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J’ai du rêver trop fort

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“J’ai du rêver trop fort” Je viens de terminer ce livre de Michel Bussi . Comme d’habitude j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher avant d’avoir fini . Je vous livre la quatrième de couverture avant de vous donner mon avis .

“ Les plus belles histoires d’amour ne meurent jamais .Elles continuent de vivre dans nos souvenirs et les coïncidences cruelles que notre esprit invente . Mais quand pour Nathy ces coïncidences deviennent trop nombreuses , doit – elle croire qu’il n’y a pas de hasard , seulement des rendez –vous ? Qui joue à lui faire revivre cette parenthèse passionnelle qui a failli balayer sa vie ?

Quand passé et présent se répètent au point de défier toute explication rationnelle , Nathy doit – elle admettre qu’on peut remonter le temps ?”

Deux époques en perpétuelle juxtaposition 1999 et 2019  dans ce roman qui vont nous amener à nous poser très rapidement des questions, comme Nathy , cette hôtesse de l’air de 33 ans ayant vécu un amour passion avec un guitariste de talent. Le suspens s’installe quand  20 ans après elle se retrouve  constamment confrontée au passé .

L’intrigue est très bien menée par l’auteur car  il a l’art de nous emmener dans la mauvaise direction et de nous manipuler à sa guise .

Emotion et poésie sont au rendez – vous et se mélangent en un cocktail parfait avec l’intrigue ,  je n’en voudrais pour preuve que cet extrait  :

Quand nos bouquets d’été , hier,

seront les fleurs séchées des théières

Quand le feu de nos nuits insolentes

ne seront qu’insomnies lentes

Quand le jeu des matins de grâce ,

ne seront que matinées grasses

Quand la faim de nos toujours ,

ne seront plus que jours sans fin

Que restera – t – il de demain ?

**

Quand nos sens seront interdits

Honnis , bannis, de nos mi-nuits

Quand nos volets seront maudits

Quand nos mots –dits seront volés ,

Que va – t – il nous rester ?

**

Pour retrouver l’intégralité de ce poème et toute l’intrigue du roman, je ne vous conseille qu’une chose,  jetez vous vite sur le livre .

 


Si ……

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Pour l’atelier 10 d’Arlette un clic sur le logo

Les mots :  Chant – eau – vagissement – instant – amour -grave – profond – précieux – rare –réagir – dévoiler – frissonner – rider –

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Si la surface de l’eau réagit en se ridant à la moindre sollicitation d’Eole, les vagissements de l’âme  dévoilent ,en de rares instants , un  précieux chant d’amour , grave et profond, qui lui aussi  nous fait frissonner  .


Le pianiste blessé

LE PETIT JEU DE LETTRES - 168-

Pour le petit jeu de lettres de Lady Marianne un clic sur le tableau.

Le mot à trouver : silenciaire : dans l’antiquité romaine , officier qui faisait respecter le silence aux esclaves.  Se dit de religieux qui gardent le silence ,exemple les trappistes . Par extension gens qui gardent le silence .

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Ce mot de silenciaire fait écho au livre de Maria Ernestam que je viens de terminer . Un roman envoutant,   des mots ciselés à l’encre de l’ analyse des rapports humains , où l’amour et l’amitié côtoient les rêves et les promesses brisées .

“Parvient-on un jour à connaitre vraiment une personne, même parmi les êtres les plus aimés.. ?” Une sacrée question à laquelle nous confronte Marieke écrivaine qui s’apprête à envoyer un mail à son amie Véronica , professeur de musique , qu’elle n’a plus revue depuis dix ans . Mais ce n’est pas la seule posée dans ce livre :

Pourquoi Klara a – t – elle gardé le silence sur tout un pan de sa vie ?  Quels sont ses liens avec les personnes présentes à son enterrement ? Véronica sa nièce et son amie d’enfance Marieke , entreprennent un voyage pour le découvrir .  Intriguées par l’abondance de visages inconnus aux obsèques de Klara ,elles veulent savoir qui elle retrouvait à Langkawi en Malaisie puis à San Francisco lorsqu’elle partait en vacances et quelle vie elle menait là – bas  . Lancées dans cette aventure, elles vont rencontrer James ce pianiste énigmatique du bar de l’hôtel de Langkawi . Il révèle les deux amies sous un nouveau jour et ainsi fait vaciller le passé . La tension monte entre les deux femmes , la crise devient inéluctable entre Marieke toujours dans l’ombre altruiste et la  séduisante et égocentrique Véronica , le côté sincère de l’amitié fortement remis en cause . Une série  de suspicions de mensonges relance  chez Marieke les souvenirs de réels questionnements quant à l’attitude de son amie . Alors que Véronica  renâcle à poursuivre cette enquête , Marieke  prend les rênes et partout où Klara a fait escale elle essaie de lever un peu plus le voile sur ce qui relie Klara aux personnes rencontrées .

