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Jeudi croqueurs de mots

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Pour cette quinzaine c’est Laura Vanel Coytte (clic)  qui est à la barre du bateau des croqueurs de mots

Comme j’ai raté le coche des deux premiers rendez – vous, je vais essayer de me rattraper aujourd’hui en intégrant à ce dernier volet des réponses aux deux premiers .

Voilà ce que nous dit Laura:

_  Même si je suis (professeur) documentaliste, je ne retrouve pas qui a dit (à peu près) « Aimer quelqu’un, c’est s’intéresser à lui »

Si vous pouviez me retrouver l’auteur de cette citation et comment elle est formulée exactement. Comme il s’agit d’un atelier d’écriture, écrivez à partir de cette citation (que je crois être de François Truffaut).

_  Mon réalisateur préféré est François Truffaut, quel est le vôtre ? Si vous n’en avez pas, parlez-moi de votre film ou genre de film préféré ? Mais il s’agit de cinéma plutôt en salle qu’à la maison (même si vous revoyez le film à la télé ou en DVD), pas de téléfilm ou de séries télé.

_ Puisque ressort, l’intégralité des critiques cinéma de François Truffaut, parlez-moi de cinéma, du plaisir d’être dans une salle obscure avec d’autres. Ou de votre acteur ou actrice préféré partant toujours du principe qu’« Aimer quelqu’un(ou quelque chose), c’est s’intéresser à lui (cette chose)».

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Comme plusieurs d’entre vous en recherchant l’auteur de cette citation proposée par Laura , je n’ai pas trouvé exactement la même phrase  mais celle qui se rapproche le plus est celle de Jean Vanier dans le journal La Croix qui dit exactement ceci :

« Aimer est un mot galvaudé. Aimer, c’est s’intéresser vraiment à quelqu’un, lui être attentif ; c’est le respecter tel qu’il est, avec ses blessures, ses ténèbres et sa pauvreté, mais aussi avec ses potentialités, ses dons peut-être cachés ; c’est croire en lui, en ses capacités de grandir, c’est vouloir qu’il progresse ; c’est avoir pour lui une espérance folle : " Tu n’es pas foutu, tu es capable de grandir et de faire de belles choses, j’ai confiance en toi. "

En recherchant un peu dans d’autres ouvrages j’ai noté aussi une phrase de Gabriel Madinier dans son essai sur le nous .

“Aimer c’est s’intéresser à ce que l’autre est à la première personne et dans son don pour soi , c’est s’efforcer de le constituer dans son intimité , c’est le vouloir comme liberté et principe d’initiative “Gabriel Madinier essai sur le nous

“L’homme qui aime vraiment s’attache dans l’aimé à ce qui est le plus intime , à la personne même dans sa singularité”.

Je pourrais encore citer Christian Bobin pour tenter de définir ce qu’aimer signifie .

“ Aimer quelqu’un, c’est le lire. C’est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le cœur de l’autre, et en lisant le délivrer. C’est déplier son cœur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était à lui-même un livre écrit dans une langue étrangère. Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade et, quand je regarde un visage, j’essaie de tout lire, même les notes en bas de page.”

 

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En abordant le cinéma pour ce défi, il faut bien que je vous avoue que nombreux sont les réalisateurs qui m’ont fait passer de merveilleux moments dans les salles obscures . Plus j’essaye d’en isoler un moins j’y arrive. Car oui, il y a des atmosphères  bien spécifiques à chacun et cette diversité me plait. 

C’est pourquoi  j’aurais bien dit Bertrand Tavernier avec ses inoubliables portraits de la société dans   “Que la fête commence” ”Coup de torchon” “l’horloger de St Paul”” La vie et rien d’autre “  “ Le juge et l’assassin” en collaboration avec cet acteur clé dans son œuvre qu’est Philippe Noiret. Je me souviens encore de sa magistrale interprétation du juge devant un Michel Galabru non moins excellent dans son rôle d’assassin. Impossible de ne pas aimer sa vision du film historique dans “Que la fête commence” mettant en scène l’histoire vraie de la conspiration de Pontcallec  et son choix toujours judicieux des acteurs comme Jean – Pierre Marielle , Jean Rochefort , Marina Vlady et bien sur Philippe Noiret .

Mais quid  de Pedro Almodovar, de sa liberté de ton, de sa gestion du mouvement et de la symbolique des couleurs , de sa façon de traiter  l’identité sexuelle , de mélanger le banal et le spectaculaire de  la société, l’humour et l’émotion, de sa vision de la femme aussi bien dans” Femmes au bord de la crise de nerfs”  “Talons aiguilles “ que dans “ Tout sur ma mère” “ Parle avec elle“ .

