Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

Articles tagués “partir

Partir …

getattachment_thumb

Une autre participation à imagecitation 31

P4190070 - Copie

Cette citation est tirée du livre que je viens de finir à savoir “la nuit de feu “d’Eric – Emmanuel Schmitt .

A vingt huit ans , Eric Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée dans le grand sud algérien . Au cours de ‘expédition, il perd de vue ses compagnons et s’égare dans l’immensité du Hoggar . Sans eau ni vivres durant la nuit glaciale du désert, il n’éprouve nulle peur mais sent au contraire se soulever en lui une force brûlante . Poussière d’étoiles dans l’infini, le philosophe rationaliste voit s’ébranler toutes ses certitudes. Un sentiment de paix, de bonheur, d’éternité l’envahit . Ce feu pourquoi ne pas le nommer Dieu ? .

Cette nuit de feu – ainsi que Pascal nommait sa nuit mystique – Eric – Emmanuel Schmitt la raconte pour la première fois , dévoilant au fil d’un fascinant voyage intérieur son intimité spirituelle et l’expérience miraculeuse qui a transformé sa vie d’homme et d’écrivain . Les chemins qu’il trace ici sont inscrits en chacun de nous .

Je ne pense pas à avoir beaucoup  à rajouter à la présentation en quatrième de couverture de ce roman autobiographique si ce n’est qu’il incite à la réflexion, nous incitant à nous pencher sur le sens de la vie , le rapport à l’autre.

Concernant Dieu il laisse la porte ouverte aux différentes explications rationnelles mais ne nous enferme pas dans un  carcan particulier , il laisse en nous s’opérer le choix inhérent à nos cheminements à nos doutes  .

Quelques extraits puisés dans le livre :

“ Ce récit, s’il ébranle certains, ne convaincra personne… J’en suis conscient. J’en souffre… combien de fois aurais-je voulu transmettre la confiance qui me brûle ? Comme j’aurais souhaité, souvent, en face d’amis désorientés ou d’inconnus désespérés, me montrer persuasif ! Hélas, je ne suis pas contagieux ….Seuls les arguments rationnels ont le pouvoir d’emporter l’adhésion, pas les expériences. je ,’ai fait qu’éprouver, je ne prouverai donc pas je me contente de témoigner.”

"Il posa sa main sur mon épaule, me fixa de ses iris clairs et, quoique aujourd’hui je ne puisse déterminer s’il le dit ou si je l’entendis sans qu’il le prononçât, il me donna son ultime conseil de Saharien
– N’oublie pas l’inoubliable."

“Dans cet adieu, malgré l’émotion qui mouillait nos yeux, la joie l’emportait sur le chagrin : à la douleur de nous quitter, nous substituions le bonheur de nous être connus.

"Le véritable voyage consiste toujours en la confrontation d’un imaginaire à une réalité; il se situe entre ces deux mondes. Si le voyageur n’espère rien, il ne verra que ce que voient les yeux; en revanche s’il a déjà modelé les lieux en songe, il verra davantage que ce qui se présente, il percevra même le passé et le futur au-delà de l’instant; éprouverait-il une déception, elle s’avèrerait plus riche, plus fructueuse qu’un simple procès-verbal."


Partir , ça y était instant magique …

Pour le défi des croqueurs de mots  Durgalola à la barre c’est ici

Partir, ça y était instant magique …

IMG

Encore ensommeillée elle finissait son bol de chocolat, ne se laissant pas gagner encore  par l’effervescence qui régnait dans la cuisine. Sa maman avait déjà tout préparé pour le pique – nique de midi , son père vérifiait méthodiquement que sur sa liste rien ne manquait pour le trajet , les bidons d’eau pour le radiateur de la voiture ainsi que  tout ce que sa femme avait prévu comme petits en cas , petits sablés, bonbons, boissons , gobelets … . Il faut préciser que depuis la veille tous les bagages avaient été fixés sur la galerie dument recouverts d’une bâche  plastique, le tout sanglé par une araignée sandow très efficace .  Les cannes à pêche et les filets emballés dans un sac cousu main par sa mère tutoyaient la bordure en acier , moulinets, hameçons, lignes , bien rangés dans une boite ad hoc dans le coffre de la voiture . 

