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Articles tagués “peur

atelier 119 de Ghislaine

Défi écriture no 71 .

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Les 10 mots :

Face, regard, fuir, peur, réserver, donner, énergie, famille, cap, stimuler

ou thème  » face à face"

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Depuis une semaine , j’ai retrouvé avec un plaisir non dissimulé  les lapinous du parc. J’ai  l’occasion, même sans le traverser, juste en le longeant, de les  voir régulièrement et ce à n’importe quelle heure. Visiblement, ils  n’ont plus peur des humains. Il faut dire que le cap du mois de confinement passé les a bien mis en confiance, ils ont cet espace presque pour eux tout seuls, les ramiers étant les deuxièmes en effectif avec peut être aussi les corneilles.  Les lapinous  dépensent leur énergie  sans compter , dans des jeux de séduction  qui voient les familles se développer  rapidement maintenant .  Les plus jeunes sortent des rabouillères stimulés d’emblée par des températures plutôt agréables. 

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Face à Volga les adultes ne fuient pas , même si son odorat lui donne encore les renseignements  adéquats sur leurs positions. Ils  se contentent d’un regard , histoire de vérifier qu’elle ne leur  réserve pas une mauvaise surprise . Par contre les jeunes sont plus méfiants , ils réagissent au moindre geste . Heureusement car  ils doivent vraiment se méfier des félins qui n’hésitent pas à  se mettre à l’affut près des terriers. Mais régulièrement ils arrivent quand même à leur fin , ramenant fièrement leur trophée à la maison. Ma voisine en a déjà fait l’amère expérience et cela se reproduit chaque année .

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J’ai eu droit il y a quelques années à un face à face mémorable dans mon jardin.  Occupée à désherber  autour de mes pivoines,  la surprise fut de taille  quand j’aperçus  un  lapereau vivant caché sous les feuilles,  alors que la route , un immeuble et quelques dizaines de mètres sépare cet endroit  du parc. Félix ou Domino avait certainement voulu me faire ce cadeau. Inutile de vous préciser que je me suis empressée de le ramener chez lui. Enfin ça , je ne sais pas , il ne m’a pas donné son adresse exacte mais une fois devant le terrier il n’a pas hésité une seconde .

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Jeudi poésie

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Pour cette quinzaine  Colette à la barre du bateau des croqueurs  nous  propose pour le jeudi poésie comme thème :

– Le courage
– La peur
dans l’ordre que vous souhaitez
ou libre bien entendu ;
poème personnel, choix de poème,
haïkus, acrostiche, citations etc.

J’ai choisi pour ce premier jeudi, le thème de la peur.

 

File:Edvard Munch, 1893, The Scream, oil, tempera and pastel on cardboard, 91 x 73 cm, National Gallery of Norway.jpg

Elle   hurle   en  silence , la bête immonde

Loin des douces mélopées du souffle apaisé

Ses griffes s’enfoncent, entailles profondes

Bloquant dans la gorge le sanglot  étouffé .

*

L’infâme  dans  l’esprit  instille  son venin

  Le    malaise   grandit   à   chaque   seconde

Arme   ses crocs féroces de monstre canin

Anéantissant     tout   l’espoir   à   la   ronde

*

Soudain les dents claquent, les jambes flageolent

 Maitresse    absolue    d’un    corps    qui   s’affole

 La    peur    implacable   n’est    pas     moribonde 

*

Hydre   triomphante    de   nos   pauvres  cerveaux

Elle   se  joue  de  leurs efforts,  soubresauts vains

Pour    tenter  de   se   soustraire    à    ce      fléau

Gisèle 05/12/2019

*

Je vous propose aussi ce poème de Guy de Maupassant sur le même thème

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Terreur

 

Ce soir-là j’avais lu fort longtemps quelque auteur.
Il était bien minuit, et tout à coup j’eus peur.
Peur de quoi ? je ne sais, mais une peur horrible.
Je compris, haletant et frissonnant d’effroi,
Qu’il allait se passer une chose terrible…
Alors il me sembla sentir derrière moi
Quelqu’un qui se tenait debout, dont la figure
Riait d’un rire atroce, immobile et nerveux :
Et je n’entendais rien, cependant. O torture !
Sentir qu’il se baissait à toucher mes cheveux,
Et qu’il allait poser sa main sur mon épaule,
Et que j’allais mourir au bruit de sa parole !…
Il se penchait toujours vers moi, toujours plus près ;
Et moi, pour mon salut éternel, je n’aurais
Ni fait un mouvement ni détourné la tête…
Ainsi que des oiseaux battus par la tempête,
Mes pensers tournoyaient comme affolés d’horreur.
Une sueur de mort me glaçait chaque membre,
Et je n’entendais pas d’autre bruit dans ma chambre
Que celui de mes dents qui claquaient de terreur.

Un craquement se fit soudain ; fou d’épouvante,
Ayant poussé le plus terrible hurlement
Qui soit jamais sorti de poitrine vivante,
Je tombai sur le dos, roide et sans mouvement.

Guy de Maupassant, Des vers


Atelier 8 Arlette

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Pour l’atelier 8 d’Arlette un clic sur le logo

Les mots : entrée – reflet – ombre –  peur – séparation -tourner – se faufiler – japper – songer – affronter-soudain – lentement – néanmoins.

