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Abécédaire trois sujets

Pour ce nouvel abécédaire (clic sur le logo) Violette nous demande d’écrire une histoire courte avec un personnage dont le nom commence aujourd’hui par un Y (prénom ou nom), avec une ville commençant par Y et  un pays commençant par Y.

Suite de la lettre X ( clic)

 

Photo Maury Golini

Quand Didier arrive dans le hall de la gare , un pianiste particulièrement talentueux  a pris place devant le piano noir  laissé en accès libre . Loin  de casser les oreilles de tout un chacun comme c’est souvent le cas si l’on en croit les usagers, l’homme envoute son public  par un répertoire aux consonances slaves marquées. Didier  jette un regard circulaire aux alentours , Isabelle et Emilie ne sont pas encore arrivées aussi décide – t – il de se rapprocher de l’attroupement que le pianiste génère. Une fois le dernier morceau terminé, alors que l’homme se lève,  la curiosité l’emporte et il ne peut se retenir de lui poser quelques questions quant à ses préférences musicales . Il apprend ainsi par  Yannik , le pianiste, que ses arrière – grands – parents étaient musiciens à l’orchestre national de Belgrade  du  temps où ce pays s’appelait encore  Yougoslavie , qu’il a hérité de nombreuses partitions qu’il a quelque peu modifiées pour se produire en solo.  Il est attendu demain à l’Amphy de Yutz après être passé la veille à la BAM de Metz . Il s’amuse de temps en temps ainsi dans les gares  pour tromper l’attente des correspondances. Remerciant Yannick d’avoir répondu à ses questions , il prend congé non sans l’avoir félicité pour son talent ,  il vient en effet d’apercevoir l’élue de son cœur accompagnée de sa sœur juste au niveau de la grande verrière à l’entrée .


Eglise Ste Ursule à Yutz

Pour l’abécédaire des églises et cathédrales de Violette un clic sur le logo

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Je vous présente aujourd’hui une église presque fantôme puisqu’à l’intérieur il ne subsiste plus grand chose autels, statues , mobilier tout a été enlevé .Une reconversion a bien été envisagée mais pour l’instant elle ne voit pas le jour .

L’argent et l’emplacement ( juste à côté du cimetière)  ne semblent être les seuls problèmes… Car avant de reconvertir l’église encore faudrait-il qu’elle soit désacralisée. Or en Alsace-Moselle, la tâche est rendue complexe par le régime concordataire en place. Ici, le maire doit tout d’abord écrire à l’évêque pour que celui-ci demande au préfet d’ordonner la désaffection de l’édifice. Sans quoi sa désacralisation n’est pas reconnue. Et sa transformation s’avère impossible. À ce jour, l’Évêché de Metz ne porte trace d’aucune démarche de ce type.

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Un Yussois passionné d’histoire locale, Bernard Adamiste, s’est penché sur le passé de l’église (détaillé sur le site lesruesdeyutz.fr).

A partir de 1840, les habitants de Haute-Yutz se plaignent du trop long trajet qu’il faut accomplir pour aller à l’école, à l’église et au cimetière. Le conseil municipal du 5 janvier 1845 décide la construction de l’église et du cimetière qui l’entoure au motif « qu’il est très onéreux de conduire les morts à Basse-Yutz pour être enterrés dans cette commune. La section (Haute-Yutz) possède la foule nécessaire pour subvenir aux dépenses qu’occasionneront les dites constructions ».

On entreprend la construction de l’église Sainte-Ursule et du cimetière se trouvant autour, suivant les plans de l’architecte Laydecker de Thionville (57) en 1846. Les travaux sont effectués par l’entreprise de Pierre-Adolphe Didion de Thionville (57), pour la somme de 17 915,58F. Elle remplace la chapelle du même nom, située à l’actuel n°4, rue de la Chapelle, devenue trop petite. L’église Sainte-Ursule est consacrée le 18 juin 1849 par Monseigneur Dupont des Loges, évêque de Metz.