IMG_0003

Les petits cartons sur  lesquels son père inscrivait  l’itinéraire ainsi que toutes les étapes étaient déjà sur le tableau de bord de la 403 ou la 404, rien vraiment rien n’était laissé au hasard . Dehors la nuit était encore bien présente, le gilet était de mise même en été , dans l’immeuble une autre famille était réveillée , les amis avec lesquels partaient toujours ses parents . Un petit bisou à chacun et chacune , juste avant de plonger sur la banquette arrière où un couchage avait été installé . Un oreiller moelleux l’attendait pour continuer encore un peu à s’évader dans les bras de Morphée . Mais avant elle aimait à voir s’éloigner les lumières de la ville , à scruter dans le faisceau des voitures la portion de route visible depuis sa place  , surprendre un renard ou un chat  en maraude sur le bas côté . Puis le sommeil venant, elle s’allongeait et se laissait bercer par le ronronnement du moteur .

IMG_0002

Puis  le premier arrêt à l’écart de la route , le jour s’était levé depuis quelques temps déjà , les effluves d’un café chaud  se répandaient dans l’habitacle , comme en suspension dans la moindre particule d’air . Des petits pains frais agrémentaient le petit déjeuner , elle n’avait pas réalisé que ses parents avaient déjà fait une halte à la boulangerie  . A quelques mètres l’autre 404 était aussi à l’arrêt, les enfants des amis occupés eux aussi au petit déjeuner  . Les conducteurs eux échangeaient à l’extérieur des informations concernant l’itinéraire , il était rare que le voyage se fasse en une fois , souvent les visites de châteaux ou autres édifices remarquables ponctuaient le parcours .

IMG_0004

Parfois Joëlle,  l’enfant des amies qui avait son âge,  la  rejoignait  sur la banquette arrière et toutes les deux jouaient à compter les voitures blanches , rouges ou bleues. Aucune radio dans la voiture à cette époque elle n’était pas encore de mise  ,  mais elle était bien inutile car le trajet était toujours accompagné de chansons diverses . Les canons à plusieurs voix entonnés par sa mère  la remplissait de joie , tous s’y mettait et l’habitacle vibrait à l’unisson , son préféré  ? le cheval de Thomas,   pas étonnant elle avait une passion dévorante depuis son plus jeune âge pour cet animal .

IMG_0006

“Quand le cheval de Thomas tomba,  comment Thomas ne tomba – t –il pas , Thomas tomba – t – il ou ne tomba – t – il pas ? Tomba – t –il à bas ou pâtit il d’un tel ébat ? ( prémonitoire car bien plus tard son cheval tomba ) . pour écouter clic ici ou

Le temps s’égrenait sans qu’elle s’en aperçoive et bientôt arrivait le pique nique de midi . Table et chaises pliantes étaient sorties des deux  voitures pour le déjeuner avec les amis, bien sur  quand la météo le permettait. Les cuisinières rivalisaient d’adresse pour la préparation des plats salés ou sucrés que personne ne dédaignaient . Excellentes pâtissières,  il ne manquait jamais un gâteau ou une tarte pour finir le repas . Déjà les discussions allaient bon train pour établir l’agenda des prochains jours .

IMG_0005

Elle et ses amies se voyaient  sur la plage du fond de la baie en plein préparatif de jeux de marchande ou  à plonger sous l’eau , sauter au dessus des vagues, pagayer sur le canoë gonflable,  ou à courir sur les rochers de l’ile verte un seau à la main à la recherche des bigorneaux ,  à ramasser les crevettes avec le haveneau dans les trous d’eau . Et le “ on y va”  retentissait donnant le top départ pour remonter dans les voitures , elle avait hâte d’y être à Locquirec ……

Et comme elle aimerait recommencer maintenant ce voyage .

IMG_0001