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Jeudi poésie

 Domi à la barre du bateau des croqueurs de mots pour  la quinzaine nous dit :

Jeudi Poésie du 20 mai  : Votre tout premier poème des Croqueurs de Môts.

Un peu perdue dans les dates Domi pour le jeudi poésie.

le 17 septembre 2015 j’ai publié :

 

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Metz la grise, tapie au pied du St Quentin,

Metz entre les ponts, Metz aux multiples rivages,

Metz aux toits de cuivre luisant après l’orage,

Metz païenne aux palais et pavés romains,

*

Metz la chrétienne aux cent clochers perçus de loin,

Metz entre les portes fortes du Moyen – Age

Ville assiégée ou menacée à tous les âges ,

Marquée au sceau de ses envahisseurs germains,

*

Metz renaissant chaque printemps dans ses ruelles ,

Refleurissant sur chaque berge de Moselle,

Sur l’Esplanade et sur les monts aux blonds vergers,

*

Dans les boutiques , sous les arches ogivales,

Sous les blessures, les parures du passé :

Metz à genoux dans l’ombre de sa cathédrale .

Anne Blanchot Philippi ( Le sang du fer)

Mais j’ai trouvé aussi une participation plus ancienne le 29 juillet 2015 mais je ne sais plus si c’était pour le défi ou pour jeudi poésie.

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Dis  moi l’océan , oui dis moi celui qui  emporte au gré de ses courants , sculpte la pierre  , façonne le rivage , tour à tour caressant et tranquille mais aussi grondant et indocile.

O      uvre   bien grand  les écoutilles

C         ’est  plus facile à l’abri du vent

E  t laisse toi porter par ce séduisant

A     dagio, quand doucement il babille,

N   oyant tes peurs dans ses courants.

*

O  ndoyante mélopée de brume,

C       aresse  l’horizon incertain,

E       tirant ses lueurs  d’écume

A     u bord de l’éclat  adamentin

N    aturel  du jour qu’il rallume .

*

O        ublie  toutes tes certitudes 

C            ueillies au fil de l’habitude 

E          t tu pourras le comprendre

A  vec ton cœur, saisir les méandres

N   oués  à  son âme et à   ta solitude.


Jeudi poésie

À la barre du bateau des croqueurs (clic sur le logo) pour la quinzaine, c’est  la  couleur blanche que j’ai choisie comme thème de ce premier jeudi poésie. 

neige tremble

J’aurais pu vous parler de :

La neige posée par les chatons du tremble

Chahutant  les  narines   des    allergiques

De la pluie de pétales qui au  sol semblent

Tisser   un  tapis soyeux de blanc magique.

Mais j’ai préféré convier Arthur Rimbaud et sa blanche Ophélie.

File:Alexandre Cabanel, Ophelia.JPG

Ophélie par Alexandre Cabanel

Vous la trouverez aussi   ici  vue par Dorota Gorecka 

 

Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

*

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

*
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux

*
Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
– C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

*
C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits

*;
C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

*Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
– Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

III

– Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.