Ici l'oeil et l'oreille restent disponibles

le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Le tableau du samedi

Pour le tableau du samedi Lilou soleil prend le relais de Fardoise pour les thèmes jusqu’à fin aout et nous propose :  la vie en rose

D’autres artistes lorrains à découvrir   avec :

  • Cette œuvre du peintre et pastelliste Marguerite BARCO

BARCO M. 6 

Marguerite Barco : Nancy 1882 – Saint-Nicolas-de-Port 1965

Fille d’un photographe.

Son père était né en Autriche, il avait épousé Julie Emma de LATOUCHE de GRANDMAISON, fille d’un magistrat née à Sarrebourg, et créa un atelier de photographie à Nancy en 1875.

Marguerite fut dans sa ville natale l’élève d’Antoine VIERLING*, de Louis HESTAUX* et de Jules LARCHER*, puis du Nancéien Henri ROYER* et de Jean-Paul LAURENS à l’Académie Julian. Elle revint ensuite à Nancy où elle passa l’essentiel de sa vie, restant célibataire.

Elle débuta en 1902 au Salon de Nancy et participa à celui des Artistes français à partir de 1911. Elle figurait en 1914 au Salon de l’Union des Femmes peintres et sculpteurs.

Pendant la Première Guerre, elle suivit sa famille à Nice où son père décéda en 1915.

Elle prit part en 1920 à l’exposition nationale de Metz avec deux pastels et à l’exposition-vente organisée à Nancy en 1922 par le Cercle artistique de l’Est.

Elle continua à participer au Salon des Artistes français, en devint sociétaire et obtint une mention honorable en 1925. Elle fut nommée cette année-là officier d’Académie. En 1936, son portrait du vice-amiral Fournier fut acquis par le ministère de la Marine. Cinq ans plus tard, elle figurait au Salon d’Automne avec des natures mortes.

M. BARCO peignit d’abord à l’huile et à l’aquarelle. A partir de 1910, elle pratiqua le portrait au pastel, surtout féminin. Léon MALGRAS remarqua ses premiers envois dans cette technique au Salon de Nancy : « Le pastel de style, celui qui donne au portrait de fondu, cette douceur irréalisables à l’huile, il semble que Mlle Barco le réussisse avec une virtuosité qui, pour être de date récente, n’en est pas moins intéressante et réelle. »

(1910). Sa manière n’était pas figée comme le remarque le même critique : « Mlle Marguerite Barco a modifié sa manière. Répudiant, pour cette fois, les facilités trop chantantes de la couleur, elle nous donne des portraits d’une extrême distinction dans le dessin, d’un frottis, très discret, de la nuance. » (1913)

Au début du siècle, elle visita la Bretagne et la Normandie qui lui inspirèrent paysages et scène de genre. Sans négliger le pastel après la Première Guerre, elle se consacra surtout à l’huile avec des portraits, des scènes d’intérieur, des fleurs et des paysages inspirés par ses séjours dans les Alpes et sur la côte Atlantique.

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Le rose peut se trouver aussi dans les paysages, c’est pourquoi je vous propose aussi

  • Deux œuvres  de   Maxime NOIRÉ 

NOIRE M. 97

Maxime NOIRÉ   Guinglange (57) 1861 – Alger 1927

Son père, peintre décorateur ,  était né à Montigny-lès-Metz, sa mère à Guinglange.

D’abord formé et employé par son père qui travaillait surtout pour des églises, il avait presque vingt ans quand il se rendit à Paris où il fit des portraits. Des problèmes de santé l’incitèrent à s’installer à Alger vers 1882. Tout en travaillant chez le peintre-décorateur BAUBIL, il s’orienta vers la peinture de chevalet et s’imposa peu à peu comme le grand paysagiste de sa terre d’adoption.

