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Perles de lune

Lenaïg  (clic)  a pris la barre du  bateau des croqueurs de mots pour la quinzaine, elle nous propose pour ce lundi 25 novembre d’inventer un titre de livre puis d’en écrire la présentation : qui en est l’auteur, de quoi parle-t-il, proposer un extrait, libre à chacun(e) de présenter son livre à sa façon en tâchant de ne pas faire trop long. Pour les pros du dessin, les illustrations "maison" seront les bienvenues.

Plan B si l’on n’est pas inspiré par le sujet : évoquer un livre que l’on a bien aimé, nous donner envie de le lire mais, attention, ne pas tout raconter !

perles de lune

Une fois n’est pas coutume, je tenais à vous présenter un livre de contes inédits, d’une auteure , Michèle Lostage,  qui commence à  faire parler d’elle dans le Landerneau littéraire .  Comment  ? Vous ne la connaissez pas ?

Sans plus attendre  voici  la quatrième de couverture  de  son ouvrage pour faire plus ample connaissance :

Vosgienne d’origine, née à Bruyères, Michèle Lostage, cette Alsacienne d’adoption fouille dans l’histoire de notre région pour nous livrer des  légendes et curiosités d’une saveur toute particulière  .

Après s’être  lancée sur les chemins fantastiques à mi chemin du “Da Vinci code”  avec son “ Trésor de la cathédrale “ et de la science fiction  avec “ Et si c’était vrai “,  elle nous  permet  aujourd’hui, avec ce recueil  “ Perles de lune “, de plonger dans cet univers fascinant des contes de notre région.

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Dès le premier récit une irrésistible envie de se laisser porter par cet appel de l’impalpable  s’empare de vous. Elle ne vous lâchera pas durant les deux cents pages qui suivent. Il n’est pas un arbre , une pierre, une pièce d’eau qui n’ait fait l’objet d’une légende,  aussi ne serez – vous pas étonnés d ‘entendre  les voix du mystère dans  la magie des jardins secrets . 

J’ai aimé cette écriture  où l’étrange le dispute au fantastique . Un voyage entre fiction , rêve et réalité dans des villes et villages que l’auteure connait mieux que sa poche . Vous ne résisterez pas à l’appel de l’ombre qui  se faufile quand l’esprit de la forêt souffle.  Vous serez subjugués par la caresse de la dame blanche qui se pare des diamants de l’aube pour mieux défier l’ogre de la montagne. Sagesse , consolation , enchantement sont  au rendez – vous et procurent encore cet émerveillement si agréable éprouvé dans l’enfance .

Alors si vous voulez répondre aux grandes peurs de l’existence et à vos  doutes existentiels , trouver le contre point à la vie ordinaire , n’hésitez pas , courez vite vous procurer ce livre, il est fait pour vous .

Voici quelques extraits  tirés du conte ayant donné son titre au livre .

 

_ Le crépuscule descend privant les arbres et l’herbe de couleur . Imperceptiblement, les bruits s’étouffent  dans la futaie . La maison toute en rondins   se distingue à peine depuis le chemin , bien protégée des regards des curieux par des remparts impressionnants de sapins , une barrière des plus étanches . Pour les cerfs , chevreuils et sangliers, il n’existe pas de frontière , point n’est besoin de  lumière du jour pour s’aventurer aux abords de la demeure…

 

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_ Le temps se met à couler …les pensées de l’épouse s’envolent pendant les longues heures d’attente . Pour tromper son ennui elle se plonge dans la réalisation de confitures . Les framboises au parfum délicat,  les fraises des bois aux accents sucrés rejoignent la marmite  cuivrée . Laissant couler le long de sa longue cuillère en bois le jus épais  , elle imagine déjà le bonheur partagé à déguster ensemble, au coin du feu , les galettes sublimées par cette gelée …. Mais soudain, fenêtres ouvertes , le silence inhabituel qui règne autour d’elle l’intrigue,  le froissement des ailes des oiseaux , la multitude  de petits craquements des rongeurs en maraude, l’aboiement de quelque chevreuil , tout cela a disparu . Un peu inquiète elle sort de la maison …

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_ Au bout d’une semaine , l’époux revient de son expédition , le cœur bondissant  tout à la joie de retrouver le doux sourire de sa belle épouse.  Il anticipe déjà la réaction de celle – ci quand elle verra  les sacoches de la selle remplies de pierres d’une taille et d’un éclat extraordinaire . Mais quand il débouche sur la clairière , il n’en croit pas ses yeux , sa maison s’est volatilisée , un étang aux eaux calmes la remplace .Se penchant sur la surface reflétant la clarté et la quiétude du ciel , il voit au fond de l’eau briller une pierre qu’il connait…

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Lundi soleil

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Pour lundi soleil chez Bernieshoot un clic sur le logo.