Le récit de cette amitié brisée  permet aussi à l’auteur d’aborder le sujet de la création artistique,  de la vie de couple , de la mémoire .

Quelques extraits :

“Aujourd’hui, j’ai pris conscience que je n’y échapperai pas. si je ne te contacte pas, je traînerai toujours un sentiment de manque, alors même que ma vie est en réalité satisfaisante telle qu’elle est. Mais les blessures intérieures ne s’effacent pas. Au contraire elles s’aggravent.
Depuis notre voyage, je réfléchis à ce qui fait de nous les êtres que nous sommes. les gens sont tous tellement différents. Il y a ceux qui donnent et ceux qui prennent. ceux qui parlent et ceux qui se taisent. Ceux qui se mentent à eux-mêmes et mentent aux autres, et ceux qui essaient d’être sincères même lorsque c’est impossible. Ceux qui classent les individus en bons ou mauvais sans comprendre que tout le monde peut être à la fois l’un et l’autre, que chacun fait de son mieux.
Je me demande quel genre de personne je suis. Probablement un mélange de tout cela. ”

“A un moment ou à un autre, toute relation connait un tournant. Celui-ci se produit le plus souvent quand l’amour est devenu une habitude et une évidence. Lorsque nous ne comprenons pas que les rituels quotidiens, la fierté que l’on éprouve l’un pour l’autre et les petites attentions inaccoutumées que l’on se témoigne, sont des choses aussi belles et précieuses que les expériences sexuelles ou le champagne le plus coûteux.”

“ Je me dis qu’il ne faut jamais perdre la musique que l’on a un jour possédée. Ou bien les mots …where did he go ? …où est il allé ?

J’ai compris que nous sommes tous des accords brisés . Mais dans toute vie , il existe un son fondamental qu’il appartient à chacun de nous de trouver “

 

 

 

 

 

 


Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie, Luciole 83 à la barre, nous propose comme   thème “la relation à l’autre” j’ai choisi deux poèmes de Tahar Ben Jelloun.

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Tu es sortie du miroir

Comme un souvenir égaré

Une impression ou une image

Retouchée par le peintre

Un panier de fruits de saison

A la main

Quelques pétales de roses

Sur le sol

C’est le tapis que tu préfères

Ne manque que le chat

Et ses aventures

Tu es sortie

pour voir si le monde est toujours là

Avec ses forêts et ses océans

Avec ses amoureux et ses justiciers

Ses saisons et ses tempêtes

Tu as fermé les yeux

Puis tu as rejoint ton étoile.

*********

L’amitié est un don

Gratuité absolue

Soleil par tous les temps

Sous toute latitude

C’est une fulgurance de présence

Une prairie entre les mains

Une soudure fraternelle

Sans le moindre doute

Sans le soupçon de la vipère

Une rivière paisible

Où les mots et leur gaine

Avalent la douleur de l’ami .


Jeudi poésie

Fanfan ( clic) à la barre des croqueurs de mots nous suggère pour ce jeudi poésie le thème de l’attente . J’ai choisi un des poèmes d’amour de René Guy Cadou à Hélène

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Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sècheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

*
Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

*
Tu ne remuais encore que par quelques paupières
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou
*

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

*
Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues.

tiré de quatre poèmes d’amour à Hélène  René Guy Cadou


“Arrête avec tes mensonges”

 

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Ce spéléologue de l’intime comme le nomme Bernard Pivot se livre totalement dans ce roman et nous confie dans la quatrième de couverture qu’il obéit enfin à sa mère en disant la vérité .

“ Quand j’étais enfant , ma mère ne cessait de me répeter : “ Arrête avec tes mensonges.” J’inventais si bien les histoires, parait il , qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.

Aujourd’hui , voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.

Autant prévenir d’emblée: pas de règlements de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale .

Mais un amour , quand même.

Un amour immense et tenu secret.

Qui a fini par me rattraper .”

******

Tout commence par ce jour  dans le hall d’un hôtel où l’auteur répond machinalement à une journaliste au sujet de son dernier roman “ se résoudre aux adieux” quand son regard se pose sur un homme  trainant une valise, qu’il croit reconnaitre immédiatement .

“Je suis aussitôt écrasé par cette image , parceque c’est une image impossible, une image qui ne peut exister , je pourrais me tromper bien sur, , après tout je ne vois pas son visage, je suis dans l’incapacité de le voir là où je suis assis mais c’est comme si j’étais certain de ce visage , comme si je savais à quoi l’homme ressemble et je le redis : c’est impossible , littéralement impossible , et pourtant je lance un prénom, Thomas , je le crie plutôt , Thomas ….. mais l’homme ne se retourne pas , il poursuit son chemin , je devrais en déduire que je me suis trompé , cette fois pour de bon que tout n’a été que mirage , que le va et vient a provoqué ce mirage, cette illusion mais non je me lève, d’un bond , je pars à sa poursuite du fuyant je ne suis pas mû par le besoin de vérifier , car à cet instant là je suis encore convaincu d’avoir raison , d’avoir raison contre la raison , contre l’évidence, je rattrape l’homme sur le trottoir, je pose ma main sur son épaule et.”

Et là l’auteur vous emmène en 1984, l’année de ses dix sept ans . Il va découvrir la morsure du sentiment amoureux , le manque , l’attente provoqué par la privation de l’autre .

“Je découvre que l’absence a une consistance. Peut-être celle des eaux sombres d’un fleuve, on jurerait du pétrole, en tout cas un liquide gluant, qui salit, dans lequel on se débattrait, on se noierait. Ou alors une épaisseur, celle de la nuit un espace indéfini, où l’on ne possède pas de repères, où l’on pourrait se cogner, où l’on cherche une lumière, simplement une lueur, quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose pour nous guider.”

“C’est à ce moment-là qu’on s’est perdus de vue, lui et moi. J’articule ces derniers mots sans y mettre le moindre affect, comme si la vie, c’était ça, simplement ça, se fréquenter et se perdre de vue et continuer à vivre, comme s’il n’y avait pas des déchirements, des séparations qui laissent exsangues, des ruptures dont on peine à se remettre, des regrets qui vous poursuivent longtemps après.”

Un livre qui captive du début à la fin , un style vif qui nous prend par la main . L’intime se révèle avec beaucoup de finesse, sans fioritures de manière  émouvante .

 


L’insouciance

Venant de terminer ce livre de Karine Tuil je m’empresse de vous le conseiller tant il m’a plu . C’est le premier roman que je lis de cet auteur et j’avoue que la puissance de la narration m’a vraiment conquise . Cette fin de l’insouciance prend corps tout au long de ce roman,  les replis identitaires, la violence et les arcanes de la politique sont analysés avec beaucoup de réalisme . Une société actuelle que l’auteur décrit  parfaitement ,   qui stigmatise et qui récupère l’homme quand ça l’arrange . Un récit qui  laisse forcément un gout amer  surtout quand la violence  rejaillit sur la sphère intime de chaque personnage , les épreuves traversées  nous renvoyant à nos propres fragilités   . Mais L’auteur laisse entrevoir à la fin du livre un message d’espoir , une résilience qui prouve que le la vie malgré tout est la plus forte et que l’amour y a toute sa place .

quatrième de couverture :

De retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l’armée à Chypre, il a une liaison avec la jeune journaliste et écrivain Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu’elle est mariée à François Vély, un charismatique entrepreneur franco-américain, fils d’un ancien ministre et résistant juif. En France, Marion et Romain se revoient et vivent en secret une grande passion amoureuse. Mais François est accusé de racisme après avoir posé pour un magazine, assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. À la veille d’une importante fusion avec une société américaine, son empire est menacé. Un ami d’enfance de Romain, Osman Diboula, fils d’immigrés ivoiriens devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité politique montante, prend alors publiquement la défense de l’homme d’affaires, entrainant malgré lui tous les protagonistes dans une épopée puissante qui révèle la violence du monde.