NOIRE M. 112

Attiré par le Sud, il quittait à la belle saison son pavillon algérois du Jardin d’Essai pour les hauts plateaux, puisant son inspiration à El-Kantara, à Biskra et surtout à Bou-Saâda où son ami Etienne DINET acheta une maison en 1905. Figure marquante de la vie artistique locale, il fut en 1897 l’un des fondateurs de la Société des Artistes algériens et orientalistes au Salon de laquelle il participa régulièrement tout en présentant ses œuvres dans son pavillon mauresque. Il contribua en 1907 à l’institution de la villa Abd-el-Tif, destinée à accueillir des artistes venus de la métropole sur le principe de la villa Médicis.

A Paris, il exposa avec la Société des Peintres orientalistes français fondée en 1893 et prit part au Salon de le SNBA en 1902. Quelques expositions particulières lui furent consacrées dans la capitale avant la Première Guerre :

– 1900 : rue Grange-Batelière

– 1901 : Grand Hôtel d’Orléans, rue Richelieu

– 1912 : siège de La Vie nouvelle, rue Mazarine.

Il était représenté en 1906 à l’Exposition coloniale de Marseille.

NOIRÉ poursuivit son activité après la guerre et exposa aux salons des Artistes français et des Artistes coloniaux ainsi qu’à Alger avec l’Union artistique de l’Afrique du Nord fondée en 1925. Cette année-là, il fut chargé avec Marius REYNAUD et Eugène DESHAYES de décorer le hall de l’Algérie à l’Exposition internationale de Grenoble. Il mourut d’une embolie cardiaque au Splendid-Cinéma d’Alger et fut inhumé au cimetière de Saint-Eugène (aujourd’hui Bologhine).

Quelques mois après son décès ses dernières œuvres furent présentées au 3e Salon de l’Union artistique de l’Afrique du Nord. Plusieurs rétrospectives lui furent consacrées à Alger, notamment à la galerie Salles-Girons en 1928, 1930 et 1932.

Il obtint à l’Exposition universelle de 1900 la médaille d’honneur des Peintres orientalistes français pour L’espace, œuvre qui fut à nouveau présentée à l’Exposition coloniale de Marseille en 1922. Il fut nommé en 1905 peintre officiel de la Marine et des Colonies, ce qui lui valait d’être accompagné d’une escorte militaire lors de ses voyages dans les pays du Maghreb. L’Etat acheta deux de ses œuvres en 1902 et 1906. Chevalier de l’ordre du Cambodge depuis 1904, il devint en 1908 grand officier du Nicham-Iftikar pour un tableau exécuté à Tunis pour la salle des séances de la Conférence consultative. Il participa à l’organisation de plusieurs expositions internationales et ses paysages lui valurent en 1913 une médaille d’or à celle de Gand. En 1931, son nom fut donné à une rue du quartier de Bab-el-Oued.

La qualité de son œuvre peint surprend de la part d’un artiste pratiquement autodidacte. Ses paysages se caractérisent par un impressionnisme à la touche de plus en plus vigoureuse, qu’il s’agisse de vues de la baie d’Alger ou du massif des Aurès. Dans ces dernières, il met les volumes en relief par des contrastes lumineux dans des harmonies d’ocre et de mauve qui exaltent les étendues montagneuses semi-désertiques qu’il peignait sur le motif selon un entretien accordé en 1912 à L’Echo d’Alger. Surnommé « le peintre de l’espace et du silence », il est avant tout sensible à la minéralité du cadre naturel qu’il évoque souvent dans des formats panoramiques. S’il accorde moins d’importance aux types humains que son ami le Messin Alphonse BIRCK* et surtout qu’Etienne DINET, il réalisa à ses débuts quelques beaux portraits féminins de facture assez classique et ses oueds ou ses oasis sont parfois animés de lavandières ou de chameliers.

 

 


Le tableau du samedi bis

Le tableau du samedi

Pour le tableau du samedi  un clic sur le logo. Mon premier billet programmé avait suivi le thème donné par Fardoise .

