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mot mystère

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Le mot mystère à trouver : accointances : terme péjoratif, relation liaison avec d’autres personnes.

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Je tenais à partager avec vous le billet de vendredi dernier de François Morel sur France Inter  suite aux actes inqualifiables dont sont victimes les chevaux et autres équidés . (Pour l’écouter un clic sur la photo) . Pour une fois  il énonçait sans humour  mais toujours avec cet accent poétique remarquable, les nombreux services que cet animal a rendu à l’homme .  Ce “ voilà comment on te remercie le cheval” sonne  le glas de cette relation privilégiée . Comme si d’un seul coup  les accointances avec l’ignominie et le mal  prenaient le pas sur  toute humanité .

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Voilà comment on te remercie le cheval

Toi qui depuis des millénaires a été le meilleur auxiliaire de l’homme. Toi qui as été son fidèle adjoint, son compagnon, son plus proche associé. Toi qui l’as aidé, assisté, soutenu. Toi qui l’as servi. Toi qui as donné de ta personne en demandant si peu en échange. Toi qui l’as fait voyager, toi qui lui a permis de se relier avec les autres hommes, qui grâce à toi pouvaient communiquer, s’envoyer des dépêches, des correspondances… parfois des mots d’amour.

Voilà comment on te remercie le cheval

Toi qui en avais souvent plein le dos, mais avançait quand même. Toi qui as labouré, tiré la charrue, toi qui as fit la guerre, traversant la misère, le froid, la neige dans des combats qui n’étaient pas les tiens, dans des guerres perdues d’avance puisque tu n’avais jamais rien à y gagner.

Toi qui n’as jamais ménagé tes efforts, toi qui as accepté – courbant l’échine – d’être de trait, d’attelage, de selle, de course.

Voilà comment on te remercie le cheval.

Toi qui as tenté de rendre l’Homme meilleur, l’a fait chevalier. Toi qui t’es fatigué à le distraire, à le divertir, à Auteuil, Longchamp, Enghien, le faire parier, miser… rêver. Toi, pourtant capable de dormir debout, toujours aux aguets, d’un sommeil sans rêve. Toi qui as fait l’admiration de tous, sur les hippodromes, et sous les chapiteaux, sur la piste.
Je me répète : toi qui as tenté de rendre l’Homme meilleur. Si souvent enclin à être cavalier, cavaleur, le faisant… chevaleresque.

Voilà comment on te remercie le cheval.

Toi qui, par délicatesse, sur les chemins de terre, perdais parfois un fer, histoire de nous porter chance, de nous redonner espoir.

Voilà comment on te remercie le cheval.

Et tu vas voir que mes quelques mots de sympathie et de reconnaissance vis-à-vis de toi seront critiqués par des abrutis, qui me reprocheront de parler de la douleur des chevaux au lieu de parler de celle des enfants du monde entier, comme si le cœur devait faire le tri parmi les enfants martyrisés, les vieillards battus, les animaux torturés. Alors que l’horreur de supplicier les faibles devrait alerter chacun, dans tous les cas, sans avoir besoin de passer un concours de l’ignominie. Sans tenter de revendiquer la meilleure place sur le podium, dans une compétition concurrentielle de sentiments compassionnels.

Voilà comment on te remercie le cheval.

Petit cheval dans le mauvais temps, aux mâchoires coupées, aux flancs lacérés, aux organes génitaux mutilés. Faut-il qu’il soit mauvais le temps pour s’en prendre à toi cheval, tous derrière et toi devant, tout seul, face à l’homme, qui s’éloignant de son passé de chevalier semble avoir une fâcheuse tendance à perdre son humanité. “

François Morel

Le vibrant plaidoyer de François Morel pour défendre les chevaux


Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Pour le tableau du samedi un clic sur le logo.

Fardoise nous propose de rendre hommage aux chevaux, la plus noble conquête de l’homme si l’on en croit le comte de Buffon. Des animaux  toujours au service de l’homme  en temps de guerre comme en temps de paix qui connaissent en ce moment des attaques odieuses , des barbares les assassinent ou les mutilent . 

Je  continue à partager des œuvres de  peintres lorrains   et vous propose  d’abord de  voir  le cheval sans aucun harnachement.

“ Cheval à l’écurie” de  Jean – Edouard LACRETELLE

LACRETELLE J.E. 1 On pourra noter le magnifique rendu de la robe alezane de cet étalon , la pureté des aplombs traduisant l’élégance incontestable de ce pur sang. Dans son œil subsiste  un questionnement , comme si la méfiance vis à vis de l’homme ne s’était pas complètement envolée .

