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atelier de Ghislaine

Atelier 149 Ghislaine

Récapitulatif du 140

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Les mots : Dernier, page, silence, honteux, honorer, recevoir, atmosphère, toucher

ou thème " Rumeur " ou ressenti sur  l’image ci – dessous .

Atelier 149 et Récapitulatif du 148

Quelque soit la couleur du ciel en cette première semaine  d’avril ,  Marcy, le merle, tient à  déclarer sa flamme à sa compagne Mélie  en de long trilles  cristallins. Elle reçoit  cet hommage avec beaucoup de fierté car le nid douillet, fabriqué   la dernière semaine de mars,  abrite maintenant le fruit de leur amour, quatre  œufs bleu – vert piquetés  de mouchetures brunes . Par ce chant mélodieux  Marcy veut honorer aussi  la vie qui bientôt jaillira de cette couvée . Une page se tourne en effet pour le couple,  ils vont bientôt découvrir les joies de la famille , les exigences aussi. 

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Pour l’instant Mélie prend son rôle de mère très au sérieux et couve en silence ne s’absentant que très rarement du nid . Au bout de deux semaines dans le buisson d’aubépine c’est le grand jour , les oisillons l’un après l’autre entament un concert de casse – coquille. Elles sont bizarres ces petites choses roses aux yeux fermés qui ne tardent pas à ouvrir  un large bec pour réclamer à manger.   Ne croyez pas que les parents soient honteux de cette progéniture plutôt larvaire. Non , il savent que bientôt les plumes seront au rendez – vous  et leur apparence en sera nettement améliorée. Mais pour cela , il va falloir assurer un nourrissage non stop  et veiller à ce qu’aucun prédateur ne touche aux oisillons .

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Photo de Wikimedia Commons ici

Pour l’alimentation Marcy et Mélie sont des pros de la saisie du  ver de terre, aucun ne leur échappe. Ils assurent à eux deux un ravitaillement sans faille et ce n’est pas rien car les petits sont affamés. Voilà déjà maintenant deux semaines qu’ils ont vu le jour et leur appétit ne cesse de croitre. Tout se passe bien jusqu’à présent mais aujourd’hui Mélie n’est pas tranquille car il lui semble que l’atmosphère n’est plus  tout à fait la même  dans le ciel qu’elle aperçoit à en allant chercher la nourriture .

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Non, ce n’est pas la rumeur qui s’avance en escadrille , mais un vol de corneilles au bec affuté, prêtes à en découdre pour attaquer les oisillons.  Elle a beau couvrir de ses ailes le nid, émettre des cris stridents pour alerter Marcy, un de ses oiseaux de malheur a déjà saisi un des petits et l’emporte .  Le couple de merles , s’interpose avec ce courage incroyable de l’abnégation totale mais rien n’y fait, en moins de cinq minutes le nid est vide.

Ainsi va la vie chez Mélie et Marcy .


Atelier Ghislaine 148

 

Récapitulatif du 140

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les 8 mots :Bougie, fondre, lumière, vitre, flou, sombre, chercher, dire

ou avec au moins  5 mots commençants  par " F " ou un texte sur le thème " Ressenti sur cette photo "

Atelier 148 et Récapitulatif du 147

Le mois dernier  j’ai soufflé la bougie d’ un anniversaire bien particulier. Celui de ma première rencontre avec ce filou de coronavirus, ou plutôt devrais – je dire ce fâcheux virus que j’espère bien ne plus croiser . Rien de flou dans les dates, inutile de chercher longtemps, puisque le jour des premiers symptômes correspond  exactement au premier jour du  confinement, à savoir le 17 mars.

Derrière la vitre d’une des fenêtres du salon, je regarde  des ramiers célébrer à leur manière le retour du printemps, quelques jours en avance. Un vrai festival, ils prennent de l’altitude en faisant volontairement  claquer leurs ailes comme pour une parade , puis ailes fermées ils chutent un peu et reprennent un vol normal.  Je ne peux m’empêcher de penser qu’au bout d’un an, la porte de notre cage est encore loin de s’ouvrir en grand,  le virus ayant été flashé en flagrant délit de mutation.   Aussitôt  me reviennent alors en mémoire, ce mois passé en isolement dans l’appartement .