Sur proposition de Lilou “la vie en rose” je vous propose cette œuvre d’Emile Friant : 

l’ébauche ( 1885)

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Dans l’ébauche l’artiste brosse le portrait de Charles de Meixmoron et de son épouse , ou plus exactement il nous montre un double portrait puisque Charles lui aussi fait le portrait de son épouse ce que l’on remarque mieux sur la photo ci – dessous. Le rose soyeux de la jupe éclaire le costume noir de Charles concentré sur sa palette . Le corsage, violine au sombre velouté, dégage les épaules et met en valeur la blancheur de la peau du modèle .

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Au Salon des artistes français de 1885, deux tableaux de Friant sont très admirés : un portrait en pied de Madame de Meixmoron de Dombasle et une œuvre intitulée L’Ébauche.

André Michel est enthousiaste dans sa chronique de la Gazette des Beaux-Arts : «Le dessin précis et à la fois enveloppé, avec des souplesses et des caresses délicieuses, la couleur discrète et savante avec des raffinements de bon aloi… l’éloquence discrète et pénétrante de la lumière».

Emile Friant est né à Dieuze le 16 avril 1863 son père est chef d’atelier des Salines , sa mère est couturière . En 1872 la famille quitte la Moselle annexée et vient habiter Nancy . En 1874 il rentre à l’école municipale de dessin et suit l’enseignement de Théodore Devilly. Il se lie d’amitié avec Victor Prouvé et Camille Martin. En 1878 il expose pour la première fois au salon de Nancy et sera remarqué par la critique . En 1879 il obtient une bourse et entre à l’école des beaux arts de Paris dans l’atelier d’Alexandre Cabanel où il retrouve Victor Prouvé . En 1883 il obtient le second prix de Rome pour “Oedipe maudissant son fils Polynice” . Le tableau le plus connu d’Emile Friant est “ la Toussaint “ pour lequel il obtient la médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1889 et qui lui vaut la légion d’honneur .

Des 1906 il devient professeur de dessin à l’école des Beaux Arts de Paris .

Emile Friant meurt à Paris le 9 juin 1932 et est inhumé au cimetière de Préville de Nancy.

Pour retrouver d’autres tableaux de cet artiste un clic ici

 


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Le tableau du samedi

Fardoise ( clic sur le logo ) nous propose pour ce samedi de “partir en vacances ou non”  Cette fois ci, je me suis tournée vers la peinture de Salvador Dali avec  “jeune fille debout à la fenêtre” un tableau de sa période de jeunesse ( 1925) que j’apprécie particulièrement pour cette sérénité qu’il inspire.  Elle est réalisée dans un style réaliste et représente la sœur de l’artiste à Cadaquès .  La fenêtre ici joue le rôle de second cadre inclus dans le premier . Le paysage n’est pas séparé de la toile il est mis en relation avec la personne qui le regarde . Salvador Dali joue sur les différents bleus , la fenêtre ,  la mer, le ciel, la jupe , les rideaux  comme pour mieux nous inviter à entrer dans le tableau dans le tableau . Le surréalisme commence à poindre aussi avec l’absence du battant gauche de la fenêtre .

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Pour le tableau du samedi Lilou soleil prend le relais de Fardoise pour les thèmes jusqu’à fin aout et nous propose :  quelques portraits de femme portant chapeau.

Renseignements toujours tirés des fiches de mon mari , je vous propose de découvrir d’autres peintres lorrains ce samedi .

FEYEN E. 10

le petit chaperon rouge , gravure de

FEYEN Jacques Eugène

Bey-sur-Seille (54) 1815 – Paris (9e) 1908

Peintre, photographe, graveur sur bois, lithographe, sculpteur et professeur de dessin

Fils d’un percepteur des Contributions directes issu d’une famille d’armateurs hollandais installés en Lorraine fin XVIIe-début XVIIIe siècle ; frère d’Auguste FEYEN-PERRIN* et de Justin FEYEN*.

