Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

Poésie

Jeudi poésie

 Zaza  ( clic) à la barre du navire des croqueurs de mots nous propose : 

Pour le second jeudi en poésie du 21 mai 2020 – Acrostiche avec le mot CORONAVIRUS, simple ou double, selon votre inspiration.

Comme j’ai déjà fait un simple pour Marie Chevalier voir ici , j’opte pour le double inversé .

***

https://www.wedemain.fr/photo/art/grande/44023360-36138963.jpg?v=1585127554

C omme un ouragan il balaie nos certitude     S

O bligeant chacun  à   accrocher   au   clo     U

R  encontres   et    repas    à      partage       R

O sons   contrer    ce    véritable   ennem      I

N os gestes répétés comme un  leitmoti        V

A  son  encontre sont autant de stop, bast    A

V   eillons à ne pas lui laisser  l’occasio          N

I déale  de continuer son œuvre fortissim    O

R estons vigilants, évitons de nous attroupe   R

U n jour, oui  nous changerons  le  scénari     O

S ieur virus alors tu connaitras enfin  l’éche  C


Jeudi poésie

Zaza à la barre des croqueurs de mots pour la quinzaine nous propose comme thème pour ce jeudi poésie l’espoir, l’espérance.

J’ai choisi de rééditer  ce  billet de 2017  .

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Si la vie parfois te prend à rebours

Que de toute part le danger accourt

Sois certain que de nuit comme de jour

Tu trouveras en toi un vrai  secours .

*

Prends bien les rênes de ta bravoure

Laisse la te guider sur tout le parcours

Si   le  piège  grandit   et     t’entoure

Ne crains rien elle te sauvera toujours .

*

Bientôt  tu retrouveras les atours

D’un présent qui aussi se savoure

Comme le miel au doux parfum d’  amour

*

Tu retrouveras la  voie  troubadour

Celle qui se passe de grands discours

Pour trouver   la sérénité  du jour  .

  Gisèle F 24/02/2017


Atelier 121 de Ghislaine

Défi écriture no 71 .

Pour l’atelier 121 chez Ghislaine un clic sur le logo .

Les mots :

Mot, idée, absente, vide, fin, texte, infini, émotion. Ou le thème ; "Sentiment"

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Sur l’écran de ses nuits blanches

Dansent      d’infinies       constellations

Sommeil           absent ,    elle        s’épanche

Sans          fin,         avec      des        mots         passion

Comblant            le        vide       en     avalanche

En           texte     libre ,   sans       façon

Où     ses   idées sur  les branches

Portent les fruits de l’émotion.

 

 


Vos participations à jeudi poésie défi 236

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ABC: jardin des mots : poésie 2

Annick Lotus : L’envie ..la vie : poésie 2

Colette : En toute simplicité : poésie 2

Durgalola : petites graines : poésie 2

Fanfan : journal d’ une retraitée : poésie 2

Jeanne : Fadosi continue : poésie 2

Jill : Bienvenue au château : poésie 2

Martine : Quai des rimes : poésie 2

Renée : Envie 2 : poésie 2

Rose : Au fil de mes pas : poésie 2

Zaza : Zaza Rambette le retour : poésie 2

J’espère n’avoir oublié personne cette fois ci , n’hésitez pas à me le faire savoir je rajouterai votre lien de suite .

 


Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie à la barre du bateau des croqueurs de mots pour la quinzaine , je vous propose l’acrostiche suivant :

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S culpte avec les couleurs de l’âme 

O mbres  et lumières  bien en  place

U  n  instant   même  le  plus  fugace

V  agabonde      avec    ce     sésame

I  mage     d’un     appui     efficace 

E n   fuyant    loin    de  ta  carapace

N  e retiens que le meilleur  et clame

S  ans  peur sa force , vraie dédicace

*

T u  sauras sans que rien ne s’efface 

O ù  te  diriger, suivre   les  traces   

I ncitant    à    sortir   de   l’impasse 


Vos participations au défi 236 des croqueurs de mots

Chevaux de frise de Guillaume Apollinaire - Les vagabonds sans trêves

 

Ne manquez pas d’aller voir les participations pour ce jeudi calligramme, elles sont superbes .