Le temps semblait se figer dans un quotidien bien sombre , même si dehors la lumière était a contrario des plus éclatantes. Le murmure  habituel de la rue  finissait par se fondre  dans l’au delà d’ un silence quasi surréaliste. Mon univers se limitait le plus souvent  à mon lit, la fièvre et la fatigue m’empêchant  de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit.  Une question évidemment me taraudait jour après jour :  est – ce que j’avais contracté ce fameux covid  ( oui à cette époque il était masculin ) ? Impossible d’avoir accès aux  tests, de se rendre chez un médecin, de savoir  comment la maladie allait  évoluer (Je ne sus qu’au mois de mai après un test sanguin qu’il s’agissait bien du coronavirus 2019) .  J’avais l’impression de marcher  sur un fil sans balancier , sans aucune accroche possible. Je guettais l’apparition de cette toux fléau qui pouvait rapidement signifier  les ennuis grimpant en flèche  . Mais ce fut heureusement vers une atteinte digestive que l’évolution se fit. Pas facile à négocier quand il faut reprendre des forces , la nourriture m’étant franchement insupportable, mais oh combien moins traumatisante que l’autre fulgurante version qui frappe tant de personnes.

Et maintenant me direz – vous quel futur  ? Je n’ai bien sur pas de réponse mais je ne peux que partager avec vous la version du confinement de François Morel ( à écouter ici clic ).

François Morel

“Juste après ce rendez-vous désormais hebdomadaire, monsieur le Premier ministre m’a appelé personnellement afin que je puisse réfléchir à de nouvelles annonces qui viendront, sinon contredire ses propos, au moins les adoucir.

J’ai réfléchi toute la nuit afin de soumettre ce matin le fruit de ma réflexion à monsieur le Premier ministre. Il était tôt. Il m’a reçu par un « Oh putain, quelle heure qu’il est ? » puis, je dois le dire, a validé chacune de mes propositions avec beaucoup d’empressement.

Voici donc les contre-annonces destinées à améliorer la vie des Français au quotidien. Je suis en mesure de les exposer toutes, puisqu’elles ont été entérinées par le gouvernement.

Dès demain matin, samedi 20 mars, il a été décidé que l’hémisphère Nord s’introduirait dans la moitié estivale de l’année et que par conséquent le printemps entrerait en vigueur sans attendre.

C’est naturellement une nouvelle considérable qui va dans le bon sens, celui de l’espérance, celui de la confiance.

Le soleil a promis, et notons-le, c’est un effort considérable, de traverser le plan équatorial de la Terre. Il a pris l’engagement solennel que dès demain il acceptait de se retrouver au zénith de l’Équateur.

C’est une besogne colossale que chacun doit saluer comme il se doit.

Cette décision au sommet a provoqué toute une diversité de prises de positions, d’intentions, de dispositions qui, en cascade, changeront véritablement la vie de chacun de nos concitoyens.

Sans attendre, les premiers bourgeons, symboles de renaissance, vont apparaitre. C’est ratifié. C’est homologué.

Les températures, quoi qu’il en coûte, ont décidé de remonter afin d’atteindre un niveau qui rendra plus confortable la vie des Français.

Les plantes, jugées essentielles, ont décidé dans un joli mouvement solidaire de fleurir afin d’embellir les pares-terres de nos vies.

Ce n’est pas tout.

Les animaux hibernants se sont résolus à sortir de la couette afin de participer à l’effort collectif

Je voudrais également saluer la détermination des oiseaux migrateurs qui ont annoncé leur résolution de revenir sur nos territoires afin que leur présence soit synonyme d’aspiration à un avenir meilleur, de perspective de bonheur.

Enfin, à propos de perspective de bonheur, et ce n’est pas l’annonce la moins conséquente, la libido, elle-même, met un point d’honneur à faire preuve de la plus grande vitalité dès demain.

Elle sera particulièrement sensible à l’allongement des jambes, à l’érotisation des corps, et fera le pari de la confiance vis-à-vis de la testostérone qui sera libérée, et elle s’en réjouit, dans les prochaines heures et le respect des gestes-barrières.

Voilà toutes les mesures que j’étais en capacité de vous annoncer ce matin, j’espère qu’elles seront suffisantes pour vous faire conserver le moral.