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à la nuit tombée

LE PETIT JEU DE LETTRES 192-

Pour le petit jeu de lettres de Lady Marianne un clic sur le tableau .

Le mot à trouver prosopopée : figure de style consistant à faire parler un animal, une personne absente, un mort , un être inanimé .

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Cette fois ci Perlin pinpin ne sera pas votre préposé à la narration , pas de prosopopée pour ce dimanche. Je ne suis pas opposée à lui laisser les rênes de temps à autre pour  les billets, mais là, nous  nous rendons au centre ville et je crains  fort que cela ne soit pas de tout repos pour le lapinou, mieux vaut pour lui les orées des bois.   Je vous propose donc de me suivre  à la nuit tombée quand la magie des lumières opère.  La première à se poser devant nous est celle de notre cathédrale, bien campée sur ses fondations pour dominer la ville . Puis bientôt nous découvrons en arrivant place d’Armes ,  la grande roue espérant attirer par ces feux stroboscopiques un grand nombre de passants .

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Mais cette fois ci je ne vous invite pas à entrer dans une des cabines mais à pousser la porte de la cathédrale .

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Surprise, seules quelques lueurs éclairent  la nef, celles des bougies et de quelques  suspensions . Les vitraux eux semblent s’enflammer au passage de la grande roue  comme vous  le remarquez sur cette vidéo.

Comme si le mystère envahissait d’un seul coup cet édifice, chaque voute semble différente,

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de quelque côté que le regard se tourne les repères changent et l’obscurité révèle un tout autre aspect de la nef et de ses vitraux  .

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Parfois les ogives prennent des formes bizarres sous cet éclairage particulier, on s’attendrait presque à ce que ce personnage révélé tienne des propos inquiétants, vous ne trouvez pas ?

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Tout ce que je vois n’est pas sans me rappeler le vertige des sens perçu dans les tableaux de l’exposition du centre Pompidou , vertige qui trouble les repères du jour et qui nous permet d’étranges rencontres .

 

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jeudi poésie

Oyez oyez bravs gens de plume...

Pour le jeudi poésie des croqueurs de mots Jeanne Fadosi ( clic) à la barre nous propose comme fil conducteur la vue et la cécité, la lumière et l’obscurité. J’ai choisi un poème de Louise Ackerman .

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De la lumière

 

Mehr Licht ! mehr Licht !
(Dernières paroles de Gœthe.)

Quand le vieux Gœthe un jour cria : « De la lumière ! »
Contre l’obscurité luttant avec effort,
Ah ! Lui du moins déjà sentait sur sa paupière
Peser le voile de la mort.

Nous, pour le proférer ce même cri terrible,
Nous avons devancé les affres du trépas ;
Notre œil perçoit encore, oui ! Mais, supplice horrible !
C’est notre esprit qui ne voit pas.

Il tâtonne au hasard depuis des jours sans nombre,
A chaque pas qu’il fait forcé de s’arrêter ;
Et, bien loin de percer cet épais réseau d’ombre,
Il peut à peine l’écarter.

Parfois son désespoir confine à la démence.
Il s’agite, il s’égare au sein de l’Inconnu,
Tout prêt à se jeter, dans son angoisse immense,
Sur le premier flambeau venu.

La Foi lui tend le sien en lui disant : « J’éclaire !
Tu trouveras en moi la fin de tes tourments. »
Mais lui, la repoussant du geste avec colère,
A déjà répondu : « Tu mens ! »

« Ton prétendu flambeau n’a jamais sur la terre
Apporté qu’un surcroît d’ombre et de cécité ;
Mais réponds-nous d’abord : est-ce avec ton mystère
Que tu feras de la clarté ? »

La Science à son tour s’avance et nous appelle.
Ce ne sont entre nous que veilles et labeurs.
Eh bien ! Tous nos efforts à sa torche immortelle
N’ont arraché que les lueurs.

Sans doute elle a rendu nos ombres moins funèbres ;
Un peu de jour s’est fait où ses rayons portaient ;
Mais son pouvoir ne va qu’à chasser des ténèbres
Les fantômes qui les hantaient.

Et l’homme est là, devant une obscurité vide,
Sans guide désormais, et tout au désespoir
De n’avoir pu forcer, en sa poursuite avide,
L’Invisible à se laisser voir.

Rien ne le guérira du mal qui le possède ;
Dans son âme et son sang il est enraciné,
Et le rêve divin de la lumière obsède
A jamais cet aveugle-né.

Qu’on ne lui parle pas de quitter sa torture.
S’il en souffre, il en vit ; c’est là son élément ;
Et vous n’obtiendrez pas de cette créature
Qu’elle renonce à son tourment.

De la lumière donc ! Bien que ce mot n’exprime
Qu’un désir sans espoir qui va s’exaspérant.
A force d’être en vain poussé, ce cri sublime
Devient de plus en plus navrant.

Et, quand il s’éteindra, le vieux Soleil lui-même
Frissonnera d’horreur dans son obscurité,
En l’entendant sortir, comme un adieu suprême,
Des lèvres de l’Humanité.

Louise Ackermann, Poésies Philosophiques

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