 

ABC jardin des mots : poésie 1

Annick Lotus L’envie la vie : poésie 1

Colette En toute simplicité: poésie 1

Durgalola petite graine : poésie 1

Dominique Mes Antidotes : poésie 1

Jeanne Fadosi : poésie 1

Jill Bill Bienvenue au château : poésie 1

Martine Quai des rimes : poésie 1

Rose Au fil de mes pas : poésie 1

Zaza Zaza rambette le retour: poésie 1


Jeudi poésie

Pour le défi N° 212 des Crôqueurs de mots, Dômi me confie la barre - Lenaïg

Pour ce défi 236 des croqueurs de mots ( clic sur le logo )  étant à la barre du bateau de croqueurs pour la quinzaine j’ai choisi le thème des calligrammes . Je vous en propose deux pour ce jeudi poésie .

J’espère que le chat n’ira pas attraper l’oiseau !

Chatpoésie

 

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Jeudi poésie

Durgalola (clic) à la barre du bateau des croqueurs pour la quinzaine nous propose pour ce jeudi poésie le thème “noir” .

Je vous propose ces acrostiches mettant en scène le noir que j’avais proposés en 2017

 

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N   ébuleuse    couleur,    laque   d’ennui

O  mbre   l’âme   d ‘une   encre   dense 

I l est des heures quand le sommeil fuit

R   ivées      à    l ’aubade    du   silence .

*

N  e vous êtes vous jamais un jour perdus

O ubliant  vos repères  que le jour révèle

I llusions       d’une      vision       partielle

R iche         d’ erreurs          inattendues .

*

N   oyés  dans l’océan de pénombre

O  ù naissent monstres et sorcières

I l  vous  faut vite quitter  l’ ombre

R evenir  toujours vers la lumière .

*

N  e  croyez pas que sa face obscure

O  ù se reflètent nos peurs d’enfance

I  ncite     à    bannir    sa    dictature

R ien ne fascine plus que sa présence.

*

N imbée dans ses atours de mystère

O  sant  le  velours  soyeux de la nuit

I l  est  des  heures où le noir inscrit

R  êves   multiples    à   sa  bannière .

*

N e voyez – vous pas le merle moqueur

O  ffrant   l’éclat du jais à ses plumes

I  l est très fier de son beau costume

R   egardez le il y  met tout son cœur.

*

N octurnes envolées pour ce chanteur

O ubliant     la    loi    du    crépuscule

I l   siffle  sa  sérénade   sans   peur

R  ivalisant   de  trilles  qu’il  module .

*

N ous ne pouvons lire les étoiles

O  rion ,carène,  poupe  et voiles

I solés , seul   le noir les dévoile

R  éalisant une magnifique toile .

*

N e    restez   pas   sur ce triste constat

O ù      le     noir     invite      la     solitude

I l    lui    faut   pour   rompre  l’ habitude

R ien qu’un soupçon, une pointe d’ incarnat

*

N uage  blanc   et  poudreuse d’ hiver,

O  urlée   d’obsidienne,    la   branche

I  nscrit  sa  griffe  même  à  l’envers

R  ien  que  pour prendre sa revanche .

*

N i  le  crayon , ni  le  pinceau   ne  l’ignore

O mbrant  les traits pour un dessin qui vit

I l  faut  juste  que  sur  la  feuille encore

R enaissent  ensemble  le  jour  et la nuit .

GF 27 /11/ 2017

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Jeudi poésie

Durgalola  ( clic ) à la barre du bateau des croqueurs des mots pour la quinzaine nous propose pour ce jeudi poésie de parler du courage .

J’ai choisi un poème de Maurice Hervent  plus connu sous le nom de Paul Eluard, extrait du  recueil “l’honneur des poètes” publié par les éditions de minuit clandestines en 1943.