 Sainte-Ursule a été érigée aux alentours de 1850 pour les habitants de Haute-Yutz. « Les cloches ont été volées par les Allemands durant la Première Guerre mondiale pour les fondre et en faire du matériel d’armement », raconte Bernard Adamiste. Quatre cloches de remplacement seront ensuite acquises grâce à une quête, grâce aussi au soutien du conseil de fabrique et de la commune. En 1944, la Wehrmacht réquisitionne ces cloches sans avoir le temps de les ramener en Allemagne au vu de l’avancée des troupes alliées. Elles seront retrouvées en 1945 dans un wagon de train à Florange.Dans les années 1960, Sainte-Ursule était devenue trop petite. Une église toute neuve, plus grande (Saint-Joseph) a donc été construite tout près, consacrée en 1966. « L’éventualité de raser Sainte-Ursule a été envisagée en conservant son clocher », écrit Bernard Adamiste. Mais le coût et la complexité de l’opération auraient découragé le conseil de fabrique à l’époque.


Calacas Zingaro

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Tout d’abord un joli chapiteau qui semble jouer avec les petits moutons blancs du ciel ( qui se sont transformés un peu plus tard en gros vilains  édredons gris foncés voire noirs , l’orage heureusement n’a pas eu lieu pendant le spectacle ) et un personnage fort en couleurs vous accueillent  .

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Puis vous entrez dans une autre dimension .Un spectacle époustouflant où se mêlent des visions de la mort les plus loufoques puisées dans une Amérique Latine omniprésente  , une extraordinaire double piste où les chevaux ( argentins pour le plus grand nombre) évoluent derrière vous comme s’ils volaient au dessus de vos têtes et devant vous sur la piste centrale . Des musiciens les chinchineros incroyables de virtuosité vous invitent à découvrir chaque tableau depuis les gradins d’abord puis par moment en bas au centre de la piste , tambours cymbales entrent alors en action à un train d’enfer. Une vision de rêve avec ce magnifique pur sang arabe à la robe immaculée semblant préfigurer l’idéal d’un paradis entrevu juste au dessus de vous. Loin d’être effrayante cette fresque colorée vous entraine, impossible de résister à cette danse effrénée des squelettes et des chevaux . Le macabre n’est jamais morbide l’élan vital des chevaux triomphant toujours des ricanements des squelettes , chaque cheval participe à la création au même titre que le cavalier .Deux heures durant vous êtes en phase avec ces farandoles , les formidables danses  des chevaux et des hommes . Le spectateur est comme happé par la terre et le ciel grâce à ces deux pistes, il ne peut qu’être emporté par ce médiateur qu’est le cheval et  par la fougue des chinchineros  .

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« Ce qui m’intéresse, avec Calacas, c’est la danse macabre. Une danse de mort, c’est aussi une danse de vie. J’installe
tout, comme un carnaval, et après, je laisse le spectateur voyager dans l’image. C’est l’une des caractéristiques de
Calacas. (…). Dans Calacas, au final il y a un côté joyeux, car comme dans un carnaval la vie continue. C’est une course
sans fin, il faut avancer jusqu’au bout. » Bartabas

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Photo réalisée ( par Hugo Marty ) pour l’affiche du spectacle que bien sur j’ai ramenée pour prolonger l’enchantement . Comme vous l’avez certainement compris, je me suis régalée et je ne saurais trop vous conseiller ce spectacle si  Calacalas passe non loin de chez vous, pour l’instant il est à Yutz à l’aéroparc jusqu’au 20 juillet dans le cadre du festival Cabanes . Je vous mets la bande annonce de ce spectacle en vidéo plus bas .

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Je m’aperçois que je suis en phase aujourd’hui ( j’ai écrit le billet hier juste en revenant de Yutz ) avec mon quotidien régional “le Républicain Lorrain”, aujourd’hui il consacre à ce spectacle tout une page pour nous donner un aperçu de Calacas et des coulisses du spectacle , un article vraiment très intéressant de Joan Moïse . Je n’ai pas pris de photos du spectacle, je respecte entièrement les consignes avec lesquelles je suis en parfait accord ,  j’ai aussi signé la pétition des intermittents qui nous ont permis de voir un théâtre équestre de toute beauté. Un grand merci à ma fille pour ce très beau cadeau  .