Il passa son enfance à Lixheim (aujourd’hui 57) où son père avait été affecté. Une santé fragile le contraignit à abandonner ses études au Petit Séminaire de Pont-à-Mousson. Aîné de huit enfants et ayant perdu sa mère à quinze ans, il devint employé dans une mercerie-quincaillerie avant de se rendre à Paris en 1834. Attiré par les arts depuis l’enfance, il s’inscrivit à l’atelier de Léon COGNIET mais regagna Nancy au bout de six mois avant de se rendre à Epinal. De retour à Paris en 1838, il entra dans l’atelier de Paul DELAROCHE puis se perfectionna à l’Ecole des beaux-arts tout en copiant les grands maîtres au Louvre et au Luxembourg. Il débuta au Salon en 1841 mais, ayant des ennuis de santé, il revint l’année suivante à Nancy où il peignit des portraits et ouvrit un cours de dessin. Atteint d’une affection des yeux, il ouvrit en 1851 un atelier de photographie place d’Alliance puis à Paris deux ans plus tard. En 1861-1862, il publia des séries de portraits photographiques d’acteurs et d’actrices. Pendant cette période, il ne peignait qu’à temps perdu, exécutant des œuvres académiques et des scènes de genre, qu’il présenta à nouveau au Salon à partir de 1861. Le succès venu, il vendit en 1867 son atelier de photographie pour se consacrer uniquement à la peinture. Deux ans plus tard, il rejoignit son frère Auguste à Cancale et, pendant plus de trente ans, revint passer ses étés en Bretagne, faisant de nombreux croquis et esquisses à l’huile qu’il reprenait dans son atelier pour composer les tableaux qui ont fait sa réputation.

Malgré une interruption entre 1848 et 1861, il participa régulièrement au Salon de 1841 à 1908 : il avait 92 ans ! Il y reçut une médaille de 3e classe en 1866, une de 2e classe en 1880 et fut nommé chevalier de la Légion d’honneur l’année suivante. Il prit part dans la capitale aux Expositions universelles de 1867, 1878, 1889 et 1900 (expo. décennale).

E. FEYEN faisait partie de l’association républicaine La Marmite, fondée en 1873.

Peintre apprécié des critiques, du public et d’artistes comme VAN GOGH, il est toujours resté fidèle à l’académisme. Ses paysages, ses scènes de genre et ses portraits se caractérisent par la rigueur de la composition et par la précision de l’exécution, en particulier dans ses grandes toiles animées par de nombreuses figures (près de 800 personnages dans Les régates à Cancale !). Son art nous semble aujourd’hui souffrir d’un « excès de réalité » dû à l’utilisation de la photographie pour préparer ses tableaux. « Dédaigneux des bouleversements esthétiques de son temps, il pensa avoir réalisé la meilleure synthèse de la photographie et de la peinture, ce qui ne correspondait qu’à un asservissement intellectuel et sensible de l’artiste. L’idéal du peintre-photographe avait vécu. » Christian DEBIZE (1984)

Sa longue carrière (il fut comme L. GRATIA* le doyen des artistes français) et son abondante production expliquent le fait que ses huiles apparaissent régulièrement dans les ventes. Les amateurs apprécient la virtuosité de ses grandes compositions ainsi que la fraîcheur du coloris et le caractère aimable de ses petites scènes de genre bretonnes d’une facture plus libre et spontanée.

« Il sut idéaliser ses modèles, les montrer sous un jour moins brutal que la réalité, gardant une parcelle de cette école romantique à laquelle il avait été élevé ». Commandant LALANCE (1908)

Il pratiqua occasionnellement la gravure et la lithographie. Le Département des estampes de la BNF conserve de lui quatre gravures sur bois et une lithographie, toutes d’après ses propres tableaux. La plus célèbre est :

· Le Petit Chaperon rouge (1846, litho.)

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“Jeune femme tenant une broche à la main

Bildnis einer jungen Dame mit Schmuckbrosche in der Hand.

de

CARON J.B. 1

Jean Baptiste Caron , peintre et dessinateur né à Nancy en 1837

Fils d’un menuisier.

Son père était né à Nancy, sa mère à Custine (54).

