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Jeudi poésie

Pour ce jeudi poésie des croqueurs de mot sur le thème du fantastique je vous propose un poème de Gérard de Nerval ( 1808- 1855).

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Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très-vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

*

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

*

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

*
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… et dont je me souviens !


atelier Ghislaine 59

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Pour l’atelier 59 de Ghislaine un clic sur le logo

Les mots à insérer : apparence, file, situation, secret, cesser, devoir, offrir, entrer

ou 8 mots contenant oui .

 

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Louison un petit bout de femme à la jolie bouille ronde , offre à tous les clients sa joie de vivre . Gazouillant du matin au soir, sa bonne humeur  c’est son  secret pour venir à bout de tous les ennuis  .  Pendant des années éblouie par le bel Arsène, en apparence si amoureux ,   n’hésitant pas à lui écrire une gentille petite bafouille tous les jours  ,  elle n’a pas vu ses magouilles , jusqu’au jour où cette fripouille s’est évanoui dans la nature pour échapper à la police . La situation de Louison n’a rien d’enviable car maintenant  elle doit se débrouiller toute seule pour faire tourner son commerce . Mais heureusement pour elle , son don pour la cuisine , bien loin de la  tambouille ordinaire , lui sauve la mise . Aussi est – elle toute fière d’afficher dans la salle de son établissement sa devise  ”Chez Louison, pas d’ attrape – couillon, pas d’embrouille ou carabistouille, tout est bon” . Sa notoriété ne cesse d’augmenter depuis qu’elle a ajouté à son menu la poêlée d’andouillettes aux giroles et les cuisses de grenouille au Riesling  , la file de clients qui patientent avant d’entrer dans son  restaurant en témoigne .

Peut – être que si elle continue sur sa lancée elle réussira à décrocher une étoile dans le fameux guide ….

 


“Arrête avec tes mensonges”

 

Résultat de recherche d'images pour "arrete tes mensonges"

 

Ce spéléologue de l’intime comme le nomme Bernard Pivot se livre totalement dans ce roman et nous confie dans la quatrième de couverture qu’il obéit enfin à sa mère en disant la vérité .

“ Quand j’étais enfant , ma mère ne cessait de me répeter : “ Arrête avec tes mensonges.” J’inventais si bien les histoires, parait il , qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.

Aujourd’hui , voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.

Autant prévenir d’emblée: pas de règlements de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale .

Mais un amour , quand même.

Un amour immense et tenu secret.

Qui a fini par me rattraper .”

******

Tout commence par ce jour  dans le hall d’un hôtel où l’auteur répond machinalement à une journaliste au sujet de son dernier roman “ se résoudre aux adieux” quand son regard se pose sur un homme  trainant une valise, qu’il croit reconnaitre immédiatement .

“Je suis aussitôt écrasé par cette image , parceque c’est une image impossible, une image qui ne peut exister , je pourrais me tromper bien sur, , après tout je ne vois pas son visage, je suis dans l’incapacité de le voir là où je suis assis mais c’est comme si j’étais certain de ce visage , comme si je savais à quoi l’homme ressemble et je le redis : c’est impossible , littéralement impossible , et pourtant je lance un prénom, Thomas , je le crie plutôt , Thomas ….. mais l’homme ne se retourne pas , il poursuit son chemin , je devrais en déduire que je me suis trompé , cette fois pour de bon que tout n’a été que mirage , que le va et vient a provoqué ce mirage, cette illusion mais non je me lève, d’un bond , je pars à sa poursuite du fuyant je ne suis pas mû par le besoin de vérifier , car à cet instant là je suis encore convaincu d’avoir raison , d’avoir raison contre la raison , contre l’évidence, je rattrape l’homme sur le trottoir, je pose ma main sur son épaule et.”

Et là l’auteur vous emmène en 1984, l’année de ses dix sept ans . Il va découvrir la morsure du sentiment amoureux , le manque , l’attente provoqué par la privation de l’autre .

“Je découvre que l’absence a une consistance. Peut-être celle des eaux sombres d’un fleuve, on jurerait du pétrole, en tout cas un liquide gluant, qui salit, dans lequel on se débattrait, on se noierait. Ou alors une épaisseur, celle de la nuit un espace indéfini, où l’on ne possède pas de repères, où l’on pourrait se cogner, où l’on cherche une lumière, simplement une lueur, quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose pour nous guider.”

“C’est à ce moment-là qu’on s’est perdus de vue, lui et moi. J’articule ces derniers mots sans y mettre le moindre affect, comme si la vie, c’était ça, simplement ça, se fréquenter et se perdre de vue et continuer à vivre, comme s’il n’y avait pas des déchirements, des séparations qui laissent exsangues, des ruptures dont on peine à se remettre, des regrets qui vous poursuivent longtemps après.”

Un livre qui captive du début à la fin , un style vif qui nous prend par la main . L’intime se révèle avec beaucoup de finesse, sans fioritures de manière  émouvante .