Mais sans oublier  non plus oublier Woody Allen et ses  irrésistibles comédies de mœurs avec son univers de questions existentielles obsédantes dans “Annie Hall “, “Manhattan”  créant un style Allen parfaitement identifiable . Je ne peux m’empêcher d’évoquer aussi son film à sketches hilarant, un vrai délire où l’humour du réalisateur fait mouche  “ Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans oser le demander”. 

Impossible non plus d’écarter Hitchcock et sa gestion du suspens , j’avoue avoir souvent tremblé en regardant “Psychose” agrippant fort la main de ma moitié pour ne pas hurler. Oui , là il n’est pas question d’analyser quoi que ce soit, je vis la scène comme si  c’était moi qui étais sous la douche ou attaquée par les corvidés dans “les Oiseaux”.

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Je pourrais encore allonger cette liste de réalisateurs à l’envi car le cinéma j’aime, et si maintenant je fréquente beaucoup moins les salles obscures,  cela n’a pas été le cas pendant des années. D’autre part, dans mon activité professionnelle, j’ai favorisé  ces sorties et je dois dire qu’elles étaient fort appréciées par les personnes que j’emmenais.

Quel plaisir de sentir vibrer une salle en phase avec  le film , que ce soit par les rires partagés ou le silence ponctué de quelques raclements de gorges quand l’émotion est à son comble . Quelle communion intense quand, à la fin du film, tous les spectateurs restent figés ne pouvant s’arracher aux dernières images du générique, comme hypnotisés par ce qu’ils viennent de voir. Le plus souvent il faut attendre la sortie à l’air libre pour que les langues se délient et que chacun puisse échanger ses impressions.

Il reste néanmoins que j’en profite encore avec mes petits enfants de ce grand écran et aussi pour des films où la nature est aux premières loges comme “Océans” “ Microcosmos le peuple de l’herbe” “ Le peuple migrateur” .

 

 


La fête de la Mirabelle

La première édition a lieu à Metz en 1947, elle est organisée par l ‘Association des prisonniers de guerre de la Moselle. Il n’était pas prévu au départ qu’il y en aurait une  autre mais elle connut un tel succès qu’elle fut reconduite tous les deux ans d’abord puis devint annuelle à partir de 1953 .

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Une semaine avant que ne débute cette fête, une reine de la mirabelle est élue qui défilera avec ses dauphines sur un char fleuri le jour du corso. C’est de ce dernier qu’il va être question dans ce billet mais ne vous y trompez pas , il n’est pas le seul à faire venir un nombreux  public pendant cette dernière quinzaine de jours du mois d’août . Concerts, spectacles, village de la mirabelle, le tout place d’Armes ,  marché gourmand à l’esplanade, fête foraine sur la place de la de la république et bientôt montgolfiades au plan d’eau les animations  sont nombreuses pendant cette période du 18 aout au 2 septembre.

Cette année le corso fleuri a pour thème le cinéma , un petit clin d’œil pour la prochaine ouverture ( le 30 aout à 18 heures  ) du Klub, le nouveau cinéma d’art et d’essai de la place St Jacques . 

Voilà la fresque de la rue Blondel ( par Leskule et Kogaone ) terminée correspondant à l’arrière du cinéma ( photo prise ce matin car je tenais à vous la montrer en entier )

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“Un prince à Venise” ce film sur Antonio Vivaldi de Jean Louis Guillermou de 2006 trouvera sa place dans le cortège  même si il n’a pas rencontré un accueil favorable des critiques lors de sa sortie .

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“Shrek” et sa princesse Fiona avant la sortie de son cinquième opus connaissent un franc succès  ce dimanche.

P8262729WP_20180826_001 Les fameux “gendarmes”  ne sont pas oubliés .

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“Taxi” n’est pas bien loin ,   les radars vont ils réussir à lui tirer le portrait ? 

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Peter et Elliott le dragon sont aussi invités pour faire la fête en ce dimanche ensoleillé .

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Batman et sa batmobile ne passent pas inaperçus non plus  dans le défilé

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“Les pirates” du cortège ne sont pas dangereux ils ne vous envoient que des fleurs.

P8262750 Quant à “Alice” elle est venue avec ses cartes maitresses , celles du cœur .

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Vient ensuite le char recréant le palais du Taj Mahal  de la reine Alicia Oury et de ses dauphines , Ekaterina Esebua et Elisa Humbert.