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Courage

*

Paris a froid, Paris a faim,

Paris de mange plus de marrons dans la rue ,

Paris a mis de vieux vêtements de vieille ,

Paris dort tout debout, sans air, dans le métro.

Plus de malheur est imposé aux pauvres

Et la sagesse et la folie

De Paris malheureux

C’est l’air pur, c’est le feu ,

C’est la beauté , c’est la bonté

De ses travailleurs affamés.

Ne crie pas au secours , Paris!

Tu es vivant d’une vie sans égale

Et derrière la nudité

De la pâleur, de la maigreur,

Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux .

Paris ma belle ville,

Fine comme une aiguille, forte comme une épée,

Ingénue et savante,

Tu ne supportes pas l’injustice ,

Pour toi c’est le seul désordre .

Tu vas te libérer, Paris,

Paris tremblant comme une étoile ,

Notre espoir survivant ,

Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue .

Frères , ayons du courage !

Nous qui ne sommes pas pas casqués

Ni bottés, ni gantés, ni bien élevés,

Un rayon s’allume en nos veines ,

Notre lumière nous revient .

Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous

Et voici que leur sang retrouve notre cœur

Et c’est de nouveau le matin, un matin de Paris ,

La pointe de la délivrance,

L’espace du printemps naissant .

La force idiote a le dessous .

Ces esclaves , nos ennemis,

S’ils ont compris

S’ils sont capables de comprendre ,

Vont se lever .

 

 

 


Jeudi poésie

Pour jeudi poésie, Marie Chevalier à la barre de  cette quinzaine.

Prolongeons un peu le rêve avec ce sonnet d’Albert Mérat . 

 

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Rêve

*

Quand on rêve, l’on est aimé si tendrement !
L’autre nuit, tu t’en vins avec mélancolie
Appuyer sur mon cœur ton visage charmant.
Tu ne me disais pas : Je t’aime à la folie.

*
Tu ne me disais rien ; et, je ne sais comment,
Tes regards me parlaient une langue accomplie.
Douce, tu m’attirais comme fait un aimant ;
L’amour, cette beauté, t’avait tout embellie.

*
J’ai rêvé cette nuit mon rêve le plus beau :
Ton âme m’éclairait le cœur comme un flambeau,
Et je voyais ton cœur au soleil de mon âme ;

*
Ton petit cœur, qui craint tant de se laisser voir,
Et qui, sincère alors ainsi qu’un pur miroir,
Reflétait mon bonheur et rayonnait ma flamme.


Pour imagecitation 49

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Pour imagecitation 49 un clic sur le logo

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La vie c’est comme une paroi à escalader, observe bien le nombre de prises et surtout choisis le bon côté.

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“Les nuages sont comme les pensées, les rêveries, les cauchemars du ciel” Jules Renard

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“ Pourquoi le blanc non – couleur , c’est comme un silence en musique , c’est un temps musical aussi ‘’ Jean Jacques Schuhl

P6114045 - Copie

 

“La rêverie est le dimanche de la pensée “ Henri Frédéric Amiel

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Et pour ce mardi poésie en souvenir de Lady Marianne ,

rêverie de Henri Frédéric Amiel

*

Au paysage que révèle
Le matinal rayon du jour,
La brume, gaze du contour,
Ajoute une grâce nouvelle :
La rêverie est, pour l’esprit,
Cette vapeur qui rend plus belle
La pensée et qui l’accomplit.


Jeudi poésie

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Mars au fil de l’eau

*

Le flot de la rivière n‘a plus rien de limpide

Charriant la boue  de tous ces jours insipides

Sur lui se penchent  en robe de grisaille

Les géants courroucés en  représailles .

*

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Parti  à  la  dérive  un  jour de tempête

Loin  des  racines  de  sa  terre  natale 

Le vieil arbre n’est plus qu’une silhouette

Sur  laquelle  les  cormorans font escale .

