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Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Pour le  tableau du samedi initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise un clic sur le logo.

Lilou nous propose pour cette quinzaine la neige sous toute ses formes.

J’ai  choisi pour ce samedi un tableau d’EMILE FRIANT à qui j’ai déjà consacré plusieurs samedis , que voulez vous la dernière exposition à Nancy m’ a marquée à plus d’un titre .

Jeune Nancéenne dans un paysage de neige ( musée des beaux arts de Nancy )1887

Huile sur bois 

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J’aime beaucoup le portrait  de cette  jeune femme, toute de noir vêtue, coiffée d’une superbe toque ornée de plumes rehaussant encore son allure distinguée . L’ œil s’attarde sur  cette jeune personne,  son sobre et élégant manteau et le manchon dans lequel ses mains gantées sont insérées , le noir soulignant à merveille sa silhouette gracieuse et

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son visage quelque peu rosi par le froid .

Le paysage blanc enneigé que nous voyons est traité de façon  plus elliptique , mais on peut y apercevoir outre quelques rares passants , la silhouette des bâtiments de la Cure d’Air St Antoine  qui domine Nancy. Emile Friant a davantage que pour l‘art du paysage, un gout pour la figure humaine comme le prouvent ses nombreux autres portraits.

Pour en savoir plus sur Emile Friant peintre lorrain né à Dieuze en 1863 et mort à Paris en 1932 un clic ici sur un de mes articles   


Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Pour ce samedi Lilou ( clic)  nous laisse toute liberté pour le thème.

 Comme il est tard, je vous propose de publier un tableau que vous emmèneriez sur une île déserte.”

Je vous propose un tableau d’Emile Friant intitulé les amoureux ou soir d’automne

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“Soir d’automne ou les amoureux” d’Emile Friant 1888

Emile Friant choisit ici un de ses lieux favoris de promenade  à Nancy, le site des Grands Moulins et du Pont – Cassé  .  D’emblée notre regard est attiré par les personnages  du premier plan plus nets que le reste du tableau . Nous sommes  en connivence avec eux sur cette passerelle enjambant la Meurthe, profitant de ce tête à tête dans la douceur d’un soir d’automne . Aucune arrogance de la part du jeune homme,  pas de mièvrerie non plus dans l’ attitude de la jeune femme accoudée de la même manière, la joue sur sa main , non juste un réalisme vraiment bien saisi .  Une atmosphère automnale  dont le calme et la sérénité incitent à la pause .

J’aime cette absence d’artifice dans  ce moment partagé entre les deux amoureux . Les avant – bras esquissent un triangle dont la base est constituée par leur regard .C’est dans ce petit espace qui les isole du monde, où le temps s’est arrêté, que se passe l’essentiel . Ce dernier est  d’autant mieux préservé que le peintre l’entoure d’une  nature paisible par des touches légères , rapides et claires.

Cette œuvre est exposée au salon de Nancy de 1888 et est reconnue comme le clou de la présentation . Le critique de la Lorraine artiste qui rend compte de cette première exposition  dans les galeries Poirel n’hésite pas à écrire que cette œuvre est l’une des meilleures d’Emile Friant , peut être la meilleure de celles qu’il connait : “ C’est à coup sur le tableau où il y a le plus de sentiment …L’émotion est rendue et se communique “

J’avoue qu’en visitant l’exposition qui était consacrée à cet artiste à Nancy ,  cette huile sur toile de 111 par 145 cm m’a littéralement attirée .

Pour celles et ceux qui voudrait connaitre un peu mieux Emile Friant je vous propose une partie de la fiche qu’a écrite  ma moitié ( l’intégrale faisant 20 pages ! )

Emile Friant

Dieuze 1863 – Paris 1932

Peintre, dessinateur, graveur en taille-douce, lithographe, décorateur, sculpteur et professeur de dessin

Fils unique d’un chef d’atelier à la maréchalerie des salines de Dieuze et d’une couturière.

Son père était né à Dieuze, sa mère à Bassing (57). Ayant opté pour la France en septembre 1872, sa famille s’installa à Nancy où son père fut contremaître dans une fabrique de lits en fer avant de fonder rue Jeanne d’Arc une petite entreprise de serrurerie.

