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Jeudi poésie

Pour le jeudi poésie Laura à la barre des croqueurs de mots pour la quinzaine nous dit :

Pour le deuxième jeudi poésie du 22 avril, j’aimerais qu’il soit question d’ASCENSION religieuse ou pas.

J’ai d’abord songé à un poème de Jules Supervielle dont le titre est ascension puis je me suis dit que je pouvais aussi choisir d’autres voies . L’élévation étant un mouvement d’ascension je vous propose celle évoquée par Charles Baudelaire

d'en haut

Photo prise par mon gendre en parapente

Élévation

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées;
*

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

*

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
*

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins;

* 

Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!


Jeudi poésie

Pour le jeudi poésie des croqueurs de mots Colette ( clic)  à la barre du bateau nous suggère le thème de l’ennui.

La_Touche_Lennui_1893 (1)

L’ennui par  Gaston de la Touche

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Ennui

Dans  le  vin de solitude

Coule   le néant de la vie

Nulle soif de  plénitude

Nulle pulsion, nulle envie

*

Dans ce puits lisse sans fond

Où  l’hydre de l’indifférence

Se meut et rampe à sa façon

De  rien en rien avec aisance

*

Sur    la     paroi     de  monotonie

Glisse     le    fantôme   du  désir 

Point      de     prise   en  asthénie

Rien que du  vide  comme  souvenir 

*

Le sable des jours par habitude

Dans le désert de la conscience

S’écoule,   lentement,  en  silence

Grossissant  le fleuve de lassitude

GF 14/01/21