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Et ce n’est pas fini il me reste encore des photos et vidéos à vous montrer mais ce sera pour un autre billet , en attendant je vous souhaite un excellent mardi .


Mélanie

Les Cabardouche ( clic) à la barre des croqueurs de mots nous propose à la manière de Clémentine Mélois ( clic ici) de faire parler la personne qui a pu écrire cette liste de courses .

Mélanie

Constance et Maxime passeront certainement cette après – midi , en coup de vent comme d’habitude mais je suis sure qu’ils ne seront pas mécontents de gouter les sablés que je vais leur préparer . Je sais, la période des fêtes est passée, mais ces gâteaux là tout le monde en raffole, je ne vois pas pourquoi ils seraient juste réservés au mois de décembre . Qui sait, ils resteront peut être à diner avant d’aller au cinéma , je vais prévoir un poulet à la monégasque , au marché ils ont de la volaille d’exception . En y resongeant , voilà longtemps que je n’y suis pas allée dans une salle obscure , c’est vrai que maintenant avec la taille des écrans de télévision et les chaines multiples , les films peuvent être visionnés tranquillement chez soi et rapidement après leur sortie . Constance m’a parlé d’un film avec François Cluzet mais impossible de me rappeler le titre ,  cette fichue mémoire me joue des tours depuis quelque temps , je note de plus en plus pour ne pas oublier . Pour Félix je ne risque pas de l’oublier, il a une vraie horloge dans le ventre , s’il n’a pas ses croquettes au saumon il devient infernal .

Ouh la la , dix heures  je ne vois pas le temps passer ce matin .   Pas question de prendre  la voiture pour aller en ville, se bouger un tantinet c’est essentiel et en plus c’est parfait pour  oublier  la morosité et ne pas s’ankyloser . La voiture,  c’est bien pratique mais   mieux vaut l’oublier pour les petits trajets.   La couleur du ciel n’est pas franchement rassurante mais  d’après la météo agricole , la pluie n’est prévue que pour ce soir. J’hésite encore ,  vélo ou marche.  Allez  le deux – roues,  j’ai quand même quelques courses à ramener    .Tiens à propos , je me demande si le maire a prévu de nouvelles pistes cyclables ,  les gens commencent à prendre l’habitude de rouler sur les trottoirs, un de ces jours il se pourrait bien qu’il y ait des accrochages avec les piétons , surtout entre chien et loup .

Ai – je  bien ma liste dans la poche ?  mieux vaut vérifier , c’est bon, elle est là  maintenant il n’y a plus qu’à pédaler  .    

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Jacques Ibert

Pour l’abécédaire de la musique classique chez Violette un clic sur le logo

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Jacques François Antoine Marie Ibert est un compositeur français, né le 15 août 1890 à Paris 10e, ville où il est mort (16e arrondissement) le 5 février 1962. Il aurait pu faire partie du groupe des 6 comme Arthur Honegger dont j’ai parlé la semaine dernière . Il n’a pu répondre à l’invitation de Darius Milhaud le jour de de la fondation du groupe .

 

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Grand prix de Rome en 1919, “Escales” le révèle au public . Nommé directeur de l’académie de France à Rome en 1937 , il quitte l’Italie en 1940 après que Mussolini ait déclaré la guerre à la France . Il est accusé de désertion par le nouveau régime de Pétain , il est démis de ses fonctions et on interdit de faire jouer ses œuvres . Il part se réfugier à Antibes et compose dans une semi -  clandestinité . Après la guerre, il sera rétabli dans ses fonctions et redirigera la villa Médicis jusqu’en 1960.

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Il a composé des opéras, des ballets, des musiques pour le théâtre, le cinéma et la radio, des œuvres vocales ou instrumentales légères et mélodieuses qui n’oubliaient pas des instruments souvent délaissés. Sa musique illustre brillamment les qualités reconnues, de manière conventionnelle, à la musique française que sont la clarté et l’élégance.

Pour plus de renseignements sur son œuvre un clic ici.

 


l’invitation d’ Anselme

Domi capitaine nous demande d’ouvrir à la page 5,  5 livres les plus proches de nous et d’insérer la cinquième phrase . J’ai suivi scrupuleusement la consigne , si si je suis tres disciplinée et en me retournant j’ai attrapé cinq livres dans la bibliothèque la plus proche . Voilà les phrases obtenues :

  • “Ce gadget qui me permet de joindre les autres n’importe où , n’importe quand “ le temps de la sorcière d’  Arni Thorarinsson
  • “il se demanda si cette démarche étrange ne pourrait pas à l’occasion produire quelque nouvelle idée et m’invita à travailler avec lui .” de chair et d’âme; Boris Cyrulnik
  • “Ce soir n’y tenant plus je me suis précipité chez le médecin.” le philosophe nu;  Alexandre Jolien
  • “les chaises dorées avec leurs tapisseries usées étaient disposées de ci de là, guindées comme des domestiques trop nombreux qui n’ont rien à faire.”  Nuits noires de John Steinbeck
  • “On ne savait rien de sa famille , ni de sa maison.”  “Mondo” de JM Le Clezio

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En empruntant le chemin  indiqué sur l’écran , je me demandais   si j’avais bien fait d’accepter l’invitation d’ Anselme Gravatar  . On ne savait rien de sa famille , ni de sa maison, mais lui était un peu connu dans le milieu artistique . J’avais entré l’itinéraire dans ce gadget qui me permet de joindre les autres n’importe où , n’importe quand , heureusement sinon je me serais certainement perdu . Mais comment faisait – on avant quand cet appareil n’existait pas ?   Je me le demande . Arrivé au numéro 11 de la rue d’enfer, je sonnais . Quelques minutes passèrent avant qu’il apparaisse . Il me fit entrer dans une pièce semblant appartenir à un passé révolu . Les chaises dorées avec leurs tapisseries usées étaient disposées de – ci de – là guindées comme des domestiques trop nombreux qui n’ont rien à faire . Un épais tapis, quelque peu élimé par endroit, recouvrait un sol qu’on devinait dallé . Un peu distrait  par le mobilier et l’atmosphère ambiante , je marchais sans regarder où je mettais les pieds contrairement à mon habitude , c’est alors que je trébuchai dans un pli du tapis et me tordis la cheville .

“ Ah mon dieu , vous avez l’air de ne pas avoir le pied très  ferme  , jeune homme, heureusement ce que je vais vous demander ne nécessite pas forcément de jouer au funambule “ ne put s’empêcher de remarquer Anselme.

En me voyant marcher,  claudiquant quelque peu, il se demanda si cette démarche étrange ne pourrait pas à l’occasion produire quelque nouvelle idée et m’invita à travailler avec lui .  Dans la pièce voisine  se trouvait un immense bureau encombré de classeurs,  de photos , et de revues de cinéma , il me proposa  de prendre place . Je me me calai  dans un grand fauteuil au vieux  cuir marron  quand il  commença à m’exposer son projet .

“J’ai regardé  les vidéos que vous avez postées sur you tube , je trouve que vous avez un certain talent. Voici  le scénario de mon prochain court métrage , je vous propose d’en  faire la bande son . “

L’histoire  était assez délirante , il s’agissait de deux vampires qui se retrouvaient après des années d’errance  dans  d’autres galaxies.  Je le laissais m’exposer ce qu’il désirait , je pris des notes sur les scènes  qu’il voulait  mettre en valeur avec un changement de tempo , peut être même avec un style musical différent . Au bout de deux heures je savais à peu près ce que j’allais écrire .

Il me demanda si je désirais un verre de whisky accompagné de quelques pistaches, je déclinai  cette offre car je devais encore passer au journal avant midi pour déposer deux articles  . Je pris donc congé et rejoignis tant bien que mal mon véhicule .  Je déposai comme prévu les articles sur les groupes des années 70 et me plongeai dans les notes prises chez Anselme . Au bout de quelque temps , les premières mesures de la partition s’imposèrent . Mais ma cheville soudain se rappela à mon bon souvenir , d’abord discrètement puis de plus violemment et ce soir n’y tenant plus je me suis précipité chez le médecin . En voyant l’hématome  le brave homme a d’abord poussé un cri :

“ Mazette vous n’avez pas fait semblant ! “

Puis il m’a vivement conseillé de garder le plus possible le pied à l’horizontal ,  m’a posé un pansement compressif et prescrit quelques antalgiques ainsi qu’un arrêt de travail .

J’ose espérer que ma  participation plaira à Anselme car  à cette heure je n’ai pas fermé l’œil de la nuit et la douleur est , comment dire , paroxystique ….

* * * Coucou en voyant vos commentaires , je dois préciser  que ce texte est purement imaginaire , je ne suis pas actuellement bloquée avec une entorse douloureuse mais j’en ai tellement eu que je n’ai eu aucun mal à l’infliger à  Philou mon personnage masculin .