Sa vie et sa carrière sont mal connues. Les rares éléments le concernant sont fournis par les catalogues du Salon auquel il prit part de 1868 à 1870 puis entre 1878 et 1882. Il fut d’abord l’élève d’Adolphe YVON* et compléta sa formation auprès de Gustave COURBET dont le nom apparaît dans les catalogues à partir de 1878. Cette année-là, deux domiciles sont attribués à CARON : à Vernier, près de Genève, et à Milan. Il est possible qu’il ait fréquenté le maître d’Ornans pendant l’exil de celui-ci en Suisse (1873-77).

Il commença par exposer des dessins et des aquarelles représentant des saints, dont un carton de vitrail qui laisse supposer qu’il travailla pour un maître-verrier. Il aborda ensuite la peinture à l’huile et se consacra surtout au portrait.

Le portait de jeune femme en tenue du XVIIe vendu à Munich en 2010 révèle une technique sobre et un goût pour les contrastes de lumière.

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De Jeanne  Gougelet une autre belle dame chapeautée

 

GOUGELET J. 7

GOUGELET Jeanne Marie Amélie

Metz 1857 –

Peintre et dessinatrice

Fille unique d’un lieutenant d’artillerie.

Son père était né à Nanteuil-la-Fosse (51), sa mère à La Rochefoucauld (16). C’est donc par hasard qu’elle naquit à Metz où son père était en garnison avant de suivre son régiment à Grenoble en 1863 puis à Chartres. Affecté à Versailles en 1871 avec le grade de chef d’escadron, c’est dans cette ville qu’il opta pour sa fille, en septembre de l’année suivante, pour la nationalité française.

Jeanne commença ses études artistiques en 1878 sous la direction d’Alexandre TERRAL, restaurateur des tableaux du musée de Versailles. Son père termina sa carrière à Soissons et, mis à la retraite en 1881, s’installa à Paris où elle fut l’élève de CAROLUS-DURAN et de Jean-Jacques HENNER.

Outre le Salon parisien auquel elle participa entre 1883 et 1889, elle prit part aux expositions « Le Blanc et le Noir » (1885) et à diverses manifestations de province dont le Salon de Nancy en 1888. Elle obtint des récompenses à Versailles, Perpignan et Saint-Quentin.

Pratiquant l’huile et l’aquarelle, J. GOUGELET peignit des portraits féminins et des scènes de genre souvent inspirées d’époques révolues ou de contrées lointaines. La plupart des personnages qui les animent sont de jeunes élégantes dont les toilettes aux couleurs chatoyantes sont traitées d’une touche ondoyante.

Ses dessins à la plume traitent les mêmes thèmes. Elle participa à l’illustration à la sanguine d’un volume de la collection Les Premières illustrées. Saison théâtrale 1883-84, 1884, n° 15

Chauvinisme oblige, la presse messine est  louangeuse : « La Madrilène de Mlle Gougelet est une œuvre bien personnelle et de couleur originale ; on ne pouvait mieux rendre cette toilette en soie et dentelles noires garnie de satin rouge au corsage et aux manches, ni mettre plus de feu dans ces yeux. » (1887)


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Pour le tableau du samedi Lilou soleil prend le relais de Fardoise pour les thèmes jusqu’à fin aout et nous propose :  quelques portraits de femme portant chapeau.

J’ai choisi de vous proposer ce tableau de Candide  Blaize :

Un grand merci à ma moitié qui me fournit ses fiches détaillées sur tous ces artistes lorrains , un travail titanesque puisque sur la période qui l’intéresse de 1789 à 1914,  il a déjà dépassé les 1000.

BLAIZE C. 11

Nancy 1795 – Paris 1849

Peintre, peintre en miniature et dessinateur

Son nom est parfois orthographié BLAISE et ses origines sont incertaines. Tous les ouvrages qui le mentionnent le disent né en 1795 à Nancy. Or, les archives municipales de cette ville signalent cette année-là la naissance de deux garçons sous le patronyme de BLAISE : Nicolas Sigisbert, né le 13 mai, fils de Nicolas BLAISE, chef du bureau d’équipement militaire, et François Claude, né le 23 août, fils de Jean-Claude Blaise, ferblantier.

