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Jeudi poésie

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Pour cette quinzaine  Colette à la barre du bateau des croqueurs  nous  propose pour le jeudi poésie comme thème :

– Le courage
– La peur
dans l’ordre que vous souhaitez
ou libre bien entendu ;
poème personnel, choix de poème,
haïkus, acrostiche, citations etc.

J’ai choisi pour ce premier jeudi, le thème de la peur.

 

File:Edvard Munch, 1893, The Scream, oil, tempera and pastel on cardboard, 91 x 73 cm, National Gallery of Norway.jpg

Elle   hurle   en  silence , la bête immonde

Loin des douces mélopées du souffle apaisé

Ses griffes s’enfoncent, entailles profondes

Bloquant dans la gorge le sanglot  étouffé .

*

L’infâme  dans  l’esprit  instille  son venin

  Le    malaise   grandit   à   chaque   seconde

Arme   ses crocs féroces de monstre canin

Anéantissant     tout   l’espoir   à   la   ronde

*

Soudain les dents claquent, les jambes flageolent

 Maitresse    absolue    d’un    corps    qui   s’affole

 La    peur    implacable   n’est    pas     moribonde 

*

Hydre   triomphante    de   nos   pauvres  cerveaux

Elle   se  joue  de  leurs efforts,  soubresauts vains

Pour    tenter  de   se   soustraire    à    ce      fléau

Gisèle 05/12/2019

*

Je vous propose aussi ce poème de Guy de Maupassant sur le même thème

PB100520

Terreur

 

Ce soir-là j’avais lu fort longtemps quelque auteur.
Il était bien minuit, et tout à coup j’eus peur.
Peur de quoi ? je ne sais, mais une peur horrible.
Je compris, haletant et frissonnant d’effroi,
Qu’il allait se passer une chose terrible…
Alors il me sembla sentir derrière moi
Quelqu’un qui se tenait debout, dont la figure
Riait d’un rire atroce, immobile et nerveux :
Et je n’entendais rien, cependant. O torture !
Sentir qu’il se baissait à toucher mes cheveux,
Et qu’il allait poser sa main sur mon épaule,
Et que j’allais mourir au bruit de sa parole !…
Il se penchait toujours vers moi, toujours plus près ;
Et moi, pour mon salut éternel, je n’aurais
Ni fait un mouvement ni détourné la tête…
Ainsi que des oiseaux battus par la tempête,
Mes pensers tournoyaient comme affolés d’horreur.
Une sueur de mort me glaçait chaque membre,
Et je n’entendais pas d’autre bruit dans ma chambre
Que celui de mes dents qui claquaient de terreur.

Un craquement se fit soudain ; fou d’épouvante,
Ayant poussé le plus terrible hurlement
Qui soit jamais sorti de poitrine vivante,
Je tombai sur le dos, roide et sans mouvement.

Guy de Maupassant, Des vers


Reine , toute guillerette ….

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Pour l’atelier 49 de Ghislaine un clic sur le logo . Les mots à insérer :

Reine, organiser, guillerette, moquer,
boulangère, catastrophe, rescousse, vengeance.

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Reine, toute guillerette , après une sieste de quelques heures , se rapproche de la maison de Max le terre – neuve .  Ses sens toujours en éveil  ont capté une odeur caractéristique d’oignons frits , il se pourrait bien que la viande soit aussi au rendez – vous .  Se moquant éperdument du grand chien qui la garde ( elle le connait depuis des lustres )  imposant  mais n’y  voyant plus guère et n’entendant pas vraiment mieux,  elle ne risque pas vraiment  de le déranger. Arrivée à destination par la toiture de la cabane de jardin,  elle remarque sur la fenêtre de la cuisine des pommes à la boulangère qui attendent d’être mises au four . Ne vous méprenez pas, elle n’a pas l’intention d’y toucher, les pommes de terre crues elle n’y tient pas plus que ça,  par contre elle sait, grâce à des repérages effectués précédemment, que la cuisinière s’organise toujours de la même manière , quand un plat se trouve sur le rebord la fenêtre celle ci n’est pas fermée. Elle prend donc son élan depuis le toit de la cabane et bondit . Ouf, personne n’arrive à la rescousse pour l’empêcher d’entrer,   là voilà libre d’inspecter à loisir ce qu’elle considère d’emblée comme une caverne d’Ali Baba . Pensez donc , une douzaine d’ œufs sont à disposition sur une étagère, inutile d’aller s’exposer à la vengeance des oiseaux qui ne manquent pas d’attaquer quand elle investit les nids  . Un peu plus loin, pendu à un crochet, un grand saucisson continue de sécher allègrement tout en libérant un fumet qui lui met de suite l’eau à la bouche . Là au sol , une écuelle de lait semble n’attendre que sa bonne volonté  . Elle décide de commencer par sa gourmandise préférée l’œuf, elle ne connait rien de plus savoureux que ce liquide jaunâtre qui coule dans sa gorge .  Elle casse les coquilles à tout va , cric crac , croque sans gêne aucune, ne réalisant pas le raffut qu’elle génère.  Elle en est à son quatrième  quand ,catastrophe , Hector le chat de la maison,  les poils tout hérissés se dresse face à elle. Il souffle et crache comme une vieille locomotive, n’appréciant pas du tout l’intruse qu’il essaie de corriger en décochant comme une flèche ses  pattes aux  griffes bien acérées . Mais  Reine, rusée, esquive toutes les attaques en reculant et sautant de l’étagère choisit  de prendre bien vite la poudre d’escampette.   En s’élançant  par la fenêtre la fouine   disparait sans que Max ait levé une oreille . Elle reviendra,  c’est sur, mais veillera bien à ce qu’Hector ne soit pas dans les parages.

 

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