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Nous continuons à nous intéresser aux soins d’hygiène à travers les siècles .

Je vous propose “la toilette”  de  Frédéric Bazille

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La toilette 1870

Tableau réalisé  quelques mois avant sa mort à la guerre .

Lise Tréhot  un des modèles préférés de Renoir apparait à la sortie de son bain, dans le plus simple appareil, assise sur une  couverture en fourrure dans une pose alanguie . .La jeune femme noire, au pagne coloré, s’occupe de ses pieds en la chaussant . On notera la grande diversité de textures et de couleurs dans ce tableau pour mettre en valeur le corps féminin .

Bazille connait les  recettes de l’orientalisme, il sait érotiser la scène avec cette main posée sur la peau noire,  ce linge  jeté  à la lisière du pubis , cette chevelure lâchée recouvrant partiellement un des seins . Les regards de ces femmes rêveurs nostalgiques nous entrainent de suite dans un ailleurs exotique .

Ce nu féminin de La Toilette apparaît  comme un hommage à l’orientalisme à Delacroix et à l’érotisme de Manet. (  l’Olympia de Manet (1863, Paris, musée d’Orsay),  Delacroix des Femmes d’Alger dans leur appartement de 1834 (Musée du Louvre)

 Frédéric Bazille

Né le 6 décembre 1841 à Montpellier mort le 28 novembre 1870 à Beaune la Rolande .

En 1859, Bazille commença ses études de médecine à Montpellier et en  1862 les poursuivit à Paris. Un contact avec des impressionnistes comme Monet, Renoir et Sisley le rendit plus peintre que médecin. À Paris, la peinture n’est pas le seul centre d’intérêt de Bazille, qui se passionne pour l’écriture, le théâtre, la musique, l’opéra. Il se lie d’une grande amitié avec Edmond Maître et fréquente en sa compagnie les concerts. En 1864, il a terminé ses études de médecine, mais il n’a jamais travaillé comme médecin. Il se consacrera exclusivement à son art .

« Je suis lancé et tout ce que j’exposerai dorénavant sera regardé », écrit-il à son frère, après que sa Scène d’été a été exposée au Salon de 1870 : une magnifique composition, peinte pendant l’été 1869, de jeunes garçons se baignant sous les ombres des pins et des bouleaux, une scène de nu moderne et une célébration du plein été.

File:Frederic Bazille Summer Scene (Bathers).jpg

« Pour moi, je suis bien sûr de ne pas être tué : j’ai trop de choses à faire dans la vie », déclare-t-il à son capitaine la veille de sa mort, mais une balle d’un Prussien viendra le faire mentir .


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Pour ce samedi Fardoise nous propose de nous intéresser aux soins d’hygiène quotidiens ou non à travers les âges .

Je vous propose  tout d’abord la femme à la toilette de Mary Cassatt

Femme à la  toilette 1891

Pointe sèche et aquatinte

File:Brooklyn Museum - La Toilette - Mary Cassatt.jpg

Réalisé à la pointe sèche et à l’aquatinte, ce tableau nous montre une jeune femme penchée sur une cuvette pour ses ablutions . Seule une partie de sa chevelure se reflète dans le miroir, ce n’est pas ce qui importe à l’artiste mais plutôt la fluidité de la ligne pour rendre toute la délicatesse de cet instant.

Nous avons l’impression d’être dans cette pièce , de pouvoir lui tendre ce broc fleuri . J’aime cette façon de souligner le corps féminin en n’en révélant qu’une partie , avec ce trait rappelant celui de l’estampe . Un choix de couleurs  en harmonie pour ce moment intime , de la douceur avec ce bleu de l’environnement et les motifs floraux et des tons pastels pour la robe . Une vraie virtuose de la couleur appliquée dans la gravure . Pissaro admire ce travail et  confie dans une lettre  à son fils   « Tu te rappelles les essais que tu as faits à Éragny, eh bien ! Mlle Cassatt l’a réalisé admirablement : le ton mat, fin, délicat, sans salissures ni bavures, du bleu adorable, des roses frais,…”

Dans ce deuxième tableau réalisé à l’huile, nous retrouvons le thème cher à l’artiste , la mère et l’enfant . Eau , céramique , peau et tissu  nous offrent un jeu subtil des matières.   Le point de vue élevé, perspective en plongée,  nous permet d’observer mais pas de participer à cette scène de tendre attention de la mère s’occupant de son enfant. Un moment qui leur appartient totalement .

La toilette de l’enfant huile 1894

 

File:Mary Cassatt - The Child's Bath - 1893.jpeg

MARY CASSATT est né à Pittsburg ( Pennsylvanie )  le 22 mai 1844 et morte le 14 juin 1926 au Mesnil Théribus (France) .

En 1860 elle entre à l’académie des Beaux arts de Pennsylvanie. En 1865 va à Paris avec sa mère , elle étudie la peinture avec Paul Constant Soyer puis est l’élève de Jean Léon  Gérome . La guerre de 1870 la fait rentrer en Pennsylvanie mais  en 1871 elle retourne en Europe visitant Londres, Paris, Turin, Madrid  , s’initiant à la gravure auprès de Carlo Raimondi . En 1875 elle fait la connaissance de Degas qui lui fait rejoindre le milieu impressionniste .Elle se lie d’amitié avec Berthe Morisot . En 1880 ses parents et sa sœur s’installent à Paris , après la mort de cette dernière gravement malade du foie, elle se lance dans une série de portraits d’enfants souvent avec leur mère et en fera son sujet privilégié. Elle participe à la 4ème , 5ème, 6ème, 8ème exposition des peintres impressionnistes.

En 1890, la visite d’une exposition sur la gravure japonaise est l’occasion pour elle de donner une nouvelle orientation à ses tableaux  . Mary tombe en admiration devant les œuvres d’Utamaro et de Toyokuni. Si l’esthétique de l’estampe japonaise l’influence fortement, elle reste fidèle à sa technique de taille-douce et pratique la pointe sèche, l’eau-forte et l’aquatinte*.

* L’aquatinte ou aquateinte est un procédé de gravure à l’eau-forte. Ce procédé consiste à recouvrir une plaque de métal d’une couche de poudre protectrice plus ou moins dense, puis à la plonger dans un bassin d’acide. Elle permet, grâce à l’utilisation de fines particules de résine (colophane ou bitume) saupoudrées puis chauffées, d’obtenir une surface composée de points plutôt que de traits par lesquels on obtient différentes tonalités de couleur.

Son talent pour cette dernière technique, extrêmement difficile, lui vaut une grande admiration de ses confrères. Lors de sa première exposition particulière chez Durand-Ruel en 1891, elle expose dix de ses eaux-fortes. Celle-ci sera suivie de quatre autres chez Durand-Ruel, et chez Ambroise Vollard. Ses œuvres s’exposent aussi aux États-Unis : New York (1895-1903) et au Royaume Uni : Manchester (1907).

Elle continue sa série de portraits de femmes et d’enfants. Selon Segard, c’est durant la période de 1890-1910 qu’elle atteint le sommet de son art, synthèse  entre l’ascétisme de la gravure japonaise et l’abondance de coloris de sa période impressionniste, évoluant au gré de son humeur entre ces différentes tendances.

Elle achète, en 1894 le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus qui devient sa résidence d’été. De 1912 à 1924, elle partagera son temps entre Beaufresne et la villa Angellito à Grasse.

Elle cesse de peindre en 1914 et devient aveugle en 1921.