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l’homme qui m’aimait tout bas

L-homme-qui-m-aimait-tout-bas-de-Eric-Fottorino

 

Un livre très émouvant d’Eric Fottorino où l’auteur exprime  avec beaucoup de pudeur son incompréhension face au choix de ce père de quitter ce monde mais aussi un vibrant hommage pour ce père adoptif qui lui a tant donné  .

“ Ce sont les mots qu’ils n’ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil “ Montherlant

Le choix de l’épigraphe par Eric Fottorino est en parfaite osmose avec ce livre qui commence ainsi :

“ Le 11 mars 2008 en fin de journée , dans un quartier nord de La Rochelle, mon père s’est tué d’un coup de carabine . Il avait garé sa voiture sur un parking et s’était installé à la place du passager, sans doute pour n’être pas gêné par le volant . Il a légèrement incliné son siège en arrière , a étendu ses jambes , glissé l’arme le long de son corps , porté le canon à sa bouche . Et puis d’un geste souple, lui qu’on appelait l’homme aux mains d’or quand il était “ kinési” rue Bazoches , avec sa blouse blanche, son teint mat et son sourire étincelant d’homme du soleil , il a pressé la détente .”

Les souvenirs affluent pour ce premier été sans son père où il retrouve “l’allégresse de pédaler dans cette féérie et tristesse de ne plus t’y voir “ , il revit alors les courses de ses quinze ans avec ce père qui l’encourage à ne jamais rien lâcher .

“ Papa m’a mis sur un vélo après avoir constaté ma nullité au football….Au milieu des années 1970 , papa et moi avons arpenté toute les routes de Charente, de Vendée, des Deux Sevres, d’Aquitaine , des Landes, du Gers……..Il m’a appris à lutter, à ne jamais abandonner, à serrer les dents à ne pas me plaindre de la malchance …….à vélo il m’a appris la vie . “

“ Si j’ai pu garder confiance dans la vie c’est que Michel est arrivé dans celle de maman et dans la mienne .

Quelques autres passages que j’ai particulièrement bien aimés :

“La mémoire est vigilante, elle avoue ce qu’elle veut bien. À tes mains de voir. Lis les peaux en aveugle. Tes mains doivent être aimantes, je veux dire avoir la force des aimants. Un coup sur la peau, c’est un caillou dans l’eau. Il donne naissance à des ondes invisibles, des arcs de cercle ordonnés autour du point d’impact. Si tes mains sont bonnes, elles trouveront ces courbes et remonteront à l’origine du choc. L’art est de sidérer la douleur, de la frapper de stupeur. Sous la cuirasse dort une faille.”

“Tu m’aimais tout bas, sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l’ordre des choses. Tu m’aimais tout bas, sans le dire, sans éprouver le besoin d’élever la voix. C’était si fort – la force de l’évidence – que tu ne l’aurais pas crié sur les toits. Il fallait une indiscrétion de voisin, de cousin, pour que j’apprenne combien tu étais fier, heureux, de ce rejeton épais comme une arbalète qui disputait aux plus costauds des titres de champion à la gomme.”

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Photo prise à la médiathèque de Metz dans la cadre de l’été du livre , le roman présenté ce jour là était “Chevrotine” où l’auteur renoue aussi avec le thème  de la filiation .

 


lundi soleil

aout bleu lundi soleil

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Pour ce lundi soleil de bernie ( un clic sur le logo ) , le bleu est demandé, aussi puis  – je vous proposer la cargaison de ce bateau rencontré près de l’écluse du port de Metz .

Regardez bien , je ne les ai pas comptés, mes ces vélos bleus sont du voyage aussi avec Iris venu d’Amsterdam . Quand je suis arrivée à vélo, via la véloroute et le pont Eblé visible sur la première photo , j’ai trouvé à l’arrière du bateau tout un groupe de Hollandais en pleine réunion dinatoire,  ce n’est qu’en continuant mon chemin que j’ai aperçu tous les cycles bien sagement alignés sur le quai semblant faire un clin d’œil au ciel lorrain  . Je sais que dans ce pays la petite reine a tous les honneurs mais je ne me doutais pas qu’elle participait à des croisières sur les rivières .

Bonne fin de journée à toutes et tous .

Bises

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