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Cela ne fait pas l’ombre d’un doute , dès l’entrée de Volga sur son territoire,   le chat guette son reflet dans la vitre de la maison . Néanmoins malgré la peur que ce nouveau quadrupède  lui inspire , le félin ne cherche nullement  à fuir, inutile de songer à une séparation des deux  animaux . Lentement, il  se faufile à sa suite, se cachant par moment dans les haies pour mieux revenir . Comme la chienne ne jappe pas, ni ne songe à l’affronter il s’enhardit jusqu’à venir la narguer depuis son poste d’observation favori  .

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 Soudain Volga qui ne le voit pas et tourne depuis un petit moment sur la pelouse  s’approche un peu trop près des troncs et là le réflexe du sosie de Babouche  est immédiat ,  dos en en arche de pont et  poils de la queue hérissés , l’avertissement  est clair  . Volga même pratiquement aveugle ne s’y trompe pas,  elle perçoit clairement le message et  revient bien vite à nos côtés , un peu trop habituée peut être à la gentillesse des chats à robes noires ( son copain Domino du jardin et bien sur  Babouche  ) elle a cru pouvoir lier les mêmes relations .

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Mais que se passe–t–il ?

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Pour imagecitation 25  ( clic) et pour l’atelier 18 ( clic sur le logo ) Ghislaine nous propose de jouer avec les homophones

bon, bond, ballet, balai, chaine, chêne, close, clause .

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“ Mais que se passe – t – il donc aujourd’hui , d’abord il y a eu ce balai de l’espace, celui dont le flexible  se branche au mur directement ,   aspirant à la chaine et avec force bruit tous les petits moutons réfugiés comme moi sous les meubles et  maintenant que vois – je ?  Un monstre à quatre pattes dix fois plus grand que moi . Que ne suis – je montée d’un bond  sur le chêne avant de trouver porte close .  Là haut, au moins,  j’aurais pu contempler le ballet des samares de l’érable  en toute quiétude au lieu de m’entendre dire que ce bon chien ne me fera aucun mal , qu’il a l’habitude des félins et même qu’il les aime bien . Je voudrais bien vous y voir vous , qui me dit que cette clause de non agressivité sera respectée ? Pas question de sortir de la dessous tant qu’il est dans les parages .”

Voilà ce que m’a soufflé Plumette la petite dernière de notre petite  tribu quand nous sommes allés dans les Vosges  pour l’anniversaire de notre fille .

Bonne journée à toutes et tous


L’amour et les forêts

Bénédicte Ombredanne rencontre l’auteur à la suite d’échanges épistolaires portant sur son dernier ouvrage . C’est une jeune femme cultivée, passionnée de littérature qui est sous l’emprise d’un mari qui ne supporte pas qu’elle puisse vivre autrement que par lui . Peu à peu la lectrice se livre en confidences sur  sa vie , elle lui confie une journée de rébellion en réaction au harcèlement qu’elle subit chez elle . Son mari est bourré de comportements anormaux , calculateur,  incapable d’aimer réellement. Par le biais de l’auteur nous nous demandons comment une femme indépendante financièrement exerçant un métier qu’elle aime, peut se laisser détruire par cet homme . Quelle est cette  peur qui s’empare d’elle pour ne pas oser quitter celui qui la maintient sous sa dépendance psychologique, pourquoi préférer une existence conventionnelle qui rend malheureux , se complaire dans la névrose conjugale . .

Un livre poignant d’Eric Reinhardt très justement couronné par le prix Renaudot des lycéens

“ C’est toujours par la sensation qu’on rentre dans une œuvre, c’est elle qui ouvre l’accès à la fiction , aux problématiques des personnages, aux dispositifs affectifs dans lesquels ils évoluent aux contextes familiaux dans lesquels ils se situent . Alors je travaille et retravaille mes textes jusqu’à ce que j’éprouve précisément la sensation que je cherche à produire sur le lecteur  “ nous dit Eric Reinhardt croyez moi il y réussit fort bien . Il s’applique aussi à se plonger complètement dans l’ambiance des lieux qu’il décrit , j’en veux pour preuve le passage sur l’hôpital Ste Blandine de Metz et la description de l’atmosphère de la “ bulle “ , c’est saisissant de réalité .

Quelques phrases extraites du livre :

Accepter sa propre bizarrerie pour en faire sa joie , n’est ce pas ce qu’on devrait tous faire dans nos vies “

J’attends des livres que j’entreprends qu’ils me secourent , qu’ils m’embarquent dans leur chaloupe, qu’ils me conduisent vers le rivage d’un ailleurs idéal.”

“ On est tous divisés , on est intérieurement plusieurs personnes contradictoires qui se contredisent , on est tous amenés à jouer des rôles qui en définitive sont des facettes d’une vérité unique qu’on passe son temps à intérioriser , à travestir, à protéger du regard d’autrui et finalement à trahir , parce qu’on a honte de s’avouer aussi complexe , pluriel , tiraillé , contradictoire et donc essentiellement infini alors que c’est précisément notre force “

“ le monde se divise entre ceux qui vivent la beauté suffocante d’une folle passion et ceux qui ne vivent pas l’urgence et la beauté suffocante , étourdissante , obsessionnelle d’une folle passion “