*

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Mars cueille dans son lit  la bouillonnante écume

D ‘une toccata furieuse des orgues  de l’ hiver

Aux accords bouleversants d’amertume .

*

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Loin de s’en inquiéter l’oiseau perché veille

Sur   sa   branche   en   pleine   immobilité

Ventre affamé n’ a vraiment pas d’oreille .   

 

 

 


Atelier 113 Ghislaine

Défi écriture no 71 .

Pour l’atelier 113 de Ghislaine un clic sur le logo

Les mots : Solitude, refrain, sarabande, passeur, prologue, astrale, chauve, cerveau.

ou le thème " Souvenir ".

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Sur le mont chauve en prologue à la nuit

Le    soleil    ce    passeur  de  lumière

Chasse    la    sarabande   de   la galère

Par  une danse astrale  qui nous  séduit.

*

Chant   au   refrain  de  douce   habitude

Loin  des  problèmes  et   autres   ennuis  

Les     souvenirs   masquant   la    solitude

Dans  notre cerveau apportent leur fruits.

 

 

 


jeudi poésie

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Les Cabardouche (clic) à la barre du bateau des croqueurs pour la quinzaine nous demande :

A la manière de Jean Luc Moreau.
Composez une poésie commençant par des "si" et se concluant par un conditionnel enchanteur.

Si la sardine avait des ailes;
Si Gaston s’appelait Gisèle
Si l’on pleurait lorsqu’on rit,
Si le pape habitait Paris,
Si l’on mourait avant de naître,
Si la porte était la fenêtre,
Si l’agneau dévorait le loup,
Si les Normands parlaient zoulou,
Si la mer noire était la mer blanche,
Si le monde était à l’envers,
Je marcherais les pieds en l’air,
Le jour je garderais la chambre,
J’irais à la plage en décembre,
Deux et un ne feraient plus trois…
Quel ennui ce monde à l’endroit  !

********************************

Philosophie

Si les cailloux lançaient des trémolos

Si   le   hibou  enseignait  la    philo .

Si    le   vacarme   devenait   silence

Si dans l’air  l’agent poussait sa romance

Si l’écureuil dans un sac retenait la pluie

Si   le  soleil  ne  se  couchait qu’à minuit

Si les trains regardaient passer les vaches

Si  les poissons  portaient des moustaches

Si  les  fleurs  poussaient  sur  la  tête

Si  les  nuages devenaient  couettes 

Il   y   aurait  un  petit grain de folie

Dans  chaque  maison sans mélancolie

Personne   ne   serait  triste parbleu

Dans un  quotidien devenu  fabuleux !  


Atelier 112 Ghislaine

Défi écriture no 71 .

 

Pour l’atelier de Ghislaine un clic sur le logo.

les mots : Vouivre, ivre, cuivre, givre, vivre,

poursuivre, poivre, déprime ou thème  Hiver

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Si  le  sel  de l’existence est

Dans le poivre que l’on y met

Comme le dit Alphonse Allais 

*

V ers  quel  horizon va – t – il  poursuivre  

O bsédé      par      cette   soif    de  vivre

U n    instant,   loin  de   son  bateau  ivre .

I l   sait     que    dès  qu’apparait  le  givre

V iolemment  l’hiver  brandit  ses  cuivres 

R efrain   de   déprime   dont  il  s’enivre  

E  n    masquant  l’espoir    qui  le  délivre. 

 


jeudi poésie

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ABC à la barre du navire des croqueurs de mots pour la quinzaine nous propose  neige et roc comme thème pour ce jeudi 13 février .

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L ‘  écume  poudre  les cimes

Aux  griffes d’acier acérées

Traçant  sur l’écran azuré

  Des vagues de roc sublimes

*

La soif du soleil s’étanche

Sur le miroir des glaciers

La montagne jouant en premier

Son aria de notes  blanches.

*

Loin   de   la   ville agitée

Règne   la  mer du silence

Au ressac  de fulgurance

D’une  marée  immaculée.