Sa formation est tout aussi mystérieuse. On sait qu’il se trouvait déjà à Paris en 1824 lors de sa première participation au Salon où il exposa jusqu’en 1841, y obtenant une médaille de 3e classe en 1836.

Exclusivement portraitiste, il eut à ses débuts une clientèle d’officiers avant de séduire la haute bourgeoisie et des Anglais de passage à Paris. Il finit par acquérir une solide réputation, en particulier dans les milieux romantiques. La même année 1830, il fit les portraits de George SAND, de son fils Maurice et de Pauline de Pontcarré, amie d’enfance de la romancière. Cette dernière aquarelle porte cette dédicace révélatrice des fréquentations de notre artiste : « A mon ami Eugène Delacroix, 1830 ». En 1834, il fit le portrait de la sœur de Frédéric REISET, conservateur du Louvre. Il travailla aussi pour l’aristocratie et eut notamment pour modèles le marquis d’HERTFORD et la duchesse de CASTRIES, maîtresse et inspiratrice de BALZAC. On ignore ce qui le poussa à se suicider par pendaison le 7 juillet 1849 (acte de décès inédit révélé par Nathalie LEMOINE-BOUCHARD). Il était célibataire et ses biens revinrent à sa sœur Sophie, épouse de don Pedro Ortiz de Pinado, lieutenant-colonel du génie au service de l’Espagne.

Spécialisé dans le portrait, BLAIZE peignait essentiellement à l’aquarelle sur papier mais pratiqua aussi la miniature, à l’aquarelle ou à l’huile, sur vélin, papier ou carton. On lui doit également de nombreux portraits dessinés au crayon ou en stylographie (dessin au stylet), « nouvelle manière de faire les portraits en une ou deux séances ». (Catalogue du Salon de 1824).

La délicatesse de sa technique laisse à penser qu’il pourrait avoir été l’un des élèves de Jean-Baptiste ISABEY* dont il subit – quoi qu’il en soit – l’influence.

Peintre de portraits et de miniatures, le lorrain Candide Blaize né à Nancy en 1795  meurt à Paris vers 1855. Il fit l’essentiel de sa carrière à Paris. Il y exposa au Salon de 1822 à 1846, et obtint, en 1836 une médaille de troisième classe. Il habitait chez le comte d’Hertford et eut une clientèle très lancée, notamment George Sand et son fils (musée de la vie Romantique). Candide Blaize fut très influencé par Isabey dont il adopta le style avant de s’émanciper de ce maître ; il réussissait très bien les portraits d’enfants.

 

Dans un tout autre genre je vous propose aussi la charcutière de Arsène  Symphorien  Sauvage et son chapeau de boudins .

SAUVAGE A.S. 4 Monsieur le  boucher  n’est pas en reste non plus avec couvre chef bien ficelé .

SAUVAGE A.S. 5

Arsène Symphorien Sauvage : Rosières-devant-Bar (55) 1845 – Paris (6e) 1895

Peintre

Fils d’un instituteur.

Il était enfant quand son père quitta la Meuse et son emploi d’enseignant pour s’installer dans son village natal de Possesse (51) d’où son épouse était aussi originaire et où il devint cultivateur.

Arsène Symphorien fut admis en 1868 à l’Ecole nationale des beaux-arts et fréquenta l’atelier de Léon GÉRÔME. Il fut aussi l’élève d’Adolphe YVON*. En raison des difficultés rencontrées par son père, veuf depuis 1860, il se vit accorder en 1872 par le conseil général de la Marne une subvention annuelle de 500 F pour lui permettre de poursuivre ses études artistiques. Il avait débuté au Salon dès 1868 et interrompit ses envois en 1880. Il participa dix ans plus tard au Salon des Indépendants. En 1893, il épousa dans le 6e arrondissement Maria Isabelle UBÈ, une ancienne modiste née dans l’Eure en 1862. Ce mariage légitimait une fille née onze ans auparavant.