“La plupart des gens préfèrent le confort à la prise de risque, dit-il enfin, parce qu’ils ont peur du changement et de l’échec, alors que la plus grande des peurs devrait être celle d’une vie gâchée”

« L’amour est un animal social impitoyable, un mondain qui aime rire et se distraire – le deuil le consume, la maladie atteint une part de lui-même, celle qui exalte le désir sexuel, les conflits finissent par lasser, il se détourne ».

“Il y a quelque chose de très malsain qui est en train de se produire dans notre société, tout est vu à travers le prisme identitaire. On est assigné à ses origines quoi qu’on fasse. Essaye de sortir de ce schéma-là et on dira de toi que tu renies ce que tu es ; assume-le et on te reprochera ta grégarité.”

“La première manifestation du pouvoir, c’est le désintérêt pour tout ce qui n’en relève pas. Que pouvait-il répliquer ? C’était vrai. Au pouvoir, on appliquait l’art de la guerre comme partout. On sortait les armes pour conquérir puis conserver sa place. On abandonnait ses amours. On trahissait, on blessait. On tuait aussi.”

“De mon expérience, j’ai appris une chose : dans la vie, il y a très peu d’occasions d’être heureux. L’amour en est une. Mais elle est rare et a une durée limitée. Alors que la lecture peut être quotidiennement renouvelée. Oui, lire est la seule chose qui m’ait rendu pleinement heureux. »


Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie des croqueurs de mots Josette à la barre je vous propose les paroles de l’amour de René Guy Cadou .

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Les paroles de l’amour

Toute ma vie et c’est bien peu si l’on regarde

Avec des yeux d’avant la terre la lucarne

Où s’égosille un ciel de crin qui n’en peut plus

D’être beau de travers et de porter ombrage

Au plus dévoué au plus sincère des visages

Toute ma vie pour te comprendre et pour t’aimer

Comme on se couche à la renverse dans les blés

En essayant de retrouver dans le silence

L’alphabet maladroit d’un vieux livre d’enfance

Je m’entoure de toi comme un enfant frileux

Je pars je suis en route depuis des siècles je

T’arrive un matin beau comme un matin de chasse

Tu ne sais pas que je suis là et je me place

Tout contre toi comme une porte mal fermée

Qui boit son lait et qui respire doucement

Je te regarde et tu souris sans mouvement

D’un sourire venu de plus loin que toi- même

Qui fait que tu es belle et qui fait que je t’aime .

René Guy Cadou .


L’amour, ……

 

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Pour l’atelier d’Assoula un clic sur le logo

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L’amour , je l’ai toujours vu dans les yeux de mes parents pour l’enfant que j’étais et pour l’adulte que je suis devenue même si mes choix et projets de vie ne correspondaient pas tout à fait au futur qu’ils auraient souhaité pour moi .  Je l’ai retrouvé aussi récemment dans  les lettres quotidiennes que papa envoyaient à maman depuis leur rencontre et pendant  les mois qui précédèrent leur mariage .  Bien au delà de cet échange  épistolaire ils ont su tous les deux conjuguer ce verbe aimer à tous les temps pendant de longues années, fêtant même leurs noces de palissandre  . 

J’ai eu  envie aujourd’hui de partager avec vous  une de ces nombreuse lettres  .

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“Ma chérie,

Hier, dimanche la journée m’a paru terriblement longue encore et je me suis couché après midi pour rêver à toi et être en ta compagnie.Cela s’est produit d’ailleurs mais je ne sais pas si je rêve tout éveillé ou endormi. Avec cela le temps était encore plus mélancolique moi. Le vent semblait chasser l’été et le ciel était sale comme s’il eût été noirci au charbon . J’avais même eu l’intention de t’écrire mais cela prenait un aspect trop matériel et c’est si bon de laisser vagabonder son esprit vers celle qu’on aime , de vivre des heures délicieuses malgré qu’elle soit éloignée de soi ……

Toi seule as su regarder comme moi les étoiles avec mélancolie en me pressant la main doucement pendant les nuits claires de Clerlande, parce que tu m’as compris des le premier instant que j’ai mis ta main dans la mienne en revenant de la terrasse le premier soir où j’ai senti que nous serions l’un à l’autre pour toujours . Rappelle toi chérie, nous revenions doucement et sous des paroles banales, lorsque nous descendîmes les quelques gradins de pierre nous conduisant aux baraques du centre, nous aurions désiré tous deux prolonger ces moments délicieux où nous ne parlions pas mais où nous nous comprenions si bien !