 

Gisèle F 13/02/2020

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  Le piton des neiges

*

La lumière s’éveille à l’orient du monde.

Elle s’épanouit en gerbes, elle inonde,
Dans la limpidité transparente de l’air,
Le givre des hauts pics d’un pétillant éclair.
Au loin, la mer immense et concave se mêle
À l’espace infini d’un bleu léger comme elle,
Où, s’enlaçant l’un l’autre en leurs cours diligents,
Sinueux et pareils à des fleuves d’argent,
Les longs courants du large, aux sources inconnues,
Étincellent et vont se perdre dans les nues ;
Tandis qu’à l’Occident où la brume s’enfuit,
Comme un pleur échappé des yeux d’or de la Nuit,
Une étoile, là-bas, tombe dans l’étendue
Et palpite un moment sur les flots suspendue.
Mais sur le vieux Piton, roi des monts ses vassaux
Hôte du ciel, seigneur géant des grandes Eaux,
Qui dresse, dédaigneux du fardeau des années,
Hors du gouffre natal ses parois décharnées,
Un silence sacré s’épand de l’aube en fleur.
Jamais le Pic glacé n’entend l’oiseau siffleur,
Ni le vent du matin empli d’odeurs divines
Qui rit dans les palmiers et les fraîches ravines,
Ni parmi le corail des antiques récifs,
Le murmure rêveur et lent des flots pensifs,
Ni les vagues échos de la rumeur des hommes.
Il ignore la vie et le peu que nous sommes,
Et calme spectateur de l’éternel réveil,
Drapé de neige rose, il attend le Soleil.

Charles Lecomte de Lisle

 

  

 




atelier 111 Ghislaine

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Pour l’atelier 111 de Ghislaine un clic sur le logo

Blessure, étranger, songe, fou

tourner, subir, écrire, savoir

ou ( et)
"Un texte avec Au moins 5 mots commençant par P "

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Perdue dans les arcanes d’un  songe fou,

Etrangère       à     sa    propre   raison ,

Elle  subit   pourtant sa  blessure floue,

Sans savoir   comment stopper le poison .

Ecrire     pour    tourner   en   dérision

Ses    maux,    peut   être   la  solution,

Des    mots    qui   pansent   sans   façon

Une âme s’abritant sous d’autres  ponts.

 

 

 


jeudi poésie

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Fanfan ( clic) à la barre du vaisseau des croqueurs de mots pour la quinzaine nous propose de partager un poème de Victor Hugo.

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Être aimé

Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n’existe, entends-tu ?
Être aimé, c’est l’honneur, le devoir, la vertu,
C’est Dieu, c’est le démon, c’est tout. J’aime, et l’on m’aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l’air libre à pleins poumons,
Il faut que j’aie une ombre et qu’elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu’un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l’exil,
L’anathème et l’hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C’est l’homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n’est pas aimé, n’est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l’univers ? l’âme qu’on a, qu’en faire ?
Que faire d’un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l’amour, le fil cherche le nœud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L’avenir s’ouvre ainsi qu’une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l’azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n’apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l’heure pèse,
Demain, qu’on sent venir triste, attriste aujourd’hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l’immense ennui.
Une maîtresse, c’est quelqu’un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n’est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d’être perdus si quelqu’un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu’est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J’y bâille. Si de moi personne ne s’occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J’aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d’œil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le cœur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L’existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l’affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l’enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j’entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l’espace !
N’avoir pas un atome à soi dans l’infini !
Qu’est-ce donc que j’ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m’effleure,
L’indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu – moins souvent que noir –
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le cœur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu’on soit aimé d’un gueux, d’un voleur, d’une fille,
D’un forçat jaune et vert sur l’épaule imprimé,
Qu’on soit aimé d’un chien, pourvu qu’on soit aimé !

Victor Hugo 14 mars 1874


Jeudi poésie

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Fanfan ( clic) à la barre du vaisseau des croqueurs de mots pour la quinzaine nous propose pour ce jeudi un extrait d’une pièce classique de Molière, Racine ou Corneille.

