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Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Désolée, mon billet avait disparu , je viens de le retrouver !!

Pour le  tableau du samedi initié par Lady Marianne et poursuivi par Lilou et Fardoise un clic sur le logo.

Je vous propose cette œuvre de Charles Louis  GRATIA , la liseuse , et la fiche de ma moitié sur ce peintre lorrain .

File:La-liseuse.JPG

Ce pastel représente la seconde fille du peintre , Louise,  âgée de dix neuf ans .

Ce tableau réalisé à Londres sera acquis par l’état français pour le palais de l’Elysée .

J’aime ce pastel qui met si bien en valeur la jeune femme, complètement absorbée dans sa lecture . Une lumière qui met bien en valeur sa chevelure aux boucles maitrisées mais dont s’échappent quelques petites mèches .

Lui même était un amoureux des livres comme le prouve cet autoportrait .

GRATIA L. 0 qua

GRATIA Charles Louis

Rambervillers 1815 – Montlignon (95) 1911

Pastelliste et peintre

Fils d’un tailleur d’habits.

Son père, qui avait été marin sous l’Empire, fut tailleur à Rambervillers avant de se rendre dans la capitale avec sa famille.

Le jeune Charles Louis entra à treize ans dans l’atelier d’Henri DECAISNE et se spécialisa rapidement dans le portrait au pastel. Ami d’Ernest MEISSONIER et de Charles François DAUBIGNY, il se fit rapidement une place dans le monde des arts, côtoyant HUGO, LAMARTINE et Alexandre DUMAS père. Il devint aussi un proche de DELACROIX, d’Alexandre DECAMPS et de l’acteur Frédérick LEMAÎTRE avec qui il se réfugia à Londres en 1850, compromis du fait de ses relations avec la monarchie de Juillet. En effet, marié à Paris en 1840 avec Clémence DUCOIN dont il avait déjà une fille, il était devenu le peintre attitré des enfants de Louis-Philippe, situation confortable mais qui lui valut la disgrâce après l’avènement de la République.

Pendant les deux premières années de son séjour en Angleterre, il dut travailler pour la fabrique de couleurs NEUMANN où il broyait des poudres de pigments colorés. NEUMANN, ému de le voir contraint à de pareils travaux pour subsister, exposa dans ses vitrines quelques-unes de ses œuvres et le présenta à ses relations. Ses pastels connurent alors un grand succès et il réalisa les portraits de l’aristocratie anglaise, dont celui de la reine Victoria et de Lord Willoughby, son premier chambellan. Il vécut même quelques années dans le palais du cardinal WISEMAN et prit part aux expositions de la Royal Academy entre 1851 et 1864.

De retour en France en 1867, il s’installa à Lunéville où, sa femme l’ayant quitté peu après, il divorça en 1885 pour se remarier la même année avec Louise Marie JAUCH, fille d’un professeur de musique de 38 ans sa cadette. Il donnait alors des cours de dessin, partageant son temps entre Lunéville et  Nancy où il ouvrit un atelier en 1887. L’année suivante, il s’installa dans la cité ducale et créa un cours de dessin et de peinture pour dames. Il fut à l’origine de l’Association des Artistes lorrains, fondée en 1892, dont il fut le premier président. L’année suivante, il quitta la Lorraine pour Rouen avant de se fixer dans la capitale. Les commandes se faisant plus rares, il se trouva presque dépourvu de ressources et finit sa longue existence dans la maison de retraite des Artistes français fondée à Montlignon en 1908. Pour lui éviter la fosse commune qui était la règle dans cette institution, sa veuve obtint une concession grâce à une souscription des artistes lorrains qui firent ériger une stèle ornée d’un bas-relief en bronze dû à Ernest BUSSIÈRE.

Il participa à 41 reprises au Salon parisien entre 1837 et 1907, ce qui constitue un record de longévité. Il y obtint une médaille de 3e classe en 1844 et un rappel en 1861. Deux ans plus tard, il figurait au Salon des Refusés. Son pastel Jeune Liseuse, représentant une de ses filles, figurait à l’Exposition universelle de 1889 et fut acheté par l’Etat en 1891. Un autre pastel fut présenté à l’exposition décennale dans le cadre de l’Exposition universelle de 1900.

En Lorraine, il prit part aux expositions de la SLAA de Metz en 1867 et 1869 et à celles de la SLAA de Nancy entre 1866 et 1902, sans oublier ses Vosges natales : il fit des envois aux expositions d’Epinal (1881), de Saint-Dié (1891) de Gérardmer (1896) et de Remiremont (1907).

Bien qu’il ait aussi peint à l’huile, GRATIA reste un des maîtres du pastel au XIXe siècle. Sa touche veloutée et son sens du coloris font de lui un remarquable portraitiste qui traitait avec la même virtuosité les membres de sa famille et ceux de la haute société ou les acteurs à la mode, modèles de ses débuts. Le catalogue du Salon de Nancy de 1899 signale deux pastels vitrifiables sur faïence, technique sur laquelle nous n’avons trouvé aucun renseignement. Il exécuta aussi quelques natures mortes au pastel ou à l’huile.

Il est l’auteur d’un ouvrage :

o Traité de la peinture au pastel, Paris, Vve Baber,1891

Les deux fils issus de son second mariage (nés à Lunéville en 1878 et 1887) épousèrent les filles du peintre Emile CAMBIAGGIO. L’aîné, Louis Emile Georges se consacra à la musique ; le cadet, Paul Maurice, devint artiste de cabaret et illusionniste connu sous le nom de Georges RYSS, dit « le barman de Satan ».


Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

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Lilou nous dit : Pour les samedis 6 et 13 février je vous propose  “ La Lecture ”.

Je vous propose  pour ce thème de la lecture trois tableaux de François – Louis LANFANT dit LANFANT de METZ  et la fiche écrite par mon mari sur cet artiste.

LANFANT 215

Même au plus jeune âge on peut être attiré par le livre . J’aime beaucoup ces bébés potelés à l’assaut des pages . Certes l’exercice ne va pas sans quelques dégâts, mais je trouve  la scène charmante . Cette petite fille en admiration devant  cette lettrine  semble captivée, presqu’en extase ,  tout comme  le petit diablotin rouge .Le troisième  s’accroche à la page comptant bien profiter de cette découverte de l’écrit .

François – Louis Lanfant a mis en scène de nombreux  enfants dans ses toiles, souvent dans des attitudes d’adultes .

N’est – il pas charmant ce petit couple ci – dessous, le garçon et la petite demoiselle aux  bonnes joues rebondies. Comment résister à la lecture quand vous voyez de si souriants ambassadeurs . Cette dernière toile “lecture sur la mode” faisant partie d’un lot  avec “ bulles de savon” a été vendue 15588 € chez Sotheby’s.

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  Un autre tableau où nous découvrons de jeunes lectrices assidues un peu plus âgées . Le garçon lui est un peu en retrait? mais grâce à ce jeu de lumière particulier qu’instaure Le peintre,  nous voyons qu’il est complètement absorbé dans sa lecture .Lanfant, Francois-Louis (1814-1892) The picture book

 LANFANT  de METZ né à Sierck (57) en 1814  et mort au  Havre en 1892

 

Fils d’un batelier originaire de Rouen devenu commis des forges de Hayange et d’une mère née à Rustroff (57).

Ayant passé son enfance à Sierck, il arriva à quinze ans à Paris où il travailla comme dessinateur chez des marchands de papier peint avant d’entrer dans l’atelier d’Ary SCHEFFER. Il fit ensuite son service militaire (sept ans à l’époque) et servit en Algérie dans l’armée de Bugeaud. En 1842, il épousa à Paris Valentine DESMARES dont il eut au moins une fille née à Champigny (94) en 1847. Cette même année 1842, il fut engagé comme dessinateur par le naturaliste suisse Louis Agassiz qu’il accompagna en Suisse et en Italie. L’expérience tourna court : LANFANT quitta Naples à pied et s’engagea dans une troupe de comédiens ambulants. De retour à Paris en 1843, il débuta cette année-là au Salon avec un dessin : Romulus attaque et bat les Sabins. Il obtint une médaille d’or à celui de 1847 et y présenta jusqu’en 1868 des scènes de genre, parfois d’inspiration historique ou littéraire. Il fréquenta alors COURBET, Jean-François MILLET et des membres de la bohème parisienne comme le caricaturiste et photographe NADAR ou les écrivains Gérard de NERVAL et Henri MURGER. En 1868, à la suite d’un voyage à Trouville avec COURBET, il retrouva au Havre d’anciens amis comédiens et rencontra le musicien Louis TESSIER (1846 -1902) dont il devint l’ami. Il s’établit dans cette cité portuaire et aménagea un atelier rue aux Dames (actuelle rue Ernest Renan). Une rue de la ville porte son nom.

