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Poésie

Jeudi poésie

 

Giboulée

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De grands brouillards couleur de suie,
Chassés par un vent sans pareil,
Passent à plein vol : neige et pluie
Tombent, brillantes de soleil.

Sur les toits, globule à globule,
Pétillent grésil et grêlons ;
Et la vitre tintinnabule :
On croit ouïr des carillons.

Sans répit, la mitraille fine
Sautille, étincelle, bruit :
Puis une bruine argentine
Filtre du nuage qui fuit.

Nul crayon ne pourrait décrire
Ce temps qui change en un clin d’œil.
Des pleurs se mêlent au sourire
Qu’avril donne à l’hiver en deuil.

Une aveuglante soleillée
Jaillit tout à coup du ciel bleu ;
Il semble que la giboulée
Darde mille aiguilles de feu.

Étoiles de glace fleuries,
Prismes de cristal délicats :
On dirait mille pierreries,
Mille papillotants micas.

Mais ces joyaux se fondent vite.
L’astre qui déjà flambe haut,
Dans l’azur éclairci gravite
De plus en plus clair et plus chaud.

En dépit de la bise froide,
Ses obliques rayons tiédis
Font mollir la ramure roide
Des vieux érables engourdis.

Au fond des forêts que décorent
Sapins verts et blancs merisiers,
Les sirops odorants se dorent
Au feu des résineux brasiers.

De l’écorce fraîche entaillée,
Dans les vases de fin bouleau,
Pure, cristalline, emmiellée,
Goutte à goutte distille l’eau.

Maintenant le couchant rougeoie.
L’oiseau, qui pressent les beaux jours,
Raconte la première joie
De ses vagabondes amours.

Huppe au vent, il saute, il pépie.
La mère, au creux des brins douillets,
Grelottante, en boule tapie,
Réchauffe ses chers oiselets.

Preste courrier que nous dépêche
La saison verte, oiseau, qu’es-tu ?
Que nous chante la chanson fraîche
De ton grêle sifflet pointu ?

Alerte et gentil hochequeue,
Du haut des pins ne vois-tu pas,
Par-dessus la colline bleue,
Venir Mai, tout rose, là-bas ?

Pâques vient : monts, val et clairière
N’ont point quitté leur blanc décor,
Et la fauvette printanière
Ne rossignole pas encor.

Nérée Beauchemin


Jeudi poésie

Durgalola à la barre du bateau des croqueurs pour cette quinzaine nous propose  les animaux  comme thème .

Je n’ai pu m’empêcher de vous proposer les poèmes que j’avais écrits quand ils nous ont quittés . Même après des mois , des années , ils me manquent toujours autant .

 

IMGP1318

Mes   yeux   couleurs  de   pluie

Cherchent   les   joies    d’antan

Dans   le   miroir    du      temps

Pour        quitter      aujourd’hui.

Tu   es    parti    sans    larmes

Vers      la      lisière     d’ombre,

story N et N_02

 

                    Me    voilà    sans    armes  

                    Quand   le   soleil   sombre.

                    Toi   mon   chien,   mon   ami,

                    Au       regard      caressant ,

nos chiens_thumb[2]

         Tu    t’es   just’endormi

         Sur    un   autre  versant.

         Des     mots      dérisoires

         Pour    un   vide   si  grand ,

         Pour   tout’  une   histoire

         Que j’écris en pleurant.

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IMGP9935

B  abouche     aux   balbutiements  si  doux

A  u  delà  de  mes pauvres  mots de sable

B  rille  la  flamme de ton cœur  d’amadou

O   h    je    sais   bien ,    c’est   inéluctable

U   n  jour   il   faut   laisser  filer  le  pouls

C   omme       une       onde       insaisissable

H  élas ,     dire    adieu    à    ces    remous

E t mettre ses pleurs dans  son  cartable