J’ai choisi la scène de l’aveu de Phèdre , celle de la passion destructrice révélée.

Une tirade apprise il y a bien longtemps maintenant mais qui reste encore en mémoire .

 

Sarah Bernhardt dans "Phèdre" (détail), dessin de Toulouse-Lautrec, 1893.  Reproduit dans L'Escarmouche, 1ère année, n°7 (24 décembre 1893)

Dessin de Henri de Toulouse Lautrec Sarah Bernhardt dans Phèdre

Phèdre Acte II scène 5

Ah ! cruel, tu m’as trop entendue !

Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.

Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.

J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,

Innocente à mes yeux, je m’approuve moi−même,

Ni que du fol amour qui trouble ma raison,

Ma lâche complaisance ait nourri le poison.

Objet infortuné des vengeances célestes,

Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.

Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc

Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;

Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle

De séduire le cœur d’une faible mortelle.

Toi−même en ton esprit rappelle le passé.

C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé :

J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,

Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.

De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?

Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins.

Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.

J’ai langui, j’ai séché, dans les feux, dans les larmes.

Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,

Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.

Que dis−je ? Cet aveu que je te viens de faire,

Cet aveu si honteux, le crois−tu volontaire ?

Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,

Je te venais prier de ne le point haïr.

Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !

Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi−même !

Venge−toi, punis−moi d’un odieux amour ;

Digne fils du héros qui t’a donné le jour,

Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.

La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !

Crois−moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper.

Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.

Impatient déjà d’expier son offense,

Au−devant de ton bras je le sens qui s’avance.

Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,

Si ta haine m’envie un supplice si doux,

Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,

Au défaut de ton bras prête−moi ton épée.

Donne.

 

File:Hippolytus Phaedra Louvre Ma 2294.jpg


Si, hérissée des heurts d’hier …..

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Pour l’atelier 109 de Ghislaine un clic sur le logo

Les mots : voyage, habiter, tissu, verdure , cacher, partir , venir, être. ( mots soulignés)

ou le plus possible de mots commençant par H . ( en italique )

 

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Si, hérissée des heurts  d’hier

Hurle   en   toi l’hydre  de  l’hiver,

Que    l’harmonie   des   jours   heureux

Est partie se cacher  loin de  ton   être joyeux ,

Laisse   l’hirondelle  du  hasard  poser ses bagages, 

Elle     viendra      te     conter    ses    voyages,

Avec    ses   belles    hellébores   d’aventures

En     habillant     de     tissu   de   verdure

la   grisaille  qui t’habite à cette heure,


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“Le sommeil est la moitié de la santé” proverbe français

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Le sommeil

Tout s’endort à son tour : le nuage et la branche,
La fleur, à l’instant même où respire le fruit,
La semaine, aussitôt que sonne le dimanche,
L’été, pendant l’hiver, le jour, pendant la nuit.

Le soleil, sur un lac, et l’oiseau, sur un arbre,
Le grand tigre doré, sur le sable trompeur,
L’ombre, dans un cyprès, la blancheur, dans un marbre,
Tout s’endort à son tour : le rêve et le rêveur.

L’avenir, dans un mot, le passé, dans un livre
Et, dans le jeune corps qui continue à vivre,
L’âme, vieille déjà, peut parfois s’endormir…

Puis elle se réveille ! … et, d’un sursaut de flamme,
Elle voit ce qu’a fait le pauvre corps sans âme…
Et, du cri qu’elle pousse, on peut très bien mourir !

Rosemonde Gérard Rostand


Chez Lénaïg : thème tempête

Tempête, nouveau thème de haïkus - Lenaïg

Pour haïku et senryu chez Lenaïg un clic sur le logo.

Tout d’abord je voudrais toutes et toutes vous remercier pour toutes les gentilles attentions à l’occasion de  mon anniversaire que ce soit sur ce blog, en mp, sur facebook ou en sms .