Ma chérie , je voudrais déjà t’avoir à moi tout seul et sans que tu sois accaparée à tout moment par les uns et les autres…aussi c’est avec impatience que j’’attends l’instant où je pourrai te dire de vive voix je t’aime , je t’aime , nous sommes enfin réunis…nous allons être heureux . “

Papa , maman vous me manquez toujours autant .


Amour, Amitié, Absurdité

Pour l’alphabet à thèmes de Domi un clic sur le logo .

Domi nous propose comme thème   les trois mots Amour, Amitié, Absurdité .

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A imer   jusqu’à   la   déchirure

M ais puiser dans la pénombre

O ù  se   réfugie   la   blessure

U ne     lumière    de   l’ ombre

R  ayonnante de clair obscur 

*

A  pprivoiser    souvent    l’instant

M  ultipliant       les       secondes

I  nverser  les  ailes   du   temps

T  oujours présent dans la ronde.

I ntense      souvent       palpitant

E st le chant que le cœur sonde. 

*

A     la    dérobée   le  sublime

B  albutie  toutes  ses gammes

S i     le     silence     s’exprime

U ne bougie pour toute flamme

R ien    n’échappe    à    l’abime

D e  nos  vies  en  quête  d’âme

I l  n’est  rien  qui  ne   s’anime

T ant  l’absurde  est  un drame

E n   amour  que  l’on  supprime

********

Je me suis inspirée de la lecture de ce formidable livre de Gaëlle Josse , merci Yvonne pour ton cadeau, pour répondre à ce défi . Je vous conseille vraiment ce roman qui  fait se croiser deux histoires, celle d’une femme dont l’aveuglement amoureux et l’infinie variété de ses  jeux d’ombres est mise en parallèle, par le biais d’un tableau de Georges de la Tour, avec celle du peintre créant  “ saint Sébastien soigné par Irène”.

Tour à tour la parole est donnée à cette jeune femme qui revit son histoire d’amour dans un musée de Rouen devant le tableau , et au Maître  Georges de La Tour et à son apprenti Laurent au cours de la réalisation de l’œuvre  . L’art et la création sont analysés avec beaucoup de finesse , les âmes de chacun aussi et  magistralement . Un tableau qui s’anime sous la plume poétique de cet auteure qui sait nous transmettre son émotion avec beaucoup de talent . 

“ Ce vertige à chaque fois devant cette surface vierge .Tout y est possible. La main accordée au souffle , comme une fécondation.Et cette question , la même depuis si longtemps Saurai – je donner la vie aux scènes qui m’apparaissent en songes ? “

“ Ce regard. C’est ainsi que nous devrions nous y prendre avec les autres, avec cette attention de dentellière penchée sur son carreau , ;: regarder naîtreon motif sous ses doigts , et rien d’autre “

“ la grâce d’un poignet, la musculature d’un bras , la torsion d’un buste , la douceur d’une main, ne s’éprouvent qu’au regard de ce qui les révèle . Nous trichons en paroles , rarement en gestes “

“Pour te gagner, j’ai accepté de me perdre , d’égarer une partie de moi – même , dans un joyeux mouvement de mutilation volontaire et inconsciente. Mon univers se resserrait , comme consumé, aspiré de l’intérieur, façon tête réduite jivaro.”                   

 


Jeudi poésie

Pour les croqueurs de mots Jeanne Fadosi à la barre un clic sur le logo

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Nous irons tous les deux voir la nuit s’embraser

Quand   la  grande  dame  messagère   d’amour

Se  pare  de mill’  feux  dès  la tombée  du jour

Et   que   ses  flèches  vers  le  ciel  aiguisées

Scandent en cadence le mêm’ appel  toujours . 

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Nous  irons  tous  les deux  plus près des étoiles

Caresser    le     temps    souffle   de   lumière

Cueillir    l’  étincelle      que   le   ciel   dévoile

Sous     la     lave    d’un    mirage   éphémère

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Nous irons tous les deux plonger dans l’inconnu

En  dessinant les volutes d’   atmosphère

D’une cité en fête à l’instant suspendu .

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Erreur

Pour les croqueurs de mots avec Jeanne Fadosi à la barre 

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E  lle  se gliss’ sournoise dans un beau discours. 

