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Le pianiste blessé

LE PETIT JEU DE LETTRES - 168-

Pour le petit jeu de lettres de Lady Marianne un clic sur le tableau.

Le mot à trouver : silenciaire : dans l’antiquité romaine , officier qui faisait respecter le silence aux esclaves.  Se dit de religieux qui gardent le silence ,exemple les trappistes . Par extension gens qui gardent le silence .

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Ce mot de silenciaire fait écho au livre de Maria Ernestam que je viens de terminer . Un roman envoutant,   des mots ciselés à l’encre de l’ analyse des rapports humains , où l’amour et l’amitié côtoient les rêves et les promesses brisées .

“Parvient-on un jour à connaitre vraiment une personne, même parmi les êtres les plus aimés.. ?” Une sacrée question à laquelle nous confronte Marieke écrivaine qui s’apprête à envoyer un mail à son amie Véronica , professeur de musique , qu’elle n’a plus revue depuis dix ans . Mais ce n’est pas la seule posée dans ce livre :

Pourquoi Klara a – t – elle gardé le silence sur tout un pan de sa vie ?  Quels sont ses liens avec les personnes présentes à son enterrement ? Véronica sa nièce et son amie d’enfance Marieke , entreprennent un voyage pour le découvrir .  Intriguées par l’abondance de visages inconnus aux obsèques de Klara ,elles veulent savoir qui elle retrouvait à Langkawi en Malaisie puis à San Francisco lorsqu’elle partait en vacances et quelle vie elle menait là – bas  . Lancées dans cette aventure, elles vont rencontrer James ce pianiste énigmatique du bar de l’hôtel de Langkawi . Il révèle les deux amies sous un nouveau jour et ainsi fait vaciller le passé . La tension monte entre les deux femmes , la crise devient inéluctable entre Marieke toujours dans l’ombre altruiste et la  séduisante et égocentrique Véronica , le côté sincère de l’amitié fortement remis en cause . Une série  de suspicions de mensonges relance  chez Marieke les souvenirs de réels questionnements quant à l’attitude de son amie . Alors que Véronica  renâcle à poursuivre cette enquête , Marieke  prend les rênes et partout où Klara a fait escale elle essaie de lever un peu plus le voile sur ce qui relie Klara aux personnes rencontrées .

Le récit de cette amitié brisée  permet aussi à l’auteur d’aborder le sujet de la création artistique,  de la vie de couple , de la mémoire .

Quelques extraits :

“Aujourd’hui, j’ai pris conscience que je n’y échapperai pas. si je ne te contacte pas, je traînerai toujours un sentiment de manque, alors même que ma vie est en réalité satisfaisante telle qu’elle est. Mais les blessures intérieures ne s’effacent pas. Au contraire elles s’aggravent.
Depuis notre voyage, je réfléchis à ce qui fait de nous les êtres que nous sommes. les gens sont tous tellement différents. Il y a ceux qui donnent et ceux qui prennent. ceux qui parlent et ceux qui se taisent. Ceux qui se mentent à eux-mêmes et mentent aux autres, et ceux qui essaient d’être sincères même lorsque c’est impossible. Ceux qui classent les individus en bons ou mauvais sans comprendre que tout le monde peut être à la fois l’un et l’autre, que chacun fait de son mieux.
Je me demande quel genre de personne je suis. Probablement un mélange de tout cela. ”

“A un moment ou à un autre, toute relation connait un tournant. Celui-ci se produit le plus souvent quand l’amour est devenu une habitude et une évidence. Lorsque nous ne comprenons pas que les rituels quotidiens, la fierté que l’on éprouve l’un pour l’autre et les petites attentions inaccoutumées que l’on se témoigne, sont des choses aussi belles et précieuses que les expériences sexuelles ou le champagne le plus coûteux.”

“ Je me dis qu’il ne faut jamais perdre la musique que l’on a un jour possédée. Ou bien les mots …where did he go ? …où est il allé ?

J’ai compris que nous sommes tous des accords brisés . Mais dans toute vie , il existe un son fondamental qu’il appartient à chacun de nous de trouver “

 

 

 

 

 

 


Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie, Luciole 83 à la barre, nous propose comme   thème “la relation à l’autre” j’ai choisi deux poèmes de Tahar Ben Jelloun.

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Tu es sortie du miroir

Comme un souvenir égaré

Une impression ou une image

Retouchée par le peintre

Un panier de fruits de saison

A la main

Quelques pétales de roses

Sur le sol

C’est le tapis que tu préfères

Ne manque que le chat

Et ses aventures

Tu es sortie

pour voir si le monde est toujours là

Avec ses forêts et ses océans

Avec ses amoureux et ses justiciers

Ses saisons et ses tempêtes

Tu as fermé les yeux

Puis tu as rejoint ton étoile.

*********

L’amitié est un don

Gratuité absolue

Soleil par tous les temps

Sous toute latitude

C’est une fulgurance de présence

Une prairie entre les mains

Une soudure fraternelle

Sans le moindre doute

Sans le soupçon de la vipère

Une rivière paisible

Où les mots et leur gaine

Avalent la douleur de l’ami .