Il obtint en 1873 une médaille de bronze à l’exposition des beaux-arts de Langres et participa en 1878 à la 1ère exposition de la SAA de Bourg-en-Bresse.mais resta à l’écart de la vie artistique lorraine.

Curieusement, la plupart des catalogues du Salon le disent né à Possesse. Seuls ceux de 1868 et 1875 mentionnent son véritable lieu de naissance.

SAUVAGE peignit des tableaux de genre (intérieurs, militaires au bivouac) mais se spécialisa dans la nature morte. Peints sur toile ou sur panneaux, ses trophées de chasse en trompe-l’œil connurent un grand succès et furent popularisés par la chromolithographie.

Il faisait preuve à l’occasion d’imagination et d’humour comme en témoignent La charcutière et Le boucher dont les vêtements bourgeois sont partiellement constitués des attributs de leur profession, un peu à la manière d’ARCIMBOLODO.


Le tableau du samedi

Pour le tableau du samedi, Fardoise ( clic)  nous propose comme thème :  la rivière .

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Je vous propose une oeuvre d’ un autre peintre lorrain, Edmond Petitjean (Neufchâteau 1844 – Paris (17e) 1925).

PETITJEAN E. 417

Fils d’un notaire ; époux de Jeanne LAUVERNAY – PETITJEAN.

Son père était né à Charmes, sa mère à Neufchâteau.

Sa famille s’installa en 1851 à Nancy où il fit ses études secondaires avant de s’orienter vers le droit, tout en suivant les leçons de Louis LEBORNE à l’Ecole municipale de dessin et de peinture. Ayant obtenu sa licence dans la capitale en 1866, il renonça à une carrière d’avocat ou de magistrat pour se consacrer à l’art. De retour à Nancy, il débuta en 1868 à l’exposition de la Société lorraine des Amis des Arts. A partir de 1873, il exposa parallèlement à Nancy et au Salon des Artistes français dont il devint sociétaire en 1883. Il s’était installé à Paris l’année précédente mais garda un pied-à-terre dans la cité ducale jusqu’en 1893.

Exclusivement paysagiste, E. PETITJEAN peignit de nombreuses vues de villages et de sites lorrains, en particulier des bords de rivières. Adepte de la peinture de plein air, toujours en quête de sites pittoresques, il travailla aussi en Bourgogne, en Franche-Comté, en Saintonge, en Ile-de-France et, attiré par la mer, peignit à partir de 1875 des marines et des vues de ports. Il représenta à maintes reprises les rivages de la mer du Nord (de la Hollande à Dunkerque), de la Manche, de l’Atlantique – avec une prédilection pour le port de La Rochelle – et occasionnellement la côte méditerranéenne.

Il peut être considéré comme un héritier de l’impressionnisme par sa palette subtile, son sens de la lumière et une touche nerveuse très caractéristique. Sa technique fut diversement appréciée par les critiques lorrains du début du XXe siècle.

« Qu’il s’agisse d’un escarpement ou d’un site rustique, nul mieux que lui ne sait en rendre la rudesse avec une vibrante intensité dans une matière épaisse, riche et absolument juste de ton. […] On ne peut dire si les marines ne sont pas supérieures à ses paysages, en raison du grouillement qu’il sait imprimer à ses masses de navires au port et à leurs forêts de mâts, en raison du clapotis qu’il rend à merveille dans la multitude des nuances reflétées » Ct LALANCE (1903).

PETITJEAN E. 417 bis


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Pour le tableau du samedi, Fardoise ( clic)  nous propose comme thème :  la rivière .

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Je vous propose un tableau du peintre mosellan Edmond Louyot ( 1861- 1920) né à La Lobe, commune d’Arry

Les lavandières à Arry ( 1895)

Préfecture de  Metz

LOUYOT E. 63

Il était fils d’un cultivateur maire d’Arry depuis 1860 . Second d’une famille de dix enfants, il entra après la défaite de 1870 au petit séminaire de Montigny où il resta six ans avant de terminer ses études au lycée de Metz. Doué pour le dessin, il fit un bref passage à l’Ecole des Arts et Métiers de Karlsruhe puis dans l’atelier d’un peintre-décorateur de Munich avant de faire son service militaire dans la capitale bavaroise. De retour en Moselle en 1883, il obtint une bourse du gouvernement allemand et fréquenta les Beaux-Arts de Düsseldorf en 1884-85 puis ceux de Munich de 1886 à1889 ; il y fut l’élève de Johann Caspar HERTERICH.

