondre dans la bouche .

Extraits :

“ Tous les jours je dois m’inventer de nouvelles résolutions, des choses pour tenir debout, pour ne pas me noyer, pour me réchauffer, pour écarter les lianes du chagrin qui menacent de m’étrangler. Je m’applique à être digne, convenable, à être parfois aimable, à me montrer comblée. J’apprends à me réjouir de ce qui est heureux, de ce qui est doux, de ce qui est tendre, des bras des enfants autour de mes épaules, des mains brulantes d’Etienne sur mes hanches, de la rosace parfaite d’une fleur de camélia, d’un rayon de soleil qui troue les nuages  et vient danser sur le mur, de la fraîcheur des draps en été, du beurre salé qui fond sur le pain tiède, je me fabrique toute une collection de bonheurs dans lesquels puiser pour me consoler, comme un herbier de moments heureux .”

“Seize ans, à vif. Le temps de tous les tourments, des désordres, des élans, des questions, des violences contenues qu’un mot heureux pourrait apaiser, des fragilités qui n’attendent qu’une main aimante. L’âge où tout est prêt à s’embraser, à s’envoler ou à s’abîmer. Je le sais, je suis passée par là.”