Il participa à de nombreuses expositions de province : Marseille, Saint-Etienne, Carcassonne (médaille de bronze en 1876), Bordeaux, Lyon, Avignon, Saint-Quentin, Pau, Bourg-en-Bresse, Montpellier et bien sûr Le Havre.

En Lorraine, il prit part aux expositions de la SLAA de Nancy en 1862 puis de 1874 à 1882 ainsi qu’à celle d’Epinal en 1881. Dans les différents catalogues de ces expositions lorraines, il donne comme adresse : « Chez M. Eliot, 16 avenue Trudaine. Paris ».

Son nom est parfois orthographié « Lenfant », notamment dans le catalogue du Salon de 1868 qui le dit né à Metz et domicilié « chez Mlle Brunet, boulevard de Italiens, 34 ». Ce désir de brouiller les pistes est à l’image d’un artiste original à l’existence romanesque marquée par une instabilité géographique (voyages, déménagements) et un exceptionnel élan vital : entre 1873 et 1881, il eut cinq enfants de deux compagnes différentes dont l’une aurait pu être sa fille et l’autre sa petite-fille. Le peintre Alexandre Louis FEULARD (1813-1889) était présent à la déclaration de naissance au Havre de son dernier fils en 1881.

Ses tableautins (ils dépassent rarement cinquante centimètres) connurent et connaissent encore un grand succès.

Deux de ses œuvres présentées à Marseille attirèrent l’attention de Maurice CHAUVELIN : « M Lanfant (de Metz) a adopté pour les tableaux de genre une manière libre et forte ; il ne lèche pas la toile et n’accorde pas aux détails plus d’importance qu’ils n’en méritent. De cette façon, il évite d’être froid et parvient à donner à ses moindres compositions tout le relief et toute la largeur de la grande peinture. Son Ciseleur et son Sculpteur se détachent parfaitement de leurs cadres ; vous jureriez que ces deux personnages lilliputiens sont de chair et d’os. » (1858)

« Lanfant, nom prédestiné, se fait une spécialité de scènes qui représentent les jeux, les querelles, les espiègleries et les défauts de l’enfance, sorties bruyantes d’école, batailles rangées, farces jouées aux voisins de la rue, maraudes dans la campagne, scènes aussi où l’enfant singe les attitudes, les gestes ou les passions des grandes personnes, œuvres inégales, mais toujours spirituelles, débordantes de verve et peintes souvent avec de belles qualités de pâte. » Gaston VARENNE (1926)

Artiste doué et productif (il peignait indifféremment de l’une ou l’autre main), il réalisa aussi des portraits, quelques scènes de chasse et des paysages où l’on décèle l’influence des peintres de Barbizon, qu’il a fréquentés.

Il collabora avec Joseph GUICHARD et Emile LEMMENS à la décoration d’un piano à queue présenté par ÉRARD à l’Exposition universelle de 1855.

Il donnait des leçons de peinture pour compléter ses revenus. Parmi ses élèves citons le Nancéien Michel HENRY*.

A partir des années 1850, ses œuvres furent vulgarisées par la chromolithographie à travers des estampes réalisées par divers artistes dont les Lorrains Joseph BETTANIER* et Claude RÉGNIER*. Les plus nombreuses furent imprimées par LEMERCIER et éditées par GOUPIL qui était son marchand attitré. Au début de la décennie suivante, certains de ses tableaux furent reproduits par la gravure et par la photographie.