R  egarde, tu crois    l’avoir écartée  sans heurt

R  ien  ne  lui résiste,  pas  même  le  bel  amour

E  lle  fleurit  souvent  dans  le  lit  de   la  peur

U  n  malaise  s’installe ,  point  de  non  retour, 

R  eviens  l’effacer, gomme la tout en  douceur.

 


Wandrille

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Pour les prénoms de la cour de récré de Jill Bill un clic sur le logo .

 

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W andrille   ne   badine   pas   avec   l’amour, 

A  ssez orgueilleux  mais aussi très passionné,

N   ul     n’ignore     ici    sa    ferme    volonté.

D  epuis qu’il  est  arrivé, dès le premier jour, 

R    edresssant     la   tête    avec    insistance,

I  l   inspecte   avec   sérieux    les   alentours.

L  e   premier   rival  qui  ose  sans  méfiance 

L  e défier,   devra    vite   faire   demi – tour

E  t  garder à  jamais  avec  lui ses  distances .


Lettre au père Noël

Il y a quelque temps, Domi nous demandait d’écrire une lettre au père Noël , pas n’importe laquelle puisque nous devions insérer des mots pour le moins particuliers ,(  ils sont soulignés ). Voici la mienne, vous trouverez toutes les autres en cliquant ici et vous pourrez découvrir pour qui vous avez voté . Merci à celles et ceux qui m’ont donné une voix .

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La lettre au père Noël

Cher Père Noël

J’ai huit ans ,   je vis dans une famille où la fraternité et l’amour sont de mise , un vrai petit paradis . Aussi ne vois pas cette lettre  comme le constat  d’un foutoir personnel . Non, je parle au nom de tous mes camarades que des schnocks ont un jour trompés, rien à voir avec l’argent , il ne s’agit pas de boursicoter à tort ou à travers . Je m’explique , chaque année c’est la même histoire, pour faire plaisir aux enfants  une splendeur de boule de poils se retrouve au pied du sapin , un chaton blanc comme neige, ou un chiot plus facétieux qu’un schtroumpf.   Émerveillement garanti pour ce petit être si mignon qui vient enchanter la nuit de Noël . Comme par magie , chacun veut s’en occuper, alors que d’habitude on fait la sourde oreille quand il s’agit d’aider. C’est à qui ira  le promener, le dorloter, lui préparer son repas . Petit à petit le quatre pattes prend son envol dans la maison et se considère comme un membre à part entière de sa tribu , jusqu’à ce qu’un jour ses maîtres s’aperçoivent qu’il peut vomir quand il est malade et ce n’importe où , qu’il peut puer quand il s’est consciencieusement parfumé avec la fragrance épicée  d’une charogne, qu’il se permet même d’aboyer quand il reste seul pendant des heures ou de lacérer le papier peint encollé .

Alors d’un seul coup, rien ne va plus, le cadeau de Noël devient gênant , trop embarrassant, c’est qu’aussi  il s’est mis à grandir et n’a plus rien de la mignonne petite chose qu’ils ont eue au pied du sapin et puis il mange comme quatre. Quand arrivent l’été et les vacances tant espérées, il a tout du  paria dont il faut se débarrasser. Alors il se retrouve attaché à un arbre , jeté d’une voiture, et dans le meilleur des cas aux portes d’un refuge national ,  et pourtant jamais il n’a refusé de donner tout son amour  pour l’homme .

Si je t’écris aujourd’hui alors que nous sommes dans la dernière ligne droite avant le jour J, c’est pour que tu mettes un peu de plomb dans la cervelle de tous ces humains irresponsables qui considèrent l’ animal comme un bien de consommation  qu’on jette quand il ne plait plus . S’il te plait , si tu pouvais être aux abonnés absents quand te parviennent les lettres de ces personnes , ce serait vraiment merveilleux .

Merci  Père Noël de prendre ma lettre en considération , je compte vraiment sur toi .