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Echine courbée

Branle – bas  du feuillage

L’arbre résiste

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Crème d’écume

Sur le ventre de la mer

Soir d’infortune

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Corne de brume

Eole caracole

Marins  aux abois

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Assauts ravageurs

Soufflant le froid et le chaud

Cœur en détresse

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Oiseau chahuté

Dans l’océan de branches

Crie en  silence

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Combats épiques

La nuit se veut amère

L’arbre est fracas


Jeudi poésie

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Pour le jeudi poésie des croqueurs de mots un clic sur le logo.

Colette (clic) à la barre de la quinzaine du bateau des croqueurs nous dit :

Quant aux jeudis poésie du 5 et 12 décembre le thème est

le courage

la peur

dans l’ordre que vous souhaitez ou libre bien entendu

Poème personnel, choix de poème, haïkus , acrostiche, citations.

J’ai choisi d’abord une réédition d’un texte de 2017  un peu modifié .

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Coucou, oui c’est nous les huit petits bouts

Du  couple d’oies d’Egypte,  les chouchous 

Plein de courage des pieds jusqu’au cou

Avec l’onde  nous avons rendez – vous.

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Dans l’herbe toujours  au garde à vous

Nous bravons la peur  ce grand manitou

Qui  voudrait nous mettre tous à genou

Résolus  à  la  voir  mettre  les  bouts

*

Ensemble   nous  progressons  au  cas  où

Car à couvert nous ne sommes plus du tout

Fragiles , nous craignons les mauvais coups

Même  si  nos  parents  veillent  sur nous .

Puis  une  fable  de  la  Fontaine  “Le lion et le chasseur” et sa morale caractéristique .

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Un fanfaron, amateur de la chasse,
Venant de perdre un chien de bonne race
Qu’il soupçonnait dans le corps d’un Lion,
Vit un berger. « Enseigne-moi, de grâce,
De mon voleur, lui dit-il, la maison,
Que de ce pas je me fasse raison. »
Le berger dit : « C’est vers cette montagne.
En lui payant de tribut un mouton
Par chaque mois, j’erre dans la campagne
Comme il me plaît ; et je suis en repos. »
Dans le moment qu’ils tenaient ces propos,
Le Lion sort, et vient d’un pas agile.
Le fanfaron aussitôt d’esquiver :
« Ô Jupiter, montre-moi quelque asile,
S’écria-t-il, qui me puisse sauver ! »
La vraie épreuve de courage
N’est que dans le danger que l’on touche du doigt :
Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage,
S’enfuit aussitôt qu’il le voit.


Combien d’années encore ….

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Colette ( clic )  à la barre du bateau des croqueurs de mots nous dit :
 
“Aux matelots des Croqueurs de Mots ;
étant à la barre pour cette quinzaine,
je vous propose comme thème :
Le quotidien.
À partir de cette citation :
« Le train quotidien va bientôt dérailler,
qui veut rester dedans n’a qu’à bien s’accrocher. »
Robert de Houx
En vous inspirant de ces mots,
sans nécessairement les employer,
écrivez un petit quelque chose
comme vous l’entendez,
dans la forme littéraire qui vous plaît.
Ce, pour lundi 9 décembre.

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Combien d’années  encore ton  train quotidien

Glissera  –t- il  sur les doux rails d’ habitude,

Le   cours     de   ta   vie    sans    vicissitude,

La  machine  toujours au servic’  de l’humain ?

*

Ne   vois – tu  pas  déjà  poindre l’inquiétude

D’un   univers  en  proie  au  péril  de demain ?

Sur les sables mouvants d’un destin incertain  

Chaque   jour   se   fracassent  nos  certitudes.

*

Il  ne  sert  à  rien  de  se voiler  la  face

Tu sais bien au fond de toi qu’il y a menace

Accroche -  toi aux wagons de ton aptitude

*

Renforce   tes   liens   avec  la   terre  mère

Ne   répond   pas   aux   sirènes  d’éphémère

Il est vraiment temps de  changer d’attitude.

GF 09/12/19