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Jeudi poésie

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Pour ce jeudi  poésie, à la barre des croqueurs de mots, Colette ( clic ) nous propose comme thème dépouillement de la nature. Il me semble l’avoir déjà mis sur mon blog mais comme je l’aime beaucoup ,  je réédite ce poème de Guy de Maupassant .

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Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant, Des vers

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Jeudi poésie

Pour le défi N° 212 des Crôqueurs de mots, Dômi me confie la barre - Lenaïg

Colette ( clic)  à la barre du navire des croqueurs de mots ( clic) pour cette quinzaine nous propose la beauté de la nature comme thème de ce jeudi poésie . 

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F  ixer   la  toile  de  l’éphémère,

R  etenir  encor’  l’ambre  lumière

E  n suspension gracile et légère ,

N  imbé de perle ,rosée première,

E pousant  tout  le limbe foliaire  .

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*

P   uis  suspendre  aux  fils d’argent de la lune

L es silences du vent dans le coton des cieux ,

A   chaque   pulsation  un  glissement gracieux

T   ouchera    la    cord’   des   violons  à la une,

A  lors   à   l’unisson   chanteront   les  feuilles,

N  octambule     aria    aux    voix    opportunes

E  clairant    le   tempo   de  vie  qui  se cueille .

Gisèle F 2012