Poupougnette

 

N et V


L’amour et les forêts

Bénédicte Ombredanne rencontre l’auteur à la suite d’échanges épistolaires portant sur son dernier ouvrage . C’est une jeune femme cultivée, passionnée de littérature qui est sous l’emprise d’un mari qui ne supporte pas qu’elle puisse vivre autrement que par lui . Peu à peu la lectrice se livre en confidences sur  sa vie , elle lui confie une journée de rébellion en réaction au harcèlement qu’elle subit chez elle . Son mari est bourré de comportements anormaux , calculateur,  incapable d’aimer réellement. Par le biais de l’auteur nous nous demandons comment une femme indépendante financièrement exerçant un métier qu’elle aime, peut se laisser détruire par cet homme . Quelle est cette  peur qui s’empare d’elle pour ne pas oser quitter celui qui la maintient sous sa dépendance psychologique, pourquoi préférer une existence conventionnelle qui rend malheureux , se complaire dans la névrose conjugale . .

Un livre poignant d’Eric Reinhardt très justement couronné par le prix Renaudot des lycéens

“ C’est toujours par la sensation qu’on rentre dans une œuvre, c’est elle qui ouvre l’accès à la fiction , aux problématiques des personnages, aux dispositifs affectifs dans lesquels ils évoluent aux contextes familiaux dans lesquels ils se situent . Alors je travaille et retravaille mes textes jusqu’à ce que j’éprouve précisément la sensation que je cherche à produire sur le lecteur  “ nous dit Eric Reinhardt croyez moi il y réussit fort bien . Il s’applique aussi à se plonger complètement dans l’ambiance des lieux qu’il décrit , j’en veux pour preuve le passage sur l’hôpital Ste Blandine de Metz et la description de l’atmosphère de la “ bulle “ , c’est saisissant de réalité .

Quelques phrases extraites du livre :

Accepter sa propre bizarrerie pour en faire sa joie , n’est ce pas ce qu’on devrait tous faire dans nos vies “

J’attends des livres que j’entreprends qu’ils me secourent , qu’ils m’embarquent dans leur chaloupe, qu’ils me conduisent vers le rivage d’un ailleurs idéal.”

“ On est tous divisés , on est intérieurement plusieurs personnes contradictoires qui se contredisent , on est tous amenés à jouer des rôles qui en définitive sont des facettes d’une vérité unique qu’on passe son temps à intérioriser , à travestir, à protéger du regard d’autrui et finalement à trahir , parce qu’on a honte de s’avouer aussi complexe , pluriel , tiraillé , contradictoire et donc essentiellement infini alors que c’est précisément notre force “

“ le monde se divise entre ceux qui vivent la beauté suffocante d’une folle passion et ceux qui ne vivent pas l’urgence et la beauté suffocante , étourdissante , obsessionnelle d’une folle passion “


On ne voyait que le bonheur

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Je ne connaissais pas Grégoire Delacourt, là je dois dire qu’après la lecture de ce roman,  je suis absolument fan de son style , des phrases courtes mais tellement puissantes, une sensibilité à fleur de mots qui vous prend par la main pour vous entrainer au plus profond de vous même. J’avoue avoir terminé la dernière page, la larme à l’œil profondément bouleversée par toute cette histoire . Elle touche bien sur un sujet extrêmement sensible, l’amour donné ou non par les parents, la capacité à rebondir, à pardonner, la construction  de soi face au manque d’attention , la honte de soi et tous les symptômes qui peuvent y être associés  . L’émotion gagne de page en page pour ne plus vous quitter même une fois le livre refermé.

De l’histoire je ne vous livrerai que la quatrième de couverture de peur de trop dévoiler le cheminement de l’auteur .

Antoine , la quarantaine , est expert en assurances. Depuis longtemps , trop longtemps, il estime , indemnise la vie des autres. Une nuit , il s’intéresse à la valeur de la sienne et nous entraine au cœur de notre humanité .

Du nord de la France à la côte ouest du Mexique , On ne voyait que le bonheur,  offre aussi une plongée dans le monde de l’adolescence, pays de tous les dangers et de toutes les promesses .”

Quelques phrases aussi tirées du livre

“ Le bonheur est une telle ivresse , une telle violence qu’il emporte tout. Les pudeurs. Les peurs . Il peut etre si douloureux, il peut faire vaciller, anéantir. Exactement comme le malheur. Mais on ne le dit jamais, de peur que les gens se méfient du bonheur. Parceque alors tout s’écroulerait.”

“Comprendre c’est faire un pas de géant vers l’autre, c’est le début du pardon “  

“ Il ne reste de ceux qui nous manquent que le manque justement que nous avons d’eux “

” Grandir c’est découvrir qu’on n’est pas autant aimé que ça. C’est douloureux”

 

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