LACRETELLE J.E. 11

“ Femme tenant un cheval gris, un chien à ses pieds sur fond de paysage “

Le deuxième tableau du même artiste  nous présente  cette fois – ci le cheval et sa cavalière  en pleine nature . J’aime beaucoup le contraste des deux  sujets , le gris  blanc  du cheval souligné par  la bride et la selle et le noir de la robe au drapé recherché de la cavalière . Un concours d’élégance entre humain et équidé , je ne saurais à qui accorder la première place . On remarquera aussi la cession d’encolure naturelle  du cheval intrigué par l’’impertinence de ce petit chien , mais sans le moindre affolement de l’équidé.

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LACRETELLE Jean Edouard

Forbach 1817 – Paris (16e) 1900

Peintre, dessinateur, lithographe et graveur en taille-douce

Fils d’un notaire.

Son père était né à Forbach, sa mère, fille d’un officier, à Grosbliederstroff (57)

Issu d’une famille d’origine lorraine qui compta des avocats, des officiers et deux académiciens, Edouard était le cousin de Pierre Henri de LACRETELLE (né à Paris en 1815), avocat et député de Saône-et Loire, et de Charles Nicolas LACRETELLE (né à Pont-à-Mousson en 1822), général de division et député du Maine-et-Loire. Il était aussi apparenté au futur écrivain Jacques de LACRETELLE (né à Cormatin, 71, en 1888).

Il étudia à Paris mais sa formation est mal connue. En 1841, il débuta au Salon où il exposa épisodiquement jusqu’en 1889. S’étant rendu une première fois à Londres en 1851, il y retourna au début des années 1860 et devint un des portraitistes de la haute société anglaise. Il opta pour la France en septembre 1872, déclaration faite à Londres où il participa aux expositions de la Royal Academy entre 1851 et 1891. Les catalogues du Salon nous indiquent que, pendant son second séjour londonien, ses marchands parisiens furent successivement GIROUX, boulevard des Capucines (en 1865) et CARPENTIER, boulevard Montmartre (de 1868 à 1870). Il prit part en 1869 à la première exposition du Palais de Verre de Munich. Il participa aussi à l’exposition de la SAA de Strasbourg (1863) où ses parents décédèrent en 1864 et 1866, puis à l’exposition parisienne « Blanc et Noir » en 1888. Il avait épousé en 1861 à Londres Phoebe Lydia HUNTER, fille d’un négociant âgée de vingt-trois ans. Devenu veuf, il se remaria en 1878 (toujours à l’église londonienne de la Trinité) avec Hortense BORNOZ, de quarante ans sa cadette, dont il eut deux filles. Ayant des problèmes mentionnés dans The London Gazette, il revint fin 1879 à Paris où il présenta peu après ses œuvres à l’hôtel du Helder et chez DEFORGE, rue Halévy.

LACRETELLE se tint à l’écart de la vie artistique lorraine si l’on excepte une copie de L’Assomption de MURILLO commandée par l’Etat en 1843 et destinée à l’église Saint-Nicolas de Sarreguemines. Y est-elle ?

Il pratiquait l’huile, l’aquarelle et le pastel. Avant tout portraitiste, il peignit notamment quelques portraits équestres mettant en valeur ses modèles, ainsi que les chevaux et les chiens de la famille royale d’Angleterre. Il exécuta aussi des scènes de genre et des compositions religieuses ou historiques.

La production de cet artiste académique se caractérise par une facture lisse, appréciée à son époque, qui explique son succès des deux côtés de la Manche. Ses portraits féminins à l’huile ont l’élégance de ceux de WINTERHALTER comme en témoigne l’œuvre vendue à Lewes en 2010.

Edmond VILLETARD remarqua ses premiers envois au Salon après son retour à Paris : « M. Jean Edouard Lacretelle, qui a longtemps habité l’Angleterre, où son talent lui avait attiré de nombreuse et hautes sympathies, avait exposé un portrait d’homme vraiment remarquable, où l’on sentait la vie de l’âme autant que la vie du corps ; ses deux portraits de femme, dans la salle des aquarelles, ont eu aussi un juste succès et lui ont prouvé qu’il aurait bientôt retrouvé sa place parmi les artistes français. »

En tant que graveur, il réalisa aussi des portraits. En juin 1880, la une du Figaro mentionne une eau-forte représentant le duc de Broglie exposée chez GOUPIL.

Son anglophilie était partagée par son frère Jean Léandre (Forbach 1819 – Londres 1879) qui opta lui aussi pour la France en Angleterre. La fille de celui-ci, Eugénie Gabrielle épousa en 1864 Denis Arthur BINGHAM, baron de Clanmorris, un publiciste et auteur d’origine irlandaise qui, installé en France, écrivit plusieurs ouvrages sur l’histoire de notre pays, notamment sur le siège de Paris et la Commune.