Le jeune Emile fréquenta de 1875 à 1878 l’école Loritz où il suivit les cours de dessin d’Ernest CHARBONNIER*. Il fut ensuite élève au lycée de Nancy mais, attiré par l’art, interrompit ses études et compléta sa formation générale auprès de professeurs particuliers. En effet, dès l’âge de douze ans, il avait été admis par Théodore DEVILLY* à l’Ecole municipale de dessin et de peinture où il se lia avec Victor Prouvé*, Camille MARTIN* et les futurs sculpteurs Mathias SCHIFF* et Ernest Bussière. Il débuta au Salon de Nancy en 1878 et, l’année suivante, une bourse de la ville et du Conseil général lui permit de se rendre dans la capitale où il fut admis à l’Ecole des beaux-arts, dans l’atelier d’Alexandre CABANEL, déjà fréquenté par Prouvé. Il fit dès lors des allées et venues entre Nancy et Paris où il reçut le soutien d’Aimé MOROT* et de Jules BASTIEN-LEPAGE* qui influença profondément la suite de sa carrière. En 1882, sa première participation au Salon parisien lui valut une mention honorable. L’année suivante, encouragé par DEVILLY, il concourut pour le prix de Rome mais n’obtint que le second prix. Il persévéra sans plus de succès dans la quête de la récompense suprême en 1884 et 1885. Ami de Charles de MEIXMORON de DOMBASLE* dont il avait fait le portrait en 1883, il fit un long séjour dans sa propriété de Diénay à l’automne 1884. L’année suivante, il rencontra chez le maire de Nancy Constant COQUELIN, comédien célèbre qui devint son mécène et, par ses relations, favorisa la renommée de l’artiste. Cette période d’intense activité fut à peine interrompue par son service militaire qu’il fit à Paris en 1885-86 et au cours duquel il réalisa les portraits des officiers et sous-officiers de son bataillon. Ses participations au Salon lui valurent des médailles (3e clase en 1884, 2e classe en 1885) et une bourse de voyage en 1886. Dès la fin de l’année, il découvrit la Belgique et la Hollande avec Henri ROYER* et Armand LEJEUNE*. Ce dernier l’accompagna également en Italie (Gènes, Rome, Venise, Naples), à Malte et à Tunis au printemps 1887. L’année suivante, FRIANT découvrit l’Angleterre en compagnie de l’acteur Jean COQUELIN, fils de Constant. 1889 est celle de la consécration : sa grande composition intitulée La Toussaint lui valut le prix du Salon ainsi qu’une nouvelle bourse de voyage et fut achetée par l’Etat pour le Musée du Luxembourg ; il reçut la Légion d’honneur et dix de ses œuvres furent présentées à l’exposition décennale de l’art français dans le cadre de l’Exposition universelle où il obtint une médaille d’or. En 1890, il délaissa le Salon des Artistes français pour celui de la Société nationale des Beaux-Arts qui venait d’être créée et était présidée par Ernest MEISSONIER, l’un des artistes qu’il admirait le plus. Cette même année, il retourna en Hollande, visita l’Espagne, Monaco avec H. ROYER, et découvrit Alger en compagnie du jeune explorateur nancéien Paul CRAMPEL (1864 – 1891) qui fut assassiné quelques mois plus tard en Oubangui-Chari. En 1892, il fit un nouveau séjour en Algérie, se rendant à Biskra avec Raoul de DOMBASLE*. Outre ces voyages, il vivait alors le plus souvent à Nancy, ne se rendant dans la capitale que deux ou trois fois par an pour y revoir ses amis et conserver ses contacts artistiques. Il y avait repris l’atelier d’Auguste FEYEN-PERRIN*, 11 boulevard de Clichy, après la mort de celui-ci en 1888 (PICASSO séjourna dans le même immeuble de 1909 à 1912). Il prit part à l’Exposition universelle de Chicago (1893) et à l’Exposition internationale de Bruxelles (1897). Il reçut une nouvelle médaille d’or à l’exposition décennale de l’Exposition universelle de 1900 (pour laquelle il était membre du comité départemental), fut promu officier de la Légion d’honneur l’année suivante et devint en 1906 professeur de dessin aux cours du soir de l’Ecole nationale des beaux-arts en remplacement de Luc Olivier MERSON. En 1908, ses portraits furent appréciés à l’Exposition universelle de Londres.

Ces hommages ne l’empêchèrent pas de s’intéresser à la naissance de l’Ecole de Nancy dont il était membre du Comité directeur à sa fondation en février 1901. Quelques jours plus tard, à la suite d’un article désobligeant à l’égard de Jules LARCHER*, directeur des Beaux-Arts de Nancy, qu’il avait publié dans la presse parisienne, il affronta Gaston SAVE dans un duel au pistolet dont tous deux sortirent indemnes. Sportif accompli également féru de technique, il était membre de l’Automobile-Club lorrain et, s’intéressant à l’aéronautique, il fonda en 1893 avec son ami le mécène Eugène CORBIN une société aérostatique. Son expérience d’aérostier lui inspira une huile : Au pays des nuées. Egalement passionné par l’aviation, il fut avec le photographe Henri BELLIENI l’un des piliers de la Ligue aérienne de l’Est. Pendant la Première Guerre, il participa à des vols de reconnaissance, collabora au camouflage des avions et des véhicules au sol, mit au point diverses inventions techniques et, attaché au service de l’état-major de la VIIIe armée, inventa un procédé d’écriture cryptée. En tant qu’artiste, il dessina plusieurs affiches de propagande patriotique et participa entre août 1917 et janvier 1918 à quatre missions des peintres aux armées sous l’égide du sous-secrétariat d’Etat aux Beaux-Arts. En 1918, il présenta à l’exposition organisée au Petit Palais au profit des œuvres de guerre Les poilus, toile peinte en 1915. Cette œuvre aujourd’hui disparue, connue par la photographie, était la seule de l’exposition représentant un combat.

La paix revenue, il poursuivit sa carrière, surtout comme portraitiste et abandonna le Salon de la Nationale pour celui des Artistes français. Il devint en 1923 membre de l’Institut (Académie des beaux-arts), au fauteuil de François FLAMENG, et commandeur de la Légion d’honneur en 1931. Il connut cependant un relatif échec avec En pleine nature, une immense toile (348 m x 500 cm) illustrant le mythe de l’âge d’or. Conçue dès 1902 et réalisée pour l’essentiel entre 1920 et 1924, elle peut être considérée comme son testament artistique. Mal perçue par la critique, elle fut placée dans la salle de la Commission des finances du Sénat en 1926 mais fut rapidement dissimulée derrière une tapisserie.

Resté célibataire et sans descendance malgré une liaison durable avec Eugénie LEDERGERBER, fille d’un cartonnier née à Nancy en 1875, il légua à la ville de Nancy les œuvres qui se trouvaient dans ses ateliers de Paris et de Nancy. Il fut inhumé au cimetière de Préville.