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Poésie

Jeudi poésie

Durgalola  ( clic ) à la barre du bateau des croqueurs des mots pour la quinzaine nous propose pour ce jeudi poésie de parler du courage .

J’ai choisi un poème de Maurice Hervent  plus connu sous le nom de Paul Eluard, extrait du  recueil “l’honneur des poètes” publié par les éditions de minuit clandestines en 1943.

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Courage

*

Paris a froid, Paris a faim,

Paris de mange plus de marrons dans la rue ,

Paris a mis de vieux vêtements de vieille ,

Paris dort tout debout, sans air, dans le métro.

Plus de malheur est imposé aux pauvres

Et la sagesse et la folie

De Paris malheureux

C’est l’air pur, c’est le feu ,

C’est la beauté , c’est la bonté

De ses travailleurs affamés.

Ne crie pas au secours , Paris!

Tu es vivant d’une vie sans égale

Et derrière la nudité

De la pâleur, de la maigreur,

Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux .

Paris ma belle ville,

Fine comme une aiguille, forte comme une épée,

Ingénue et savante,

Tu ne supportes pas l’injustice ,

Pour toi c’est le seul désordre .

Tu vas te libérer, Paris,

Paris tremblant comme une étoile ,

Notre espoir survivant ,

Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue .

Frères , ayons du courage !

Nous qui ne sommes pas pas casqués

Ni bottés, ni gantés, ni bien élevés,

Un rayon s’allume en nos veines ,

Notre lumière nous revient .

Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous

Et voici que leur sang retrouve notre cœur

Et c’est de nouveau le matin, un matin de Paris ,

La pointe de la délivrance,

L’espace du printemps naissant .

La force idiote a le dessous .

Ces esclaves , nos ennemis,

S’ils ont compris

S’ils sont capables de comprendre ,

Vont se lever .

 

 

 


Jeudi poésie

Pour jeudi poésie, Marie Chevalier à la barre de  cette quinzaine.

Prolongeons un peu le rêve avec ce sonnet d’Albert Mérat . 

 

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Rêve

*

Quand on rêve, l’on est aimé si tendrement !
L’autre nuit, tu t’en vins avec mélancolie
Appuyer sur mon cœur ton visage charmant.
Tu ne me disais pas : Je t’aime à la folie.

*
Tu ne me disais rien ; et, je ne sais comment,
Tes regards me parlaient une langue accomplie.
Douce, tu m’attirais comme fait un aimant ;
L’amour, cette beauté, t’avait tout embellie.

*
J’ai rêvé cette nuit mon rêve le plus beau :
Ton âme m’éclairait le cœur comme un flambeau,
Et je voyais ton cœur au soleil de mon âme ;

*
Ton petit cœur, qui craint tant de se laisser voir,
Et qui, sincère alors ainsi qu’un pur miroir,
Reflétait mon bonheur et rayonnait ma flamme.