En 1891, il épousa Adèle STRUPPE à Schliersee (Bavière) et débuta cette même année au Salon de Munich, ville où naquirent ses deux enfants et où il vécut jusqu’à la fin de la Grande Guerre, à l’exception d’un séjour de dix-huit mois en Moselle en 1892-93 et d’un voyage d’étude en Italie en 1895. Il y retourna avant 1914 (Santa Margherita, Trente et Venise), période où il visita aussi la Côte d’Azur. Il avait fait plusieurs séjours en Hollande, le premier en 1892 grâce à un prix fondé par l’empereur Guillaume II. Sérieusement malade à partir de 1915, il fit régulièrement des cures à Schliersee. De retour sur sa terre natale en 1919, il souffrit de l’accueil froid et méfiant qui lui fut réservé et mourut peu après.

A ses débuts, Edmond LOUYOT peignait surtout des portraits et des œuvres de petit format mettant en scène des personnages en costumes du XVIIe siècle. Il se tourna ensuite vers le paysage et la peinture de plein air où il fait preuve d’une plus grande liberté de touche : vues de Hollande, des Alpes bavaroises et de la côte méditerranéenne, sans oublier de célébrer avec sensibilité les paysages et la vie paysanne de sa terre natale. Partagé entre deux cultures, il est un admirable coloriste qui cependant resta fidèle à la tradition picturale, se tenant à l’écart du courant novateur de l’expressionnisme allemand, en particulier du « Blaue Reiter » munichois.


le tableau du samedi

Pour le tableau du samedi, Fardoise ( clic)  nous propose comme thème :  les activités de loisirs.

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Je vous propose pour ce samedi un tableau  d’Emile Friant , la petite barque 1895

FRIANT E. 164

Né à Dieuze en 1863  Emile Friant après la guerre de 1870 opte pour la France et s’installe à Nancy . Il obtient le second prix de Rome pour son tableau “la Toussaint” en 1883 . Peintre naturaliste, il offre  des scènes de la vie courante  avec un réalisme saisissant. Il nous montre ici un bel exemple de loisirs avec cette promenade en barque à voile. Avec son regard tendre sur ce couple, il traduit la douceur de cette promenade amoureuse mais il inverse les canons de l’époque car c’est la jeune femme qui tient le gouvernail .

 


Le tableau du samedi

Pour le tableau du samedi, Fardoise ( clic)  nous propose comme thème :  les activités de loisirs.

Le lien des participations est chez Lilou soleil (clic) .

Vous connaissez tous mon intérêt pour mon destrier aussi ai – je pensé à  Fernand Léger et son tableau de la série “ les loisirs “ pour illustrer ce thème

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La guerre terminée et après son retour en France, Léger affirme toujours plus clairement sa volonté d’adresser sa peinture « à tous », de la rendre lisible et accessible au plus grand nombre. S’exprimant dans la revue Esprit , en juin 1950, à l’occasion d’une enquête sur la question alors brûlante du réalisme, il indique : « J’ai voulu marquer un retour à la simplicité par un art direct, compréhensible pour tous, sans subtilité. Je crois que c’est l’avenir, et j’aimerais voir les jeunes s’engager dans cette voie. »

La série des loisirs répond au défi du réalisme alors au cœur des débats artistiques .

À partir d’un motif développé aux Etats Unis des 1943, elle mêle ses souvenirs de jeunes Américaines aux maillots colorés à l’iconographie du cirque et à l’imaginaire nostalgique du Front Populaire . Comme sur une photographie de famille , un groupe d’acrobates et de cyclistes prend la pose , sur un fond azur uni, composant une image idéale du peuple pour le peuple .