Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

Articles tagués “poésie

Jeudi poésie

Pour le défi N° 212 des Crôqueurs de mots, Dômi me confie la barre - Lenaïg

Martine ( quai des rimes clic)   est à la barre du bateau des croqueurs de mots et nous propose :

Trois thèmes au choix et pour chacun des thèmes deux titres pour vos écrits

Passé
Hier à Hyères ou ailleurs
Poussière d’hier

Présent
Sauf-conduit pour aujourd’hui
Aujourd’hui inédit

Futur
Demain à deux mains
Demain en sous-main

Pour les jeudis en poésie des 26 septembre et 3 octobre, vous pouvez au choix

  • écrire un poème en vers ou en prose sur les deux autres thèmes en tenant compte ou pas des titres proposés

ou

  • partager un poème ou une chanson que vous aimez bien sur les trois thèmes proposés ou sur d’autres thèmes.

J’ai choisi de rediffuser cet acrostiche de 2018

WP_001566 - Copie

T    emps      qui   se  balance sur le  fil  de  l’’ éphémère

E   pouse      la   matière   dans  la   musique  du  silence

M   ultiples   sont  les  facettes  de  notre vie sur  terre

P  arées    d’un  halo  masquant  parfois  leur  apparence

O  n  essaie  d’oublier  que  rien  ne dure en permanence

R  estant  longtemps sur l’ image  d’une belle  fulgurance

E   n  espérant qu’elle ne devienne pas trop  vite chimère

L  oin  de  l’éternité  le  temporel  prend  de  l’assurance

L  aissant   son  empreinte  dans  nos  corps  en  jachère

E  n  nous  incitant  alors  à  beaucoup  plus  de vigilance .

01 /08/2018 GF

 


Jeudi poésie

Ayant vu beaucoup de papillons cette année dans les Vosges j’ai eu envie de les mettre à l’honneur avec ce poème de Gérard de Nerval .

P7294426

Les papillons

De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu’aimez-vous mieux ? – Moi, les roses ;
– Moi, l’aspect d’un beau pré vert ;
– Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
– Moi, le rossignol qui chante ;
– Et moi, les beaux papillons !

P7294420

Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l’on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l’oiseau !…

P7294419

Quand revient l’été superbe,
Je m’en vais au bois tout seul :
Je m’étends dans la grande herbe,
Perdu dans ce vert linceul.
Sur ma tête renversée,
Là, chacun d’eux à son tour,
Passe comme une pensée
De poésie ou d’amour !

P7244305

Voici le papillon « faune »,
Noir et jaune ;
Voici le « mars » azuré,
Agitant des étincelles
Sur ses ailes
D’un velours riche et moiré.

imgp6511_thumb

Voici le « vulcain » rapide,
Qui vole comme un oiseau :
Son aile noire et splendide
Porte un grand ruban ponceau.
Dieux ! le « soufré », dans l’espace,
Comme un éclair a relui…
Mais le joyeux « nacré » passe,
Et je ne vois plus que lui !

imgp3566_thumb

Comme un éventail de soie,
Il déploie
Son manteau semé d’argent ;
Et sa robe bigarrée
Est dorée
D’un or verdâtre et changeant.

IMGP7796

Voici le « machaon-zèbre »,
De fauve et de noir rayé ;
Le « deuil », en habit funèbre,
Et le « miroir » bleu strié ;
Voici l’ »argus », feuille-morte,
Le « morio », le « grand-bleu »,
Et le « paon-de-jour » qui porte
Sur chaque aile un oeil de feu !

P9130214

Mais le soir brunit nos plaines ;
Les « phalènes »
Prennent leur essor bruyant,
Et les « sphinx » aux couleurs sombres,
Dans les ombres
Voltigent en tournoyant.

imgp9816_thumb

C’est le « grand-paon » à l’oeil rose
Dessiné sur un fond gris,
Qui ne vole qu’à nuit close,
Comme les chauves-souris ;
Le « bombice » du troëne,
Rayé de jaune et de vent,
Et le « papillon du chêne »
Qui ne meurt pas en hiver !…

imgp3563_thumb

Voici le « sphinx » à la tête
De squelette,
Peinte en blanc sur un fond noir,
Que le villageois redoute,
Sur sa route,
De voir voltiger le soir.

P5230098

Je hais aussi les « phalènes »,
Sombres hôtes de la nuit,
Qui voltigent dans nos plaines
De sept heures à minuit ;
Mais vous, papillons que j’aime,
Légers papillons de jour,
Tout en vous est un emblème
De poésie et d’amour !

P7244304

Malheur, papillons que j’aime,
Doux emblème,
A vous pour votre beauté !…
Un doigt, de votre corsage,
Au passage,
Froisse, hélas ! le velouté !…

Une toute jeune fille
Au cœur tendre, au doux souris,
Perçant vos cœurs d’une aiguille,
Vous contemple, l’œil surpris :
Et vos pattes sont coupées
Par l’ongle blanc qui les mord,
Et vos antennes crispées
Dans les douleurs de la mort !…