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Un grand fauteuil bleu veille sur le jardin éphémère de Metz  2019 , rien ne vous empêche de le tester ou de vous replonger, cinquante ans après, dans l’histoire   du programme spécial Apollo , des premier pas de l’homme sur la lune, le LEM ( Lunar Excursion Mobile) est ici  décliné en plusieurs versions colorées .  

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Mireille du Sablon, de bleu vêtue, est même prête à tenter l’aventure.

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Miroir fétiche des chevaux de la galaxie ….

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Pour l’atelier 84 de Ghislaine un clic sur le logo .

Les mots à insérer : pleine, prête, jaloux, miroir, penser, avoir, prendre, voir

et (ou) au moins 5 mots contenant CHE.

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Miroir  fétiche des chevaux de la galaxie ,  pleine des promesses d’un soleil jaloux  , la lune est prête à retrouver sa blanche parure. Mais pour l’heure, couleur de roche en encoche, elle   achève d’enlever sa bâche terrestre sans anicroche . Avec ce petit jeu de cache – cache elle pense avoir  fait mouche  bien au delà des clichés du dimanche. Pour la  voir prendre  encore cette peau  de pêche, il ne vous reste plus qu’à attendre la prochaine éclipse totale en 2022  .

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Peindre la nuit suite

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Après avoir senti les rythmes et les présences habitant la nuit urbaine , continuons notre voyage non au bout de la nuit mais en explorant d’autres facettes auxquelles se sont attachées les artistes.

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Mais je m’aperçois que je ne vous ai pas montré l’œuvre de Robert Delaunay “ Paysage nocturne “ qui nous a tous étonnés, habitués que nous étions à ces immenses toiles spécifiques de l’orphisme que nous avions vus plusieurs fois dans la grande nef du centre Pompidou . Ici nous  retrouvons ses références à  l’impressionnisme, au pointillisme , au  cubisme  servant à mettre en évidence les effets des  lumières électriques scintillantes sur les formes rencontrées lors des aventures nocturnes .

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Revenons donc maintenant à cette ombre que certains cultivent de manière privilégiée  en s’abandonnant à la création comme Paul Klee qui cherche à interpréter sur sa toile la croissance nocturne de ses plantes . Le processus créatif se rapproche de la croissance dans la nature , comme il l’enseigne au Bauhaus,  il s’ inspire de celle – ci  en lui empruntant sa dynamique non en la considérant comme un modèle à reproduire .

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La sculptrice Louise Nevelson   se définit comme l’architecte de l’ombre , elle unifie les morceaux de bois trouvés dans la rue par le noir , créant des silhouettes, des villes , des jardins lunaires comme ce Jardin tropical . Elle choisit d’éclairer ses sculptures avec une lumière froide afin de créer cette ambiance lunaire.

“ L’ombre me semble plus solide que l’objet qui la projette . C’est là que réside le mystère “

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Cultiver l’ombre c’est aussi faire danser la lumière dans les objets du quotidien , c’est ce que Patrick Caulfield nous suggère  dans son tableau intitulé second glass of whisky .Je dois d’ailleurs préciser que dès que nous sommes entrés dans cette salle de l’exposition , nous nous sommes de suite dirigés vers cette œuvre comme si elle aimantait notre regard  .

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En pénétrant  dans  la salle suivante nous découvrons un univers différent , la nuit devenant  un territoire à explorer et la  lune redevenant  le phare qui l’éclaire.  le réel se retrouve mis à distance et nous plongeons  dans l’univers de l’inconscient et du rêve comme par exemple chez Magritte avec ce “Rêve de l’androgyne”

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Max Ernst  en créant  ses sculptures conçues pour être vues à la lumière lunaire comme ses “Asperges de lune”

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nous invite à prendre conscience du merveilleux entré dans le monde réel .

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Pour André Masson comme pour un certain nombre de surréalistes , le soleil est à emprisonner pour mieux profiter de  l’obscurité d’où cette œuvre anthropomorphe “piège à soleils”  .

Dans le monde de la nuit deux dimensions se côtoient, celui du spectacle et celui de la mort . Cet immense  rideau de scène  de Jean – Luc Verna ,réalisé en hommage à Bruno Pélassy  et  son titre Past Knight ( chevalier du passé ) nous le rappelle de façon magistrale  .

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Nous voici arrivés au bout de la galerie 2 avec cette dernière partie évoquée  “les yeux infinis” . Inutile de préciser que je n’ai pu tout vous montrer, ce n’est pas le but. Il me reste d’ailleurs un dernier volet à partager au niveau de la galerie 3 “de l’intime au cosmos “.

 

 

 

 


Atelier Ghislaine

 

Atelier 15 du 20/10 + Récap no 14

Pour l’atelier de Ghislaine un clic sur l’image

La caresse de brume sur le lac la rend mélancolique , elle lui rappelle que celle qu’elle va bientôt retrouver n’est pas aussi inoffensive . Sur le pont des soupirs prend fin sa mission  terrestre , elle aura duré vingt ans dans cet endroit charmant  . Il lui avait dit en partant ce matin ,  à ce soir ma douce , sans se douter que la lune éclipserait leur amour pour toujours . Quand elle aura atteint son apogée dans la voute céleste  Serena  rejoindra Vénus sans le moindre bagage  . Lentement glisse sur ses épaules sa cape de soie brune , elle voudrait l’emmener pour se rappeler la chaleur de l’humain , la douceur de sa  peau et leur passion commune . Mais elle n’a pas le choix , elle sait que rien ne résiste au voyage et que personne sur terre ne peut la suivre. Une à une les minutes s’égrènent , un à un tombe sur le sol le peu qui  la recouvre.  Pourquoi ne lui avoir rien dit ? Elle n’en a pas eu la force , elle voulait juste vivre sa passion sans songer à demain . Aujourd’hui elle se sent  coupable, mais ne peut reculer,  déjà elle sent que son corps se dissout peu à peu . Le passage est proche , un souffle l’enveloppe  soudain, là voilà en partance pour la planète jumelle de la terre . Le vent solaire la dépose bientôt dans la vaste région des hautes terres de Beta Regio . Depuis la nuit des temps son peuple y réside sans se soucier des nuages d’acide ni de la brume des cristaux de glace ….


Il sortit de la maison …..

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Pour l’atelier de Mandrine la magie des mots un clic sur le logo . Il s’agit de commencer un texte par cette phrase :

Il sortit de la maison sous la lumière étrange de la lune et marcha pieds nus jusqu’au bout de la rue …”

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Il sortit de la maison sous la lumière étrange de la lune et marcha pieds nus jusqu’au bout de la rue . Il n’avait pas rêvé tout à l’heure , il s’agissait bien  de hurlements de bête , ceux là même qui l’avaient incité à quitter son lit d’un seul bond et à suivre son instinct  .  Les loups qui avaient été sa seule famille pendant des années  étaient là   s’avançant prudemment dans la cité déserte . Un grand male noir aux yeux d’or à leur tête remontait les quais , la truffe à l’affut du moindre effluve , il savait qui il était venu chercher . Avec sa meute il avait parcouru des kilomètres à travers monts et forêts pour retrouver celui qui avait été des leurs il y avait  maintenant trois années . En apercevant la silhouette de l’homme en haut de la rue , il stoppa net ,  s’assit  le museau  pointé vers le ciel, les yeux clos et se mit à hurler longuement pour signaler sa présence . Les harmoniques aigues émises par le loup noir envoutait toujours autant l’homme qui se mit à lui répondre de la même manière .

La bête  s’élança alors vers lui à grandes enjambées suivi de tous ses congénères .  Arrivé à un mètre de lui il le contourna , agitant la queue et échangeant de brefs coups de langue avec un autre mâle de premier rang . Patient, il attendit que l’homme  signifie son appartenance au groupe en se roulant à ses pieds . Des glapissements se firent entendre un peu partout dans la meute , le bipède était encore des leurs et il n’allait pas tarder à les suivre .

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Il avait cru pouvoir se réinsérer dans la société humaine mais tout alla de mal en pis au fur et à mesure que le temps passait. La grande guerre des continents avait éclaté et il s’était retrouvé très rapidement le dernier habitant de la cité des trois lunes . Comment les loups l’avaient – ils retrouvé , il l’ignorait,  mais jamais il n’avait douté de leur intégrité et de leur fidélité . En leur compagnie il reprit le chemin de sa maison pour y prendre quelques effets , il n’avait pas besoin de grand chose mais il avait quand même pris quelques habitudes de confort durant ces années . Puis il  quitta à tout jamais le béton de la cité avec qui il n’avait plus rien à partager pour retrouver la communication au sein du groupe de canidés ensemble ils  retourneraient bientôt  au cœur de la forêt .

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La vengeance de Marnie

Atelier no 8 + Récap 7. Le Lipogramme.

Atelier no 8 + Récap 7. Le Lipogramme.

Faire un lipogramme sans f en vous inspirant de cette photo .

Marnie comédien ambulant de son état se réjouit déjà du tour qu’il va jouer aux villageois.

Ah, ils ont voulu l’empêcher de s’installer avec sa troupe dans leur village, ils vont voir ce qu’il leur réserve à ces enquiquineurs. Oui bien sûr, le thème de prédilection des pièces de Marnie peut déplaire, les revenants ne sont pas toujours les bienvenus surtout quand on connait les histoires qui se transmettent de bouche à oreille à Thanata, mais ce n’est pas une raison pour lui interdire de planter son chapiteau, quand même !

Thanata une bourgade bien tranquille jusqu’à ce que le ciel décide de se mettre en colère et que des trombes s’abattent sur elle. La rivière en retrouvant son ancien emplacement a envahi toutes les parcelles bordant la départementale. On raconte, surtout après plusieurs petits verres de schnaps, que certains habitants n’ont pas eu le temps de partir à temps, avant que la Bresle couvre les prés, et que, certains soirs, notamment ceux où la pleine lune joue à se mirer dans l’onde, on entendrait gémir près des aulnes et des saules.

Marnie qui possède tout un arsenal de mannequins pour vitrines dans son camion décide d’en emmener deux et de les immerger dans la prairie inondée en ne laissant dépasser que les mains tendues vers le ciel. Il attend que la nuit tombe pour transporter ses accessoires en espérant bien ne rencontrer personne.

Pas l’ombre d’un humain, pas même un chat dehors, il se glisse dans l’eau et met les bras de chaque mannequin en l’air. Il soigne la présentation, les mains semblent implorer, demander de l’aide. Pour empêcher le mannequin de remonter il accroche au pied de chacun une énorme pierre. Puis il attend que la lune soit bien haute dans le ciel pour prendre une photo. Inutile de rajouter de la lumière, on y voit presque comme en plein jour. Maintenant il n’y a plus qu’à l’imprimer sur papier avec ce petit texte :

«  Tremblez habitants de Thanata, vous n’avez pas voulu nous protéger nous revenons nous venger »

Ensuite un exemplaire dans chaque boite aux lettres et rira bien qui rira le dernier .


La lune au matin de brume

 

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L aissons  le jour de brume 

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U ne fois n’est pas coutume 

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N uage n’ estompe pas la lune

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E lle se montre bien à la une.

 

N’ayant pu la photographier de nuit cette pleine lune, en raison d’une grosse couverture nuageuse , je me suis rattrapée ce matin très étonnée  de découvrir cette brume flottant au dessus de la route et du parc . Par endroit la nappe se transformait en volutes singulières , la danse  de feux follets espiègles  ensorcelaient les troncs .

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Il est des matins où la fulgurance de la lumière  se dissout  dans un voile d’écume.

Bonne journée

Bisous


Les bulles de l’étang

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Pour le défi des croqueurs de mots un clic sur le logo. J’ai choisi ce conte écrit il y a six ans  déjà en commentaires  sur une proposition d’une histoire par une amie de blog à partir du mot bulle  .

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Il y a fort longtemps dans l’épaisseur d’une forêt de Moselle se dressait une maison , toute en rondins . De la profondeur verte des bois elle n’était visible d’aucun promeneur, bien protégée des regards des curieux par des remparts impressionnants de sapins, une barrière naturelle des plus étanches. Les seuls autorisés à pénétrer dans cet endroit, au secret jalousement gardé, étaient les chevreuils, les daims, les sangliers  qui par leur passage régulier avaient dégagé un semblant de chemin.

Là vivait un couple fort épris l’un de l’autre qui avait choisi de vivre leur amour au cœur de la forêt, loin de toute l’agitation de la ville . 

Un jour cependant le mari quitta cet isolement pour ramener chez lui les matériaux nécessaires à la confection des splendides bijoux que sa femme et lui élaboraient. La séparation, même si elle ne représentait finalement que quelques jours, se comptait en milliers de minutes loin l’un de l’autre, une vraie déchirure pour ces deux êtres, vivant en osmose parfaite. Le mari dut se résoudre à quitter la main de sa belle pour prendre les rênes de son cheval et s‘éloigner à travers bois dans des contrées inconnues de lui.

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Le temps se mit à couler, les pensées de l’épouse s’envolaient pendant les longues heures d’attente,  parfois en tournant inlassablement les délicieux fruits de la forêt comme la framboise au parfum délicat, la fraise des bois aux accents délicieusement sucrés dans de hautes marmites cuivrées. Une fragrance des plus agréables flottait sur la clairière pendant la préparation de ces confitures. L’épouse laissait couler le long de sa longue cuillère en bois d’olivier l’épais jus de framboises, afin de tester le moment précis où elle pourrait remplir la série de verres qu’elle avait préparés. Elle voyait déjà
dans le changement de la couleur que sa confiture allait être parfaite, juste
figée au bon moment.
Elle imaginait déjà le bonheur partagé à déguster avec son époux au coin de la cheminée les galettes sublimées par cette confiture quand elle s’aperçut que régnait autour d’elle un silence inhabituel.

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Le bruit familier de tous ces oiseaux, le froissement de leurs ailes dans le ciel, la multitude de petits craquements des rongeurs en maraude ou l’aboiement de quelque chevreuil dérangé dans ses habitudes, tout cela avait disparu, elle ne percevait plus ce silence plein de bruits par la fenêtre ouverte. Un peu inquiète, elle sortit de la maison et là, à la lisière des arbres, elle découvrit, couchés tranquillement dans l’herbe grasse une vingtaine d’hommes bien armés . A leurs pieds gisaient des oiseaux pris aux pièges dans des nasses, des chevreuils qu’une flèche avait stoppés dans un ultime bond. Seule dans cette forêt face à ces hommes, elle ne savait que penser. L’un d’entre eux la détaillait avec assurance, de son regard ne subsistait qu’une fente qui ne présageait  rien de bon. Il lui fit cette proposition :

« Je vous propose un marché, si vous me laissez entrer dans votre demeure et prendre tous les bijoux que celle-ci recèle,je vous laisserez la vie sauve. »

Pensant à son époux et aux heures passées à ciseler pierres et argent, elle ne put se
résoudre à accepter une telle requête. Elle courut s’enfermer à l’intérieur de sa
demeure, barricadant les fenêtres et enjoignant le ciel de l’aider à faire face
à ses assaillants.
  Aussitôt une pluie de flèches enflammées se mit à allumer un
terrible brasier, la maison petit à petit partait en fumée. Les bandits se
ruèrent pour récupérer dans les ruines encore fumantes le butin tant convoité.
Les bijoux étaient là intacts, tous plus magnifiques les uns que les autres , pierres finement ciselées par les mains expertes de l’époux , sertis sur des colliers , des bagues aux reflets irisés. Déchainés par leur découverte, les hommes se mirent à danser, danser, quand tout à coup la terre sous eux se déroba, une grande lame d’eau surgie d’une source souterraine entraina hommes, restes calcinés de la maison, au centre d’un gouffre toujours plus profond. Dans un bouillonnement formidable un étang surgit à la place de la clairière enfouissant à jamais brigands et butin, seule une bulle s’élevait au dessus des eaux enfin apaisées. IMGP4072

Au bout d’une semaine, l’époux revint de son expédition, le cœur joyeux de pouvoir enfin retrouver le doux sourire de sa belle épouse. Les sacoches de la selle contenaient des pierres d’une taille et d’un éclat qu’il n’avait encore jamais rencontrés, elle en serait très étonnée. Mais quand il déboucha sur la clairière, il n’en crut pas ses yeux , sa maison s’était volatilisée, un étang aux eaux calmes la remplaçait .

Se penchant sur la surface reflétant la clarté et la quiétude du ciel, il vit au fond de l’eau briller une pierre qu’il connaissait . Frappé de stupeur, il reconnut la perle de lune qu’il avait montée en pendentif sur le collier que portait son épouse depuis le jour où il s’était promis de ne jamais se quitter, quoiqu’il advienne. Le cœur brisé il dut se résoudre à envisager l’inacceptable, sa douce épouse avait disparue.

Suffocant de douleur, il s’agenouilla sur la berge et une à une, les larmes couvrirent son visage. Quand la première atteignit le miroir tranquille de la surface du lac, il assista médusé au plus étrange phénomène. Au lieu de se dissoudre dans l’élément liquide celle-ci se transforma en une bulle aux reflets d’argent qui se mit à monter, monter dans le ciel d’azur. Captivé par cette ascension, il remarqua alors qu’elle rejoignait une autre bulle qu’il n’avait pas aperçue jusque là. En un instant les deux bulles fusionnèrent. Alors, un clapotis lui fit détourner les yeux, là, juste à coté de lui, à peine à deux mètres, son épouse sortit ruisselante des eaux de l’étang. Fou de joie il l’étreignit, prit son cheval par la bride, la hissa sur la selle tout contre lui et quitta la clairière sans chercher à savoir le comment ni le pourquoi de ce phénomène .


Clin d’œil ensoleillé

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La matinée s’annonçait fraiche et ensoleillée pour ce dernier jour de février . La clématite avait sorti pour l’occasion ses habits de cérémonie , tout en dentelle et froufrou soyeux . La glace s’était installée sur toutes les flaques laissées par une semaine des plus grises et pluvieuses instaurant son balisage géométrique d’équerres .

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Sur son arbre le ramier inspectait tranquillement son environnement profitant déjà d’un soleil généreux et d’un ciel sans nuage.

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Sur tout le parcours de la véloroute de la Maxe la lune jouait au ping pong entre les arbres prenant un malin plaisir à défier l’autofocus de l’APN.

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Volga prenait tout son temps , essayant de surprendre quelque garenne en vadrouille sur les berges de  Moselle .

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Nous nous apprêtions à regagner la voiture quand partis d’un champ nous vîmes arriver sur nous une incroyable colonie de cygnes , chassée par le quad de l’agriculteur.

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Je ne  pris pas le temps de les compter préférant saisir dans l’appareil cet instant particulier .

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Le fiston et mon mari l’ont fait pour moi , ils étaient 57 ou 59 les avis divergent mais un nombre impressionnant .

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Nous pensions qu’ils allaient se détourner en nous voyant

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mais ils allèrent droit à la Moselle sans se soucier de nous  .

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Vous n’en verrez qu’une partie sur les photos (je n’avais  pas le bon objectif )  mais je vous garantis que quand ils sont passés au dessus de nous , juste à quelques mètres ce fut fabuleux, un vol que nous ne sommes pas près d’oublier  .

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Cette nuit là …

Pour l’atelier de Ghislaine c’est  ici 

 

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Cette nuit là la lune poudrait de blanc la moindre branche d’arbre tout le long de la départementale. Le vrai grand froid n’avait pas encore figé la nature dans son carcan de glace, quelques feuilles isolées entraient encore en résistance . Seule au volant elle avait encore en tête les clameurs de la fête, le claquement des bouchons de champagne qui s’envolent à la conquête du plafond , la pluie de confettis et cotillons fondant sur les convives . Suffisamment tôt elle avait remplacé l’alcool par l’eau pétillante , elle ne tenait pas du tout à avoir un accident ce premier jour de l’année . Elle négocia le long virage de la descente avec attention , elle savait qu’il était le principal responsable du chagrin de nombreuses familles dans la région . Elle reprenait de la vitesse sur la ligne droite quand soudain elle aperçut sur la route tout un chargement de pommes déversées, trop tard pour freiner, impossible de se déporter sur la gauche un énorme semi remorque venait en sens inverse. Elle s’agrippa au volant la voiture ébauchant alors une infernale danse de Saint Guy . Par miracle elle réussit à franchir cet obstacle mouvant, le soutien sans faille d’une mécanique somme toute fiable . Cette idée venait à peine de germer dans son esprit qu’elle vit sur le bas côté un homme à la tête d’un groupe d’enfants menaçant de son arme l’un d’entre eux . Elle croisa son regard halluciné une fraction de seconde, avant que celui-ci n’ait eu le temps de la mettre en joue elle écrasa la pédale de l’accélérateur. Tout de suite, il fallait qu’elle appelle la police, elle saisit le portable et ….c’est alors qu’elle sentit une patte se poser sur son visage ….Babouche ….Merci de m’avoir réveillée …..


Elle est la ……

Pour l’atelier de Ghislaine la phrase : elle est la confidente solitaire

Elle est la confidente solitaire

Se drapant de son halo de brume

Elle est cette lumière dans la nuit

Que nos âmes tourmentées allume

Dans la détresse du temps qui fuit .

Elle est la confidente solitaire

De nos cœurs blessés , de nos simples émois ,

Au clair de dame lune , mois après mois

Se confient les hommes sur notre